La France n’a pas de dette à l’égard des immigrés

La France n’a pas de dette à l’égard des immigrés

Politiquement nécessaire, cette inversion des flux de l’immigration est moralement indispensable car nous avons le devoir de maintenir l’identité de la nation, c’est-à-dire les principes qui la fondent. Comme l’admet Friedrich Hayek dans l’épilogue de « Droit, législation et liberté » : « Ce qui fait d’un individu le membre d’une société et lui donne des droits dans le sein, c’est qu’il obéit à des règles. Des façons de voir entièrement contraires peuvent lui conférer des droits dans d’autres sociétés mais pas dans la nôtre. Pour la science de l’anthropologie, toutes les cultures et toutes les morales peuvent être également bonnes, mais nous ne faisons durer notre société qu’en traitant les autres comme moins bonnes que la nôtre. »

Ensuite parce que contrairement à ce qui est sans cesse répété, les Français n’ont pas de dette vis-à-vis des immigrés présents sur le sol. Tout travail mérite salaire, certes. Mais il n’a jamais été écrit dans le contrat qu’un travailleur immigré, et a fortiori un non-travailleur, gagnait en plus de son salaire, le droit de résider indéfiniment sur le territoire national. L’immigration a-t-elle apporté une contribution décisive à la croissance économique pendant les « trente glorieuses » ? Même si cela était, ce ne serait pas une raison légitime pour ne pas réduire l’appel à la main d’œuvre étrangère en vue de lutter contre la marée du chômage. Mais c’est douteux. Il suffit pour s’en convaincre de reprendre l’analyse chronologique des trois vagues de l’immigration.

L’immigration planétaire est postérieure à 1975 : les Turcs, les Sri-Lankais, les Pakistanais, les Bengalis, les Africains noirs, arrivés en France depuis moins de dix ans dans leur immense majorité, ne sont pas venus pour contribuer à notre croissance mais pour profiter de notre prospérité. La vague maghrébine quant à elle est à la fois antérieure et postérieure à 1975. Antérieure pour une majorité de travailleurs qui la composent. Postérieure pour les familles qui les accompagnent et que Gaston Deferre a qualifiées de « lourdes » (femmes, enfants, ascendants, cousins, neveux, belles-sœurs et beaux-fils).

La vérité oblige à dire que ces familles ne sont pas venues pour nous aider, mais pour prendre part à notre opulence. Lorsque Lionel Stoleru tenta d’arrêter le flot de l’immigration familiale en 1977, il déclencha un beau tollé de la coterie pro-immigrés et dut l’autoriser à nouveau, en tentant toutefois d’empêcher ces familles d’accéder au marché du travail. Il est bien clair que cette immigration-là ne correspondait en rien aux besoins économiques de la France. Reste bien sûr, à débattre du cas des travailleurs maghrébins arrivés en France avant 1975, ceux dont le discours officiel dit : « Evidemment leur présence en France pose des problèmes sérieux, mais après tout on les a fait venir pour faire les sales boulots, on les a exploités, sans eux nous n’aurions pas connu la croissance des « trente glorieuses », on ne peut donc pas les renvoyer chez eux maintenant. »

 

La jobardise des « trente glorieuses »

Ces affirmations méritent d’être singulièrement nuancées : d’abord les immigrés maghrébins sont arrivés en France de leur propre gré ; si on est parfois allé les chercher, ce sont eux qui ont décidé de venir : plus de 80% sont d’ailleurs entrés clandestinement ; ensuite ils ont reçu en échange de leur travail un salaire et ont accédé à la multitude des avantages sociaux du système français ; enfin leur contribution aux « trente glorieuses » n’a pu être que tardive, puisque les Maghrébins n’étaient encore que 420 000 en 1962. C’est seulement dans les années suivantes que leur nombre a crû rapidement.

(…)

Croire dans ces conditions que, sans l’immigration, la France n’aurait pas connu les « trente glorieuses » relève de la jobardise. Chercher à le faire croire confine à l’escroquerie intellectuelle. Le bilan économique de l’apport de travailleurs non-qualifiés n’est pas nécessairement positif. Le Japon s’est développé bien plus vite que la France et sans immigration.

Certes, les premiers immigrants ont satisfait les besoins d’une partie du patronat qui n’y a vu qu’un intérêt à court terme : main-d’œuvre nombreuse, malléable, peu qualifiée, donc sans prétentions salariales. Mais cette conception étroite et égoïste a finalement coûté cher à l’économie française puisque les secteurs de l’industrie qui ont repoussé les investissements technologiques se trouvent en position d’infériorité face aux producteurs étrangers qui ont misé très tôt sur la qualification professionnelle et l’automatisation. C’est ainsi que les constructeurs automobiles français ont pris un retard important vis-à-vis de leurs concurrents, notamment Japonais. Si au Japon, il fallait en 1979, 696 000 travailleurs pour fabriquer 9,6 millions d’automobiles, il en fallait 1 950 000 en Europe pour 11,4 millions de véhicules (soit 2,36 fois plus).

D’autre part cette main-d’œuvre, docile au début, s’est rapidement organisée pour former aujourd’hui les bataillons chocs de la CGT et de la CFDT, amenant ces deux syndicats à pratiquer une surenchère désastreuse pour l’économie. Cette attitude imprévoyante se solde aujourd’hui par des licenciements massifs qui pénalisent l’ensemble de la collectivité, puisque c’est elle qui en supporte le poids financier : fin 1983, 20% des actifs maghrébins étaient au chômage.

Nous payons aujourd’hui les errements des années 1962-1973, lorsque les entreprises étaient encouragées par l’Etat à recruter une main-d’œuvre bon marché tout en laissant supporter à l’ensemble des contribuables le coût social de cette politique : financement des caisses d’allocation chômage, mais aussi celui de la formation et de la reconversion, sans omettre non plus les dépenses de construction et de réhabilitation de logements ou encore les nombreuses prestations sociales et familiales dont bénéficient les familles immigrés extensives.

 

Les pays exportateurs de main-d’œuvre sont aussi responsables

Si la demande exprimée par une partie du patronat a rencontré un écho si favorable dans les pays exportateurs de main-d’œuvre, c’est que l’économie de ces pays était défaillante et les prestations sociales inexistantes. Les candidats à l’émigration ont vu là un moyen de fuir les conditions d’existence trop précaire dès que les « lendemains qui chantent » de l’indépendance se furent estompés dans la grisaille de la pénurie généralisée. Les gouvernements, quant à eux ont profité de l’aubaine pour réduire leurs problèmes internes. (…)

L’immigration a ainsi une triple cause : la demande d’une partie du patronat, le désir des candidats à l’immigration d’améliorer leur sort, la tendance des gouvernements étrangers de voir dans l’exportation de main-d’œuvre une solution partielle à leurs difficultés économiques et sociales. Ne mentionner que la première explication, comme le fait couramment la coterie pro-immigrés, relève de la pure désinformation.

À l’issue de cette analyse il apparait clairement que la France n’a ni dette économique ni dette morale vis-à-vis des immigrés du tiers monde et qu’elle n’a pas à l’égard de leurs travailleurs d’obligation à les maintenir sur le territoire national.

Elle peut donc régler le problème de l’immigration en fonction de ses intérêts, qui exigent aujourd’hui le retour au pays de ceux qui n’ont pas vocation à devenir français. Il faut faire preuve sur ce point de fermeté même si, conformément à ses principes, la France doit veiller à organiser ce retour dans les conditions les plus humaines. C’est possible en préparant les esprits, en mangeant les étapes, en jouant davantage sur l’incitation que sur la répression (même si celle-ci est inévitable pour lutter contre l’illégalité). Inverser le flux de l’immigration (la réémigration, projet d’Henry de Lesquen pour la présidentielle de 2017) est humainement faisable : d’abord en maîtrisant davantage ce qui se passe à nos frontières et à l’intérieur du territoire français, même s’il n’y a pas de solution policière miracle.

 

Réformer le droit social pour arrêter l’appel d’air

Cela ne doit pas cacher que la solution au problème de l’immigration doit être moins répressive que libérale : la principale mesure à prendre pour bloquer l’immigration est tout simplement de cesser de la rendre rémunératrice. C’est l’ensemble de nos mécanismes sociaux qu’il faut réviser en leur appliquant un principe simple : la préférence nationale. Pour cela il faut revenir à la source de notre législation : régler des questions nationales, non traiter des problèmes planétaires. Pour la Sécurité sociale, les prestations familiales, l’aide sociale, l’enseignement, le logement, il faut légiférer pour la France et les Français, non pour le monde entier. Et par conséquent, réserver aux Français le bénéfice des législations conçues en fonction de leurs besoins et du développement de leurs pays.

 

Si les immigrés ne trouvent ni aide ni logement ni emploi, ils ne viendront pas. – Henry de Lesquen

Source : « la préférence nationale, réponse à l’immigration » ouvrage du Club de l’horloge

(6 commentaires)

  1. La colonisation est une dette de la France à l’endroit des immigrés… le compte d’opération du trésor français et le franc CFA sont autant de dette que les immigrés réclament

    1. @abobonews : il n’y avait RIEN dans les pays colonisés avant que les Occidentaux ne viennent y construire des routes, des écoles, des hôpitaux. De quelle dette parlez-vous ?

      1. Déjà il y avait des être humains (j’espère que ce n’est pas une réalité qui vous ai étrangère) et depuis nos bananiers nous vivions bien et n’avions pas besoin d’aller porter notre modèle de vie par delà les océans. Les colons sont des agresseurs et cela est connu de tous. Les routes et le pseudos développement à la sauce occidentale ont sait à quoi cela a conduit l’humanité

      2. Dire qu’il n’y avait « rien » est exagéré, il y avait des cultures, des techniques et des modes d’organisation plus ou moins viables pour un espace donné — mais il n’y avait rien, c’est vrai, de ce que vous énumérez (en Afrique noire du moins).

  2. @abobonews Il aurait donc fallu laisser l’Afrique totalement en marge et la laisser subevenir seule à ses besoins ? Ne jamais apporter, par exemple, la médecine moderne ? Laisser prospérer l’esclavage (inhérent aux sociétés africaines d’avant la colonisation) ?
    Pourquoi pas, mais à l’âge de l’information globale (dès la fin du XIXe siècle) les consciences occidentales l’eussent-elles supporté ?

  3. (Lire : « subvenir » ; et dans le texte d’HdL, je suppose que « manger les étapes » est un lapsus pour « ménager les étapes ».)

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