Avertissement : cette réponse d’Henry de Lesquen à un article de Valeurs actuelles en date du 23 juillet 2025 qui le calomniait a été publiée dans le numéro du 25 mars 2026 à la suite d’une décision de justice. Contrairement aux termes de la loi, repris dans l’ordonnance, la réponse ne figurait pas à la même place que l’article initial, c’est-à-dire en page 30, mais seulement en page 88.
Mise au point d’Henry de Lesquen
L’article du 23-29 juillet 2025 consacré à Radio Courtoisie contenait de graves erreurs et ne rendait pas justice à l’action que j’avais conduite, de façon purement bénévole, à la tête de cette radio pendant onze ans, de 2006 à 2017.
1. Citant Pierre-Alexandre Bouclay, vous avez écrit qu’avant le début de mon mandat Radio Courtoisie aurait eu « 2 millions d’euros de budget ». La vérité est tout autre comme en font foi les comptes de la radio certifiés par l’expert comptable. Arrivé en 2006 à la tête de la radio, année de la mort de son fondateur Jean Ferré, qui m’avait demandé de lui succéder, j’ai trouvé une situation catastrophique. Les recettes n’avaient été que de 635.875 euros en 2005, très loin des 2 millions d’euros mentionnés par M. Bouclay, et elle était criblée de dettes, au bord de la faillite, dans l’incapacité de payer les fournisseurs. J’ai redressé immédiatement la barre, avec des recettes de 832.116 euros en 2006. J’ai lancé des appels de fonds par publipostage qui ont permis d’atteindre 1.108.139 euros en 2010 et de régler toutes les dettes de la radio, y compris le prêt sans intérêt que je lui avais personnellement consenti en 2007 pour combler le trou de la trésorerie. Il est incontestable que j’ai sauvé Radio Courtoisie.
En 2017, dernière année de mon mandat, les recettes ont été de 1.025.902 euros, en raison notamment de l’appel de fonds que j’avais lancé. C’était largement suffisant puisque tous les patrons d’émission étaient bénévoles. En revanche, elles étaient tombées à 781.095 euros deux ans pus tard, en 2019, et elles n’avaient jamais été si basses depuis 2005.
Le nombre des donateurs avancé par M. Bouclay était tout aussi fantaisiste. Il n’était pas de « 20.000 » à mon arrivée en 2006 ni de « 4.000 » à mon départ en 2017. En réalité, j’ai doublé le nombre des donateurs, qui a atteint 18.000 en 2017. Il a été divisé par 3 en quatre ans depuis lors, pour tomber à 6.000.
J’ai en outre créé le Fonds de dotation de Radio Courtoisie pour recueillir des héritages. Il avait un capital de 750.000 euros en 2017 et a certainement été abondé depuis par plusieurs legs. Sans lui, la radio serait déjà morte.
2. Il est vrai que Jean Ferré et Serge de Beketch, qui ont créé Radio Courtoisie en 1987, pouvaient être classés à l’extrême droite. Le premier était un ancien OAS qui avait passé des années en exil à Madrid et il était maurrassien. Le second, qui a beaucoup contribué au succès de Radio Courtoisie grâce à son grand talent, avait été directeur de Minute et il n’était pas réputé pour sa modération à l’antenne. Pour ma part, libéral, démocrate et républicain, je suis de droite modérée, non d’extrême droite, et j’ai toujours été classé « divers droite » dans les fonctions d’élu local que j’ai exercées pendant treize ans. Cependant, je suis resté fidèle au principe posé par Jean Ferré. Pour lui, Radio Courtoisie devait faire « l’union des droites ». Cela devait aller jusqu’à l’extrême droite en application de la formule : « Pas d’ennemi à droite ! » Radio Courtoisie ne pouvait être la voix de la vraie droite, insensible au politiquement correct, qu’en s’en tenant à cette ligne d’ouverture à droite, y compris à la droite extrême. On pouvait donc, en effet, entendre à l’antenne que le mariage homosexuel était « contre-nature », comme le pensaient au demeurant le million de Français qui avaient manifesté contre la loi Taubira. En revanche, j’ai toujours veillé à respecter la loi, aussi critiquable qu’elle fût au regard de la liberté d’opinion, dans l’intérêt de la radio, en censurant et en sanctionnant si nécessaire les patrons d’émission qui se laissaient aller à l’enfreindre accidentellement par défaut de vigilance. Il est donc faux qu’on ait tenu à notre antenne des propos révisionnistes qui n’auraient pas été immédiatement censurés. De fait, durant les onze années de mon mandat, Radio Courtoisie n’a jamais été poursuivie en justice, contrairement à ce qui avait pu avoir lieu auparavant.
Henry de Lesquen




