Origine du mot « réinformation »

Dans un message du 12 juillet 2026 intitulé (en lettres capitales) « RENDRE À L’AUTEUR CE QUI LUI APPARTIENT », Jean-Miche Vernochet avait posé la question : quelle est l’origine du mot « réinformation » ? Voici la réponse que je lui ai faite trois jours après, le 15 juillet 2026.

Je croyais vous l’avoir déjà dit, mon cher Jean-Michel : j’ai créé le néologisme « réinformation » dans ma « tribune libre » du bulletin municipal de la ville de Versailles envoyée aux services municipaux le 12 janvier 2004 et publiée dans le numéro de février 2004 sous le titre :

« www.urv.fr : la réinformation par Internet ».

J’étais à l’époque conseiller municipal de Versailles, président du groupe d’opposition « divers droite » de l’Union pour le renouveau de Versailles (URV), et c’était donc pour annoncer la création de notre site Internet.

J’écrivais notamment ceci :

« La « réinformation », c’est le contraire de la désinformation ; c’est l’action qui consiste à rétablir la vérité, quand elle est malmenée, et, pour ce qui nous concerne, à éclairer nos concitoyens sur les enjeux du débat municipal. Je risque ce néologisme pour souligner l’importance de la riposte à la désinformation dont les Versaillais sont victimes. »

C’était peut-être de la cryptomnésie (résurgence d’un souvenir oublié), mais je ne me souviens pas avoir jamais entendu ce mot auparavant, ni dans votre bouche ni dans celle de Bruno Megret.

Ensuite, en 2007, étant alors président de Radio Courtoisie, j’ai décidé d’intituler « Bulletin de réinformation » le bulletin d’information que Jean-Yves Le Gallou m’avait proposé de créer. Et c’est à partir de là que le terme de « réinformation » s’est imposé.

C’est donc bien Radio Courtoisie qui a lancé la « réinformation », du moins le mot, sinon le concept, mais non pas du temps de son fondateur Jean Ferré, de 1987 à 2006, seulement sous ma présidence, après 2006, et plus précisément grâce à ma décision de créer en 2007 un « bulletin de réinformation ». À ma connaissance, le mot n’avait jamais été prononcé par quiconque à l’antenne de Radio Courtoisie auparavant, si ce n’est probablement par moi-même, qui fus patron du « libre journal des idées politiques » de 2003 à 2006, puis du « libre journal du lundi soir », à partir de 2006.

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Pour compléter la réponse que j’ai faite à Vernochet, il y a lieu de préciser que le mot « réinformation » n’a nullement été prononcé par lui dans le libre journal qu’il dirigeait à Radio Courtoisie avant 2006 sous le pseudonyme de Denys Rousselot. La revendication de paternité qu’il a paru émettre à cet égard (en lettres capitales…) relevait du fantasme.

Le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie était diffusé du lundi au vendredi, de 7 h 15 à 7 h 30, sauf en juillet et en août. Il l’a été pour la première fois le mercredi 7 novembre 2007.

Le succès du terme a été tel qu’il est couramment abrégé en « réinfo » et que l’on a défini la notion de « réinfosphère », ensemble hétérogène aux frontières mal définies. Il est censé englober tous les sites, comptes ou media qui contribuent à lutter contre la désinformation et donc à réinformer (autre néologisme de la même famille). Aujourd’hui, le Parti National-Libéral, que j’ai fondé en 2016, qui est le jumeau du Carrefour de l’Horloge, dont j’ai l’honneur d’être aussi le président et qui est animé par une équipe de jeunes talents enthousiastes, publie tous les mois une Lettre de réinformation du PNL, à consulter sur notre site.

« Sur le plan lexical, comme l’a remarqué Vernochet, « réinformation » est un néologisme transparent (ré- + information). Il aurait pu être formé indépendamment par plusieurs personnes. » Pourtant, cela ne s’est pas produit. Selon la notice « Réinformation » de Wikipédia, que j ‘ai consultée le 26 août 2026, Bruno Megret, délégué général du Front national (FN), aurait été le premier à employer le mot en novembre 1997 dans un colloque de son parti. Wikipédia renvoie à un article de la journaliste Christiane Chombeau, publié dans Le Monde du 25 novembre 1997 et intitulé « Le Front national veut développer une « culture de résistance » ». Il y est indiqué que ce « colloque sur l’information » organisé par le conseil scientifique du FN a eu lieu précisément le samedi 22 novembre 1997.

(Les faits allégués dans cette notice sont en gros exacts, tout en étant noyés dans la logomachie nauséabonde qui caractérise la très cosmopolite Wikipédia. Elle attribue la « réinformation » à « l’extrême droite » et au « conspirationnisme ». Au passage, elle me classe mensongèrement à l’extrême droite. En réalité, étant libéral, démocrate et républicain, je suis de droite modérée et j’ai toujours été classé « divers droite » en tant qu’élu local, de 2001 à 2014.)

Cependant, si Megret a parlé de réinformation en 1997, c’est apparemment resté un hapax pendant sept ans, jusqu’en 2004.

Surtout, il ne faut pas oublier que Bruno Megret faisait partie comme moi-même du conseil d’administration du Club de l’Horloge (CDH, renommé « Carrefour de l’Horloge » en 2015) jusqu’à ce qu’il ait créé les CAR (Comités d’action républicaine) en 1981. Il est resté toujours très proche de notre association et de ses responsables. Je me suis donc demandé si le mot n’avait pas déjà été employé au CDH avant le 22 novembre 1997. Je me suis plongé dans nos archives… et j’ai trouvé ! Lors de la XIIIe université annuelle du Club de l’Horloge, réunion publique qui a eu lieu à Aix-en-Provence du 17 au 19 octobre 1997 sur le thème Droite-gauche, un clivage dépassé ? (ou nous avons répondu par la négative à cette question !), j’ai prononcé le 18 octobre 1997, un mois et quatre jours avant le colloque du FN susmentionné, une allocution intitulée : « L’idéologie dominante est-elle compatible avec la science ? », dont la conclusion était : « La réinformation nécessaire ». J’y disais :

« Depuis 1974, le Club de l’Horloge s’est toujours appuyé sur les vérités scientifiques pour combattre les erreurs et les mensonges de la gauche, en se fondant notamment sur l’histoire (Les Racines du futur, 1977), les sciences de la vie (La Politique du vivant, 1979), et l’économie (Le grand Tabou – L’économie et le mirage égalitaire, 1981). Nous avons créé en 1990 le « prix Lyssenko », qui est un antiprix, fait pour blâmer le « lauréat » et non pour le louer, afin d’utiliser l’arme de l’ironie contre ceux qui pratiquent la désinformation scientifique ou historique à des fins idéologiques et occultent le fait essentiel que la science condamne la gauche. Le combat pour la vérité nous appelle à de nouvelles batailles ! »

Les actes de l’université annuelle de 1997 ont été publiés en 1998 aux éditions du CDH.

Ainsi, j’avais employé le mot réinformation publiquement un mois avant que Megret ne le fît dans un colloque du FN. Il ne fait aucun doute que c’est au CDH qu’il l’a emprunté et plus précisément à moi-même. Ce n’était nullement critiquable, au contraire. Le mot était et demeure libre de droits ! Il se trouve que la journaliste du Monde, Christiane Chombeau, qui a rendu compte du colloque du FN, n’avait pas pris la peine de venir au nôtre, auquel nous l’avions pourtant invitée. D’où l’erreur de Wikipédia.

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Notez que j’ai créé d’autres formules qui ont connu également un succès certain, comme « la préférence nationale » et « l’Europe des nations ».

S’agissant de la première, c’est moi qui ait trouvé en 1984 le titre du futur livre du Club de l’Horloge écrit sous la direction de Jean-Yves Le Gallou, La préférence nationale, réponse à l’immigration, publié en 1985 aux éditions Albin Michel. Le Gallou, qui est devenu ensuite un proche collaborateur de Jean-Marie Le Pen au FN, lui a transmis la formule, qui a figuré dans le programme du parti jusqu’à ce que Marine Le Pen ait cru habile de la renommer « priorité nationale », tout en changeant le « Front national » en « Rassemblement national »..

S’agissant de la seconde, l’Europe des nations, il faut relever qu’elle n’a pas été employée par de Gaulle, qui préférait parler de « l’Europe des États ». Je l’ai employée dans des colloques du Club de l’Horloge et elle a été transmise à Philippe de Villiers et à son parti, le MPF (Mouvement pour la France) par son proche collaborateur Georges Berthu, qui était vice-président du Club de l’Horloge. Villiers n’a pas repris l’expression « Europe des nations » dans le titre de la liste qu’il a conduite aux élections européennes successivement en 1994, 1999 et 2004, mais il l’a fait dans ses allocutions et dans sa propagande électorale. Philippe de Villiers a publié en 1999 avec Georges Berthu un livre intitulé L’Europe autrement : Un projet pour l’Europe des nations aux éditions François-Xavier de Guibert.

Henry de Lesquen

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