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Vive Donald Trump ! Victoire du racisme positif ! Par Henry de Lesquen.

Voici une analyse en 10 points sur la victoire de Donald Trump aux États-Unis.

 

1. L’élection de Trump, c’est la victoire du racisme positif, du racisme républicain : conscience de race des caucasoïdes américains.

 

2. La nouvelle lutte des classes oppose les peuples du monde à la superclasse mondiale. La victoire de Trump est celle des peuples.

 

3. La victoire de Trump valide la stratégie de ceux qui, comme moi, pensent qu’il faut casser les codes du cosmopolitiquement correct.

 

4. La victoire de Trump invalide la stratégie de dédiabolisation du funeste Philippot.

 

5. Trump n’a jamais tapé sur l’extrême droite, il s’est même appuyé sur elle. Le FN pourrait en prendre de la graine.

 

6. Trump n’a pas gagné au nom de « l’Amérique apaisée ». Marine Le Pen va-t-elle enfin comprendre ?

 

7. Trump n’a pas tout fait pour se dédiaboliser. Il ne s’est pas soumis aux media. Marine Le Pen va-t-elle enfin comprendre ?

 

8. La victoire de Trump montre qu’il faut cogner sur les cosmopolites.

 

9. Trump : « Quiconque est entré illégalement aux États-Unis est sujet à déportation. » C’est mon programme pour la France.

 

10. En devenant le 45e président des États-Unis, Donald Trump s’ajoute à la liste des dirigeants nationaux-libéraux.

 

Conclusion. Je représente le courant national-libéral en France.

En 2017, unissons-nous pour que la France redevienne la France !  

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Henry de Lesquen

Président du P.N.L.

L’antiracisme à l’origine de la crise financière, par Henry de Lesquen

L’antiracisme à l’origine de la crise financière

ÉCRIT PAR HENRY DE LESQUEN

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Les prêts des banques à des noirs insolvables

La crise financière est partie des Etats-Unis, comme en 1929, mais ses origines sont, cette fois-ci, bien différentes. Chacun a entendu parler des fameux crédits « subprime ». En anglais, « prime » signifie « excellent », « de première qualité ». Un crédit « subprime », c’est-à-dire, mot à mot, « sous-excellent », est désigné par cet euphémisme parce que c’est un prêt de très mauvaise qualité, en ce sens que l’emprunteur a de bonnes chances de ne pas payer sa dette. Or, à partir de 1992, l’Etat américain a décidé de favoriser l’accession à la propriété de leur logement des membres des minorités ethniques, principalement les noirs et les « Hispaniques », comme on appelle aux Etats-Unis les métis de langue espagnole. Il a, dans ce but, utilisé deux organismes théoriquement privés, mais assujettis en réalité à la tutelle publique, et joliment surnommés Fannie Mae et Freddie Mac, pour alimenter sans limite le marché du refinancement des prêts au logement, et pour ainsi faire en sorte que les banques, sûres de pouvoir se défausser de leurs créances douteuses sur des institutions paragouvernementales, consentent à prêter les yeux fermés à des noirs ou à des métis potentiellement insolvables.

 

La finance américaine dans le piège de l’antiracisme

En même temps, les banques se sont trouvées en butte aux accusations des groupes de pression antiracistes, sous prétexte qu’elles refusaient trop souvent de prêter aux membres des minorités. En 1995, l’État américain a donc renforcé une loi antidiscriminatoire de 1977, le Community Reinvestment Act, pour sanctionner les banques qui n’accompagneraient pas suffisamment la politique du logement dont nous avons parlé. Le piège s’est alors refermé sur la finance américaine. Comme l’écrit Vincent Bénard, président de l’Institut Hayek de Bruxelles, « les banques durent abandonner partiellement le rôle prudentiel qu’elle jouent habituellement lorsqu’elles refusent un prêt à une personne objectivement peu solvable » (Le Figaro du 9 septembre 2008). Les crédits « sous-excellents », souscrits principalement par des membres des minorités en question, ont fini par représenter au moins trois trillions (3.000 milliards) de dollars.

 

Les conditions de la paix raciale

Ainsi, si les banquiers américains ont bel et bien été irresponsables, ils ont été encouragés par l’extraordinaire démagogie des dirigeants politiques américains qui, pour des raisons idéologiques et électorales, ont incité les membres des minorités à s’endetter inconsidérément. Le résultat – après la chute des prix de l’immobilier, qui a entraîné celle des prêts « subprime » –, c’est qu’ils ont réussi à faire à la fois le malheur des noirs (et des métis hispaniques), dont on saisit les logements, et celui des blancs, qui doivent mettre la main au portefeuille pour renflouer les banques : c’est le plan Paulson, qui consiste, en quelque sorte, à faire financer les dettes des noirs par les impôts des blancs. Ce n’est pas ainsi que l’on pourra établir les conditions de la paix raciale !

 

Henry de Lesquen

Président du Parti national-libéral

(VdF)

Le seuil de tolérance, justification du racisme

Catherine Wihtol de Wenden et Yvan Gastaut, prix Lyssenko en 2006 pour leurs analyses des bienfaits de l’immigration et de la mixité sociale

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I – Le seuil de tolérance, justification du « racisme » ?

 

La notion de « seuil de tolérance » a longtemps été reçue comme un évidence, tant il paraissait incontestable, à ceux qui se penchaient sur la réalité de l’immigration, comme à ceux qui la vivaient quotidiennement, que la cohabitation entre immigrés et Français de souche soulevait de graves difficultés, dès que la proportion des immigrés dépassait un certain seuil, dans un quartier où ils cohabitaient avec des Français de souche. Et il paraissait légitime d’extrapoler à la communauté nationale : il devait donc y avoir une limite à fixer à l’immigration, ou, plus précisément, à la proportion d’immigrés inassimilés vivant en France, pour éviter une explosion sociale. Le 4 juin 1970, Michel Massenet, directeur de la population et des migrations, déclarait ainsi, devant l’Académie des sciences morales et politiques : « Les seuils à partir desquels la population d’accueil se ferme à la population étrangère et risque de lui manifester plus que de l’indifférence ont pu faire l’objet de mesures empiriques. » Il évoquait un seuil de 20 % d’étrangers à l’école, de 10 à 15 % dans les immeubles. Le président François Mitterrand, dont on sait la responsabilité dans l’expansion de l’immigration, a cependant regretté, lors de son intervention radio-télévisée du 10 décembre 1989, la « trop forte concentration géographique des étrangers », ajoutant : « Le seuil de tolérance a été atteint dès les années soixante-dix, où il y avait déjà 4,1 à 4,2 millions d’étrangers. »

Jacques Chirac, maire de Paris, écrivait dans Le Monde le 15 juillet 1983 :

« Le seuil de tolérance est dépassé dans certains quartiers et cela peut risquer de provoquer des réactions de racisme. » Il fut plus concret, au cours d’un dîner à Calais, le 22 février 1991, où il déclara : « Avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d’avoir des musulmans et des noirs. Comment voulez-vous que le travailleur français qui travaille avec sa femme et qui ensemble gagnent environ 15.000 francs et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille, avec un père de famille, trois ou quatre épouses et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50.000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler, si vous ajoutez à cela le bruit et l’odeur, eh bien, le travailleur français sur le palier, il devient fou. Et ce n’est pas être raciste que de dire cela.« 

[1] A l’époque, M. Chirac essayait encore de passer pour un homme de droite, proche des préoccupations populaires… On n’ose plus parler, aujourd’hui, de seuil de tolérance, parce que la formule est censurée par le terrorisme intellectuel de la gauche, mais les émeutes ethniques de novembre 2005 semblent montrer qu’elle n’a rien perdu de sa pertinence. En général, donc, les spécialistes de l’immigration, sociologues, politologues ou économistes, évitent purement et simplement d’évoquer le concept de seuil de tolérance. C’est comme s’il n’existait pas.

Le premier de nos deux lauréats, Mme Catherine Wihtol de Wenden, a écrit de très nombreux ouvrages et articles, bourrés de données et de chiffres, mais elle ne veut voir dans l’immigration qu’un phénomène entièrement positif. Dans un recueil qu’elle a dirigé avec le lauréat du prix Lyssenko 2005, M. Olivier Le Cour Grandmaison, elle donnait, dès 1993, le « la » du terrorisme intellectuel : « A l’heure où l’on évoque une Europe sans frontières intérieures, les vieux démons du nationalisme et de la xénophobie se réveillent. » [2] Et elle n’a cessé, depuis, de militer pour une complète ouverture des frontières. Mme de Wenden est libre, bien entendu, de ses jugements de valeur et de ses positions politiques, qui ne sauraient justifier en eux-mêmes l’attribution du prix Lyssenko, prix de la désinformation scientifique, mais son silence obstiné sur la notion de seuil de tolérance, dans une Éuvre abondante consacrée à l’étude de l’immigration et qui se prétend scientifique, ne serait excusable que si, en effet, ladite notion n’avait pas de fondement scientifique. C’est ce que prétend ouvertement, pour sa part, le second lauréat, M. Yvan Gastaut, qui a publié, à ce propos, un article au titre éloquent : « Le « seuil de tolérance », une justification du racisme » [3] . M. Gastaut utilise, à cet égard, un schéma typiquement lyssenkiste, qui peut s’analyser en quatre étapes successives. Dans le cas de Trophime Lyssenko, qui était le biologiste chéri de Staline, puis de Khrouchtchev, l’entreprise de désinformation scientifique peut se résumer ainsi :

 

1. Il y a, au départ, une observation quotidienne que peut faire tout un chacun : les enfants ressemblent plus ou moins à leurs parents ; c’est le phénomène de l’hérédité ;

2. Il y a, ensuite, une théorie qui explique ce phénomène : la génétique ;

3. Apparaît alors une contradiction très gênante entre la théorie et l’idéologie, entre la génétique et le marxisme, avec sa prétention de créer un homme nouveau ;

4. D’où, enfin, la censure de cette théorie qui invalide le marxisme, et le recours au terrorisme intellectuel (complété par l’envoi au Goulag des plus récalcitrants) : la génétique est déclarée science « nazie ». Dans le cas de M. Gastaut, évidemment, le Goulag n’est pas de saison pour les méchants « racistes » (encore que la loi Pleven permette de les envoyer en prison).

 

Mais le schéma est fondamentalement analogue à celui de Lyssenko.

 

1. On part d’une réalité bien connue, la difficulté de cohabitation entre immigrés et Français de souche (et aussi entre immigrés d’origines diverses), et la ségrégation urbaine qui en est la conséquence ;

2. On sait qu’il existe une théorie scientifique qui rend compte de ce phénomène : le seuil de tolérance ; théorie qui, comme nous allons le voir, a été élaborée, aux Etats-Unis, par d’éminents scientifiques ;

3. On est gêné par la contradiction éclatante qui apparaît entre ladite théorie et l’idéologie immigrationniste, idéologie qui n’est, au demeurant, qu’une des formes de l’égalitarisme ;

4. En conséquence, on lance l’anathème contre toute personne qui évoquerait le concept de seuil de tolérance, en la dénonçant comme raciste.

 

Yvan Gastaut est d’autant plus coupable qu’il n’ignore pas les travaux des sociologues de l’école de Chicago sur le seuil de tolérance, travaux qui remontent aux années 1920. Il les résume ainsi : « Les premières recherches au sujet d’un seuil de tolérance des étrangers furent entreprises par l’école sociologique de Chicago dans les années 20 dans le cadre de travaux sur les relations interethniques et la ségrégation urbaine. (…) une proposition établit de manière empirique un seuil critique d’acceptabilité des noirs par la population blanche des Etats-Unis, nommé tipping point : tant que les noirs constituent moins de 10 % de la population d’un quartier donné, ils conservent une « marge de liberté résidentielle » qui leur permet de se disperser. En revanche, au delà des 10 %, on observe la formation de ghettos. Le tipping point a servi de modèle pour le « seuil de tolérance » français. » [4] Et il ajoute, dans une note en bas de page :

« Les propositions qui ont découlé des travaux de l’école de Chicago sont devenues classiques. L’attitude des blancs à l’égard des noirs varie avec la distance sociale qui les sépare ; les réactions racistes apparaissent lorsque la population blanche se sent menacée dans son statut. »

[5] Après avoir ainsi donné des gages à un semblant d’objectivité, notre « lauréat » s’empresse alors d’ajouter, dans une pitoyable pirouette :

« Il n’a jamais existé d’étude scientifique sur le « seuil de tolérance », qui relève d’une mauvaise interprétation de la sociologie américaine. »

[6] Or, si l’expression française « seuil de tolérance » n’est que la traduction de l’anglais « tipping point », il y a bel et bien une abondante littérature scientifique sur la question. Il est vrai que ces études ont été faites aux Etats-Unis, et non en France, malheureusement, mais cela ne retire rien à la valeur de la théorie, et il faut être particulièrement obscurantiste pour refuser d’appliquer à la France une loi sociologique qui a été découverte dans un autre pays. Nous concéderons seulement à M. Gastaut que l’on devrait plutôt traduire littéralement « tipping point » par « point de basculement », et que l’expression française « seuil de tolérance » a l’inconvénient d’avoir des implications morales, l’intolérance n’ayant pas bonne réputation. Nous proposons donc d’employer indifféremment les deux expressions, « point de basculement » ou « seuil de tolérance ».

 

II – Le « tipping point » ou seuil de tolérance, une découverte scientifique

 

La théorie du « tipping point » a été découverte dans les années 1920 par les sociologues de l’école de Chicago, dont le chef de file était Robert Ezra Park (1864-1944), mais l’expression elle-même a été proposée beaucoup plus tard, dans les années 1960, par le politologue Morton M. Grodzins (1919-1964). L’économiste Thomas C. Schelling, prix Nobel en 2005 pour ses travaux sur la théorie des jeux, a proposé en 1971 un modèle de comportement individuel qui rend compte du phénomène.

 

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1. L’école de Chicago était très engagée à gauche. Henrika Kuklik la considère « comme l’expression académique de l’idéologie progressiste » [7] . (Autant dire qu’il ne faut pas confondre ces sociologues avec les économistes d’une autre école de Chicago, dont Milton Friedman est le plus célèbre.) Park avait été lui-même un militant de la cause des noirs. Il est donc remarquable que ces savants aient su faire preuve d’une objectivité qui les a conduits à des propositions scientifiques peu conformes à leurs préjugés idéologiques. Leurs homologues français pourraient méditer leur exemple. Park et ses disciples étaient des empiriques. La croissance de l’agglomération de Chicago était pour eux un extraordinaire laboratoire social. Ils ont analysé comment l’arrivée des noirs venus du sud dans certains quartiers a provoqué brutalement, au delà d’un certain seuil, le départ des blancs. C’est ce que Grodzins appellera plus tard le « White flight », la fuite des blancs. Le quartier, qui était naguère entièrement peuplé de blancs, devient alors entièrement noir, comme Harlem à New York.

L’école de Chicago avait bien compris que l’homme était un animal territorial, bien avant que les éthologues, comme Konrad Lorenz, ne viennent en faire la démonstration. Park, qui entendait fonder une « écologie humaine », considérait la ségrégation sociale dans l’habitat comme un phénomène inéluctable : « La croissance d’une communauté a pour conséquence la sélection et la ségrégation sociales, donc la création de groupes sociaux naturels, d’une part, d’aires sociales naturelles, d’autre part. Nous avons pris conscience de ce processus de ségrégation à propos des immigrants et, plus particulièrement, à propos de ce qu’on appelle les « races historiques », c’est-à-dire des populations qui portent les traits distinctifs de leur race, qu’il s’agisse d’immigrants ou non. Les Chinatown, les Little Sicily et autres « ghettos », familiers aux spécialistes de la vie urbaine, sont des types particuliers d’une espèce plus générale d’aire naturelle que les conditions et les tendances de la vie urbaine produisent inévitablement. » [8] Selon le résumé qu’en font Yves Grafmeyer et Isaac Joseph, l’école de Chicago a une « approche écologique dans l’étude de la communauté humaine », dans laquelle « les individus entretiennent des rapports spatiaux qui sont réglés par la compétition, analogue dans ses effets à la lutte pour la vie observable chez les animaux et les plantes », et où « les éléments les plus vigoureux parviendront à s’assurer la maîtrise des emplacements privilégiés, conformément à la loi de dominance identifiée par l’écologie animale et végétale » [9] .

L’un des principaux auteurs de l’école, Roderick D. McKenzie, parle à ce propos d’invasions : « … de même que dans les communautés végétales les successions sont le produit de l’invasion, de même, dans la communauté humaine, les formations, ségrégations et associations qui apparaissent constituent le résultat d’une série d’invasions. (…) L’étape initiale d’une invasion est à mettre en relation avec le point d’entrée, la résistance ou l’encouragement qu’offrent à l’envahisseur les premiers habitants du lieu et l’effet sur les valeurs du sol et des loyers. (…) La résistance à l’invasion dépend simultanément du type d’envahisseur et du degré de solidarité des occupants actuels. (…) On observe communément que les races étrangères et autres envahisseurs indésirables, à quelques exceptions près, élisent domicile près du centre d’affaires ou en d’autres points de forte mobilité et de faible résistance. Une fois installés, ils font progressivement leur chemin (…). Le processus d’invasion atteint son apogée avec l’émergence du type dominant d’organisation écologique capable de résister à d’autres formes d’invasion. (…) L’action continue des phénomènes d’invasion et d’adaptation a pour effet d’attribuer à la communauté développée des aires bien définies, dont chacune possède ses propres critères de sélection et ses traits culturels spécifiques. » [10] En 1932, le sociologue français Maurice Halbwachs, élève de Durkheim, a donné une recension de ces travaux dans les Annales d’histoire économique et sociale, présentant de manière saisissante le phénomène du tipping point ou point de basculement, qui n’avait pas encore reçu son nom, dans un article intitulé « Chicago, expérience ethnique » : « Depuis que les Américains du nord sont en contact avec les nègres de façon plus étroite et fréquente qu’autrefois, les mÉurs rétablissent les barrières supprimées par les lois, et ils s’efforcent de les tenir à distance, mais ils n’ont pu les priver du droit de louer ou d’acheter des maisons. Il s’est produit alors un phénomène très curieux : dès que les nègres ont réussi à prendre pied dans quelques maisons (…), alors, dans toute la rue, sur une longueur de 4 ou 5 km, quelquefois de 7 ou 8, les maisons se vident, les appartements deviennent vacants, les blancs disparaissent, cédant la place aux nouveaux venus. Ainsi s’explique la formation du black belt [11] . (…) On peut suivre, sur le plan, la progression des nègres vers le sud, à l’ouest de Washington Park : ils encerclent peu à peu la communauté universitaire qui, au delà du parc et des avenues de Hyde Park et de Midway, n’est séparée du black belt que par une sorte de bouclier juif. » [12] La doctrine de l’école de Chicago a été suivie et développée par les experts du FHA (Federal Housing Administration, direction fédérale du logement), créé en 1934, et notamment par un certain Homer Hoyt, qui a eu une grande influence sur la politique urbaine aux Etats-Unis. La ségrégation résidentielle et l’abandon du centre-ville par les blancs étaient considérés comme inévitables. Quand ce que Hoyt appelait, par euphémisme, les « races dissonantes », étaient fortement représentées dans une zone, la valeur des logements baissait. Il pouvait y avoir, pendant un certain temps, une cohabitation multiraciale (ou multiethnique), mais, comme « la présence d’un non-blanc, fût-il seul, dans un îlot occupé par des blancs peut marquer le début d’une période de transition » [13] , il en résultait que les quartiers devenaient en général homogènes pour un groupe racial ou ethnique déterminé. En conséquence, les blancs étaient repoussés vers les banlieues.

Il est remarquable que les travaux des sociologues de l’école de Chicago aient précédé ceux des éthologues, comme le prix Nobel Konrad Lorenz, dont le grand public a commencé à entendre parler dans les années 1970. Ceux-ci ont mis en évidence les conséquences désastreuses de l’entassement urbain, qui sont aggravées par l’hétérogénéité des populations. La ségrégation spontanée observée dans les grandes agglomérations américaines est une réponse aux difficultés de cohabitation de populations qui n’ont pas les mêmes mœurs et pas toujours la même langue. Dans ses deux premiers ouvrages, le Club de l’Horloge a insisté sur l’importance de l’instinct territorial de l’être humain et sur le besoin d’enracinement qui en est le corollaire. Ainsi, dans Les Racines du futur, en 1977, nous écrivions :

« Le plus souvent, les délinquants se révèlent comme des déracinés, isolés dans des villes où ils ne parviennent pas à trouver leur place. (…) C’est dans ce contexte que s’inscrit la surcriminalité des immigrés mise en évidence par les statistiques du ministère de l’Intérieur.« 

Et nous citions le bulletin d’information du ministère de l’Intérieur du 28 juillet 1976, où l’on pouvait lire :

« Les étrangers vivant en France commettent proportionnellement davantage de crimes et délits que les Français et dans un domaine où se perçoit la plus forte progression, celui de la plus grande criminalité.« 

[14] (Il n’est pas certain que les collaborateurs de ce ministère ait gardé une telle liberté de plume.) Dans La Politique du vivant, en 1979, nous écrivions : « C’est l’espèce humaine dans son ensemble qui souffre des dramatiques conséquences de l’entassement urbain. Celles-ci sont ressenties d’une manière plus aiguë encore dans les agglomérations dont la population est hétérogène. » [15]

2. Dans les années 1960, nous l’avons dit, le politologue Morton Grodzins s’est inspiré des travaux des sociologues de l’école de Chicago pour proposer le concept de « tipping point », point de basculement ou seuil de tolérance : lorsqu’une « population dissonante » commence à s’installer dans un quartier, les premiers occupants du lieu finissent par tous partir, et cela très rapidement, lorsqu’une certaine proportion d’individus dissonants a été atteinte. Ce point de basculement dépend de nombreux facteurs, mais l’on peut retenir, avec Michel Massenet, un taux de 10 à 15 % pour la France, un peu supérieur, sans doute, à celui qui a été mesuré aux Etats-Unis, pour les noirs qui font irruption dans un quartier blanc. L’économiste Thomas Schelling a modélisé le comportement humain qui explique la ségrégation spontanée, que d’aucuns déplorent en la qualifiant d’apartheid urbain. Il a traité de la dynamique de partage de l’espace entre les races ou ethnies dans un fameux article de 1971 publié dans le Journal of Mathematical Sociology [Journal de sociologie mathématique] et intitulé « Dynamic Models of Segregation » [Modèles dynamiques de la ségrégation]. Si chacun des individus souhaite que ses voisins ne soient pas trop nombreux à être trop différents de lui-même, et qu’il est disposé à déménager dans le cas contraire, le quartier peut se retrouver dans une situation stable de ségrégation pure et simple : il devient parfaitement homogène, n’étant plus habité que par les membres d’une seule race, ethnie ou communauté (quel que soit le critère qui définisse l’identité collective des membres de cette communauté). Un résultat important du modèle de Schelling est qu’il suffit que les gens aient une certaine préférence, même faible, pour que leurs voisins leur ressemblent pour parvenir à ce résultat radical. Point n’est donc besoin de supposer qu’ils sont « racistes », quel que soit le sens précis que l’on veuille donner à ce terme d’exécration.

Le modèle de Schelling met au jour les conséquences de décisions individuelles parfaitement rationnelles. Même si les gens sont peu exigeants, et se contentent, par exemple, de 30 % de voisins de même origine qu’eux, les simulations démontrent que la ségrégation peut être fort importante. Ces conclusions sont renforcées par les travaux d’un autre pionnier de la théorie des jeux, l’économiste israélien Robert J. Aumann, qui a reçu le prix Nobel la même année que Schelling, en 2005, et qui a introduit la notion fondamentale, pour le fonctionnement des groupes humains, de la « connaissance commune ». L’interaction des individus n’est harmonieuse que s’ils partagent suffisamment d’opinions et de valeurs. C’est l’insuffisance de cette connaissance commune qui complique les relations entre individus d’origine diverses et qui suscite des conflits entre eux, lesquels proviennent en partie d’une mauvaise compréhension réciproque du comportement d’autrui.

 

III – Dire la vérité aux Français

 

La conclusion que l’on peut tirer de toutes ces études, de celles du sociologue Robert Park et de son école de Chicago, du politologue Morton Grodzins et de l’économiste Thomas Schelling, est tout à fait claire, et ne peut être contestée que par un disciple de Lyssenko : les populations immigrées, tant qu’elles ne sont pas assimilées, donc tant qu’elles conservent une identité propre, au lieu de se fondre dans la communauté nationale, ne se « mélangeront » pas avec les Français de souche.

La politique actuelle nous conduit donc tout droit à la constitution d’une société multiraciale, multiculturelle et multicommunautaire, laquelle est aux antipodes du modèle républicain. Ce n’est donc ni par hasard ni du fait de la méchanceté des hommes que se sont formées des cités et des villes entières qui ont été annexées par les populations immigrées. C’est la conséquence inéluctable de la loi sociologique du point de basculement ou seuil de tolérance. Cette conclusion réfute deux explications fallacieuses de la triste situation actuelle, explications qui font partie du « prêt-à-penser » de l’idéologie dominante et qui sont devenues aussi la doctrine officielle des pouvoirs publics.

On nous dit, premièrement, que, si les immigrés sont relégués dans des ghettos, c’est que les Français sont « racistes ». Pour faciliter « l’intégration », il faudrait donc réprimer les actes et les opinions prétendus « racistes ». On nous dit, deuxièmement, que nous sommes coupables de ne pas avoir fait assez d’efforts pour les banlieues. Les voyous immigrés brûlent des centres sportifs ? Il faudrait en reconstruire deux fois plus ! La « politique de la ville », qui voudrait être, sous cette appellation euphémistique, une politique de pacification des banlieues de l’immigration, ne peut être qu’un échec total, parce qu’elle part d’une fausse analyse de la situation. On nous propose maintenant une politique encore plus dangereuse, que les Américains ont essayée, sous le nom d’affirmative action, et qu’ils ont peu ou prou abandonnée : c’est la prétendue « discrimination positive ».

La discrimination, qui est interdite aujourd’hui dans notre pays, parce qu’elle est contraire au principe d’égalité inscrit à l’article 1er de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, et qui tombe, depuis 1972, sous le coup de la loi pénale, on veut la rendre non seulement possible, mais même obligatoire… pourvu que les Français de souche en soient les victimes ! On veut changer la loi et la Constitution pour que les étrangers soient favorisés par rapport aux Français, les immigrés par rapport aux Français de souche, les musulmans par rapport aux chrétiens et les noirs par rapport aux blancs. Voilà la discrimination que l’on prétend positive ! Nous sommes obligés d’avouer, cependant, que cette politique de discrimination pro-immigrés, aussi scandaleuse soit-elle, à l’aune des principes républicains, n’est pas incohérente, car elle ne paraît pas avoir la même finalité que les deux précédentes.

On persécute, au nom d’un prétendu antiracisme, de malheureux Français innocents, on gaspille l’argent public dans une stupide politique de la ville, sans que cela puisse permettre le mélange des populations que l’on voudrait obtenir. Dans cet esprit, la seconde loi du communiste Gayssot, en date du 13 décembre 2000, dite SRU (solidarité et renouvellement urbain), qui institue dans les villes une proportion minimum de 20 % pour les logements publics ultra-sociaux, réservés, en pratique, aux personnes d’origine immigrée, ne peut rien changer aux lois de la sociologie, fondées sur la nature humaine : à défaut d’assimilation, les immigrés et les Français de souche voudront toujours vivre à part. La discrimination dite « positive » paraît relever d’une logique bien différente, et que ses protagonistes s’efforcent de dissimuler. Disons-le sans ambages : elle tourne le dos au modèle républicain, elle est en elle-même la négation des principes fondateurs de la République française. Elle est, en effet, en adéquation avec le modèle anglo-saxon, celui des Anglais et des Américains.

Les Anglo-Saxons, ou du moins ceux qui les gouvernent, acceptent ou même favorisent la constitution et le développement d’une société multiculturelle, où les individus seront étiquetés en fonction de leur appartenance communautaire. Dans ce type de société, il est concevable que les individus qui appartiennent à des communautés différentes obéissent à des lois différentes et que l’on réserve des emplois aux membres de certaines communautés, en leur attribuant, par exemple, des quotas. Le débat sur l’immigration, en France, n’est pas seulement vif, il est aussi extrêmement confus. Cette confusion est entretenue volontairement par ceux qui veulent, non seulement que les immigrés venus du tiers monde s’installent définitivement sur le territoire national (« ils resteront », disent ces immigrationnistes), mais aussi qu’ils continuent à venir, de plus en plus nombreux, car ils veulent conduire le peuple français dans une direction où il n’irait pas volontiers si les enjeux lui étaient clairement exposés.

Les jugements de valeur sont essentiels, dans l’action politique. L’amour de la patrie ne se démontre pas. Mais le devoir des sociologues et des autres hommes de science est de faire preuve d’objectivité. Il ne leur est pas interdit d’avoir des engagements à gauche, et même à l’extrême gauche, et d’être immigrationniste, mais ce qui est contraire à l’éthique de leur métier, c’est de travestir les faits pour occulter les conséquences de la politique actuelle. Celle-ci est parfaitement incompatible avec la cohésion nationale et avec ce qu’il est convenu d’appeler le modèle républicain, qui suppose l’assimilation des immigrés. Il ne peut pas y avoir de mélange harmonieux de populations hétérogènes. Les sociologues dignes de ce nom devraient dire la vérité aux Français en leur présentant les deux termes de l’alternative qui commande l’avenir de leur patrie. La première solution est celle qui est implicitement choisie par les dirigeants actuels, mais que l’on n’avoue pas aux citoyens : le modèle anglo-saxon de société multicommunautaire ; dans cette hypothèse, il faudrait cesser de tenter d’obliger à vivre ensemble des gens qui ne le souhaitent pas, comme le voudrait la loi SRU du communiste Gayssot ; il faudrait, au contraire, comme en Angleterre, publier les statistiques ethniques des localités, pour que les gens choisissent leur logement en connaissance de cause (ces statistiques sont publiées chez nos amis d’Outre-Manche sur un site Internet tout à fait officiel : http://neighbourhood.statistics.gov.uk).

La seconde solution, c’est le choix de la France éternelle, c’est le refus de laisser la nation éclater pour se transformer en société multiculturelle. Il faut alors poser en principe que les immigrés non assimilés devront tôt ou tard regagner le pays de leurs ancêtres : « ils partiront ». En attendant, ces immigrés inassimilés doivent être considérés comme des étrangers, qui bénéficient provisoirement de l’hospitalité de notre patrie. Entre ces deux solutions, il n’y a pas de troisième voie. Nous sommes persuadés que les Français choisiraient la France, c’est-à-dire la seconde solution, si la question leur était posée en termes clairs. C’est parce qu’ils ont tout fait pour cacher aux Français la nature de ce qui était en cause, dans leurs études sur l’immigration, que nos deux « lauréats » méritaient au plus haut point de recevoir le prix Lyssenko.

 

[1] Cité dans Serge de Beketch, Catalogue des nuisibles, éd. Les Vilains Hardis, 2006, p. 149. [2] Olivier Le Cour Grandmaison et Catherine Wihtol de Wenden (sous la direction de), Les Etrangers dans la cité – expérience européenne, préface de Madeleine Rebérioux, éd. La Découverte/Ligue des droits de l’homme, 1993, p. 11. [3] Yvan Gastaut, Historiens et géographes, nE 385, janvier 2004, « Le « seuil de tolérance », une justification du racisme ». [4] Yvan Gastaut, L’Immigration et l’opinion en France sous la Ve République, éd. du Seuil, 2000, pp. 467-8. [5] Ibid., pp. 467-8. [6] Ibid., p. 468. [7] In Yves Grafmeyer et Isaac Joseph (présentation par), L’Ecole de Chicago – naissance de l’écologie urbaine, Aubier, 1990, p. 338. [8] Ibid., pp. 202-3. [9] Ibid., p. 25. [10] Ibid., pp. 161-4. [11] La « ceinture noire ». [12] Ibid., pp. 298-9. [13] Ibid., pp. 351-2. [14] Jean-Yves Le Gallou et le Club de l’Horloge, Les Racines du futur – demain la France, Albatros, 1984, p. 45 (1ère édition, Albin Michel, 1977). [15] Henry de Lesquen et le Club de l’Horloge, La Politique du vivant, Les éditions du Bastion, 1999, pp. 208-9 (1ère édition, Albin Michel, 1979)

 

Prix Lyssenko 

Pour un racisme républicain, par Henry de Lesquen

Racisme républicain

Pour un racisme sans haine et sans reproche

Capture d’écran 2015-11-07 à 20.11.25Droit et devoir des races supérieures

« Racisme républicain » : la formule n’est pas de moi, mais de l’excellent Luc Ferry, qui vilipendait son homonyme Jules Ferry (1832- 1893), sans lien de parenté avec lui, parce que cet éminent homme politique de la IIIe république avait déclaré devant la chambre des députés le 28 juillet 1885 : « Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures… (…) Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures… » Luc Ferry ajoute, dans Le Figaro du 7 mai 2012, où il reproche à François Hollande d’avoir inauguré son quinquennat par un hommage au fondateur de l’école gratuite et obligatoire : « Comment oublier, cependant, que Jules Ferry fut aussi l’un des théoriciens les plus militants du racisme républicain et colonial ? »

Ce discours de 1885 sur la colonisation et l’inégalité des races, expression d’un « racisme républicain », n’était pas un acte isolé, mais il était, tout au contraire, parfaitement représentatif du courant dominant sous la IIIe république, celui de ses fondateurs et de leurs héritiers, jusqu’à la seconde guerre mondiale et au-delà. Léon Blum, par exemple, ne fut pas en reste, comme en témoigne sa déclaration du 9 juillet 1925 devant la représentation nationale : « Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de les appeler aux progrès réalisés grâce aux efforts de la science et de l’industrie. » On trouvera dans La République amnésique de Thierry Bouclier (éd. Rémi Perrin) quantité de propos du même genre.

Capture d’écran 2015-11-07 à 20.11.25Racisme sans haine et sans reproche

La conclusion est claire. Les vrais républicains au regard de l’histoire, ceux qui ont bâti la république en France à partir de 1870 et, après ces derniers, ceux qui sont restés fidèles à leurs principes, avaient peut-être des défauts, car ils étaient anticléricaux, mais ils ne tombaient pas dans l’égalitarisme fanatique et obscurantiste que nous subissons aujourd’hui.

La science, quand elle n’est pas défigurée par la désinformation du lyssenkisme, démontre que le grand Jules avait raison et qu’il n’était nullement un imposteur, n’en déplaise au regretté François Brigneau. L’espèce humaine est divisée en races et celles-ci ne sauraient être égales, car l’égalité n’est pas dans la nature¹. Il faut donc qu’elles soient inégales. Et il y a en effet, sur le plan moral, un devoir pour les races supérieures d’aider les peuples de race inférieure à sortir de la misère. Si les mots ne sont que des étiquettes pour désigner les choses, comme le relevait Pareto, il n’y a pas d’inconvénient à parler de racisme républicain et à prendre cette expression en bonne part, car le racisme républicain est tout à fait recommandable. D’une part, il accepte les vérités objectives enseignées par la science, qui fait litière des préjugés illégitimes de l’égalitarisme et du cosmopolitisme, d’autre part, il répudie toute haine à l’égard de quiconque en vertu de ses origines. Le racisme républicain² ne pousse pas à la « discrimination », car, quand il est question d’un individu en particulier, et non d’une race ou d’un peuple pris in globo, on ne considère que ses mérites, ses talents, en faisant abstraction de sa race. Le racisme républicain est sans haine et sans reproche.

La haine raciale comme l’antiracisme refuse à toutes les races le droit à l’existence – le racisme négatif (dit haine raciale) fait seulement exception pour la sienne. Dans les deux cas, c’est le droit à la différence qui est nié ; le premier veut imposer la primauté d’une race « élue », présentée comme étant celle des « seigneurs » ; le second veut les mélanger jusqu’à abolir toute distinction : il rêve de fondre l’humanité en une seule race. L’un par l’extermination, l’autre par la fusion, ils veulent donc aboutir au même monde uniforme. Au fond, l’un comme l’autre déteste la différence et aspire à l’homogénéité absolue : simplement l’un rêve d’une nouvelle race, l’autre croit l’avoir déjà trouvé.

 

Racisme négatif : haine de race.
Racisme positif : conscience de race.
Capture d’écran 2015-11-07 à 20.11.25

Henry de Lesquen

Edito publié sur le site de la VdF

Capture d’écran 2015-11-07 à 20.11.25

¹ Ce que la science nous dit des races humaines

« En dehors des vrais jumeaux (monozygotes), deux individus ne sont jamais génétiquement identiques. De même, les gènes qui déterminent la race ont une influence physique et mentale qui varie selon la race.

L’égalité des citoyens devant la loi, quelle que soit leur origine, proclamée par la constitution, n’est en rien une égalité de nature. On peut en dire autant de l’égalité morale entre les hommes affirmée par certaines religions ou philosophies. »

 

² Exemple de racisme républicain, sans haine et sans reproche :

Le général de Gaulle a déclaré en 1959 :

« C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. » (Cité dans Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, tome 1, éditions de Fallois/Fayard, 1994, page 52.)

Sagesse des nationaux-libéraux

Athéna révélant Ithaque à Ulysse, par Giuseppe Bottani

Sagesse des nationaux-libéraux

Sept fois sept apophtegmes

I. De l’identité

1. Ce n’est pas l’opinion qui fait l’identité, ce sont les ancêtres.

2. Nous sommes nos gènes, ou plus largement notre ADN, patrimoine héréditaire reçu par moitié de notre père et de notre mère.
L’identité est ce en quoi un être demeure identique à lui-même au cours du temps : notre identité individuelle s’est constituée à l’instant fatidique de la conception.

3. L’homme est par nature un être de culture.
L’éducation que l’enfant reçoit dans sa famille est un dressage qui met de l’ordre dans le chaos des instincts concurrents en les assujettissant à la volonté.

4. Les sociétés humaines sont des systèmes bioculturels.
Leur identité collective est assise sur le fonds génétique – la « race » au sens large – des populations qui les composent.

5. La nation est une communauté de destin historique fondée sur les liens du sang et constituée autour d’une ethnie prépondérante sur un territoire continu.
La race est une catégorie biologique, l’ethnie est une catégorie culturelle.

6. La nation est formée des vivants, des morts et de ceux qui vont naître.
C’est la chaîne des générations qui constitue l’identité de la nation, laquelle lui donne vocation à la souveraineté.

7. Il n’y a pas de nation sans préférence nationale
…laquelle légitime l’exclusion des étrangers quand celle-ci est utile aux nationaux.

II. De la tradition

1. La nation française est née au XIe siècle à l’issue d’un synécisme celto-romano-germanique autour de l’ethnie française sur le territoire du royaume capétien.

2. La nation française est d’origine indo-européenne, de race caucasoïde, de civilisation occidentale et de religion chrétienne.

3. Nous sommes fidèles à la tradition indo-européenne, qui a façonné la civilisation occidentale avec le christianisme.
Elle implique la hiérarchie des fonctions sociales : fonction souveraine, fonction guerrière, fonction productive. C’est pourquoi nous méprisons le matérialisme de la société marchande et nous admirons la grandeur de la France éternelle.

4. Contrairement à ce que prétend la gauche, la justice ne se confond nullement avec l’égalité.
La justice réside dans le respect intransigeant de règles de juste conduite issues de la tradition, comme le droit de propriété et la liberté d’entreprise, d’où résultent nécessairement de grandes inégalités parfaitement légitimes.

5. La colonisation française fut une grande œuvre civilisatrice dont nous devons être fiers et dont les peuples colonisés doivent nous être reconnaissants.

6. Les treize territoires extérieurs, appelés départements ou collectivités d’outre-mer, sauf l’île inhabitée de Clipperton, appartiennent à la nation française, mais ils n’en font pas partie.
Leurs habitants ne sont pas vraiment français, sauf exception.
Il faut y ajouter un quatorzième, la Corse, qui fait géographiquement, historiquement et culturellement partie de l’Italie, et non de la France.

7. L’Europe n’est qu’une expression géographique.
Il n’y a ni civilisation européenne ni race européenne ni ethnie européenne ni peuple européen. Il y a une civilisation occidentale, dont ne font partie ni la Russie ni les Balkans, une race caucasoïde, qui inclut des peuples non européens, une ethnie française, un peuple français.

III. De la race

1. La race est un fait d’observation élémentaire que la science confirme et précise.
Au sens strict, la race est, par définition, la subdivision de l’espèce dans la taxinomie linnéenne ; on parle aussi de variété ou de sous-espèce. L’espèce homo sapiens n’est pas divisée en trois races (blancs, jaunes, noirs), mais en cinq : caucasoïdes (ou « blancs »), mongoloïdes (ou « jaunes »), congoïdes, capoïdes et australoïdes, étant observé qu’il y a trois races de « noirs ».

2. L’égalité n’est pas dans la nature, ni entre les individus ni entre les races ni entre les sexes.

3. La question raciale est aujourd’hui centrale.
La couleur de la peau n’a pas d’importance, mais la race en a beaucoup.

4. Le PPCM, plan de promotion des congoïdes et du métissage, est un complot ourdi par le Congrès juif mondial.
C’est ce que révèle le caractère systématique et stéréotypé de ses manifestations dans la publicité et le cinéma. Le but est de détruire l’identité des nations occidentales en les transformant en sociétés multiraciales et multicommunautaires.

5. Dans un pays libre, il ne saurait y avoir de délit d’opinion.
Le racisme est une opinion. Les racistes doivent pouvoir s’exprimer librement, tout autant que les marxistes et les cosmopolites.

6. Si la haine raciale, comme toute forme de haine sociale, nous est étrangère, nous nous réclamons en revanche d’un racisme positif et républicain, sans haine et sans reproche, celui de Jules Ferry ou de Charles de Gaulle, qui est la conscience de race.

7. La liberté de discrimination est le premier des droits de l’homme, étant plus nécessaire encore que la liberté d’opinion ou la liberté de circulation.
Elle découle en particulier du droit de propriété.

IV. De l’assimilation

1. Les Français de sang sont les Français de race caucasoïde dont la majorité des ancêtres en l’an mil étaient des sujets chrétiens du royaume de France ou des provinces voisines annexées par la suite et qui en font encore partie aujourd’hui.
Les autres hommes sont des allogènes, quelle que soit leur nationalité, française ou étrangère.

2. Il y a trois sortes de Français selon la loi, les Français de sang, les Français d’adoption, allogènes assimilés, et les Français de papier, allogènes inassimilés.
Ces derniers ne sont pas de vrais Français et devront, en conséquence, être déchus de la nationalité française, qu’ils soient binationaux ou non.

3. Pour être assimilé, un immigré, c’est-à-dire un allogène, doit rejeter le communautarisme et se mêler aux Français de sang au lieu de rester à part avec ceux qui ont la même origine que lui.
Il faut donc qu’il parle français et qu’il ne pratique pas une religion l’excluant de la communauté nationale telle que le judaïsme ou l’islam.
La réémigration des masses inassimilées et inassimilables est un devoir sacré pour préserver l’identité nationale de la France.

4. Le grand remplacement est la conséquence de l’immigration, qui est elle-même la conséquence de l’antiracisme, lequel est, à son tour, la conséquence de la religion de la Choah : il s’ensuit que le grand remplacement est la conséquence de la religion de la Choah.

5. Les Juifs sont des immigrés comme les autres.
Expulsés de France en 1394, ils n’étaient que quelques milliers en 1789, lorsqu’ils ont été émancipés. Ils se sont introduits chez nous au XIXe et plus encore au XXe siècle.

6. Réinformation : il est absurde de parler de « judéo-christianisme ».
Le judaïsme actuel, qui est celui des pharisiens dont parle l’Évangile, est une religion orientale isomorphe de l’islam. Le judaïsme est un islam raciste. L’islam est un judaïsme universaliste.

7. Comme l’a enseigné Jean Bodin (1576), nous appelons république, du latin res publica, tout régime politique voué au bien commun et qui, en conséquence, défend l’identité raciale et culturelle de la cité ou de la nation, que ce régime soit monarchique, aristocratique ou démocratique.

V. Du cosmopolitisme

1. La gauche, expression idéologique de l’utopie égalitaire, est écartelée entre deux pôles antagonistes, le collectivisme et le cosmopolitisme.
L’envie et le mensonge sont les deux mamelles dont la gauche est alimentée.
Le cosmopolitisme, qui vient du fond des âges, puisqu’il fut inventé par Diogène le cynique en -350, a supplanté le marxisme, forme moderne du collectivisme, après la révolution de 1968 et il est devenu l’idéologie dominante mondiale.

2. Le cosmopolitisme, ou idéologie cosmopolitique, est un tout qui fait système.

Le cosmopolite, qui se dit « citoyen du monde » (kosmopolitès en grec) pour n’être citoyen de nulle part, veut détruire les frontières : les frontières extérieures et physiques qui séparent et distinguent les peuples, au nom de l’« unité du genre humain », de la « société ouverte », de la « diversité » ou du « vivre-ensemble », tout autant que les frontières intérieures et morales qui fondent les valeurs et les institutions de la société, au nom de la « lutte contre les discriminations », du « refus de l’exclusion » ou de l’« inclusion ».
Le détournement de compassion est un procédé inhérent à l’idéologie cosmopolite, qui fait couler les larmes de la subversion.

3. Le cosmopolitisme est mondialiste .

Il poursuit l’utopie d’un État mondial, empire où se dissoudraient les nations, et sape leur souveraineté en vue de les soumettre à une « gouvernance mondiale » dans le cadre d’un « nouvel ordre mondial ». C’est pourquoi il affirme la primauté du jus gentium, « droit international », il prescrit le droit d’ingérence au nom des « droits de l’homme », il instaure une justice supranationale et la « compétence universelle » des tribunaux pour punir les « crimes contre l’humanité ». Il multiplie les pseudo-traités qui font peser sur les États des obligations sans réciprocité au nom des droits de l’homme. Il exige l’indépendance des banques centrales pour abaisser les gouvernements.
Immigrationniste et libre-échangiste, le cosmopolitisme promeut en outre la financiarisation de l’économie dans un monde sans frontières livré à la spéculation, d’où la délocalisation des emplois, la soumission des entreprises au cosmopolitiquement correct au rebours de leur mission propre et la formation d’entreprises hors-sol dites abusivement « multinationales ».

4. Le cosmopolitisme est avant tout nihiliste.
Il subvertit les valeurs et les institutions pour faire table rase de l’identité des peuples. Il s’attaque à la nation, à la famille, à l’armée, à la religion, à la morale, à la science et à l’art. La liste de ses méfaits est interminable : repentance, religion de la Choah, antiracisme, féminisme, LGBT, antipsychiatrie, dégradation du français, invasion de l’anglais, décadence vestimentaire… ; et aussi, suppression du chef de famille, légitimation des enfants adultérins, divorce par consentement mutuel, légalisation de l’avortement, abolition de la peine de mort, légalisation de la pornographie, mariage homosexuel, promotion de la transsexualité, non-art dégénéré, danse et musique nègres, pédagogie libertaire, écriture inclusive…

5. La révolution est l’expression de la gauche en mouvement.
Elle est intrinsèquement perverse, sous toutes ses formes, puisqu’elle a pour objet d’abolir les traditions qui font l’identité du peuple. L’entreprise révolutionnaire conduite par les cosmopolites depuis 1968 pour démolir la nation a été ponctuée d’une série de lois scélérates, d’actes indignes, de symboles honteux : loi sur l’autorité parentale (1970), loi sur la filiation (1972), loi Pleven (1972), loi Veil (1975), loi Badinter (1981), loi Gayssot (1990), discours de Chirac sur le Vél’d’Hiv (1995), lois Taubira (2001, 2013), « plug anal » de la place Vendôme (2014), Simone Veil et Joséphine Baker au Panthéon (2018, 2021)… La réaction républicaine effacera toutes ces horreurs pour les renvoyer dans les poubelles de l’histoire.

6. Les valeurs républicaines authentiques – civilisation, patrie, ancêtres, fraternité raciale, identité ; égalité civique, ordre, sécurité ; honneur, héroïsme, devoir, fidélité, liberté individuelle, responsabilité… – sont toutes contraires au cosmopolitisme.

7. Nous ne sommes plus en république.
La loi Pleven du 1er juillet 1972, qui a proscrit la préférence nationale et créé le délit d’opinion au nom de l’antiracisme, a aboli la république pour établir l’État cosmopolite à la place.

VI. De l’oligarchie

1. Nous ne sommes plus en démocratie.
Le peuple ayant été domestiqué et réduit à l’état de foule par la peur de la catastrophe, climatique ou sanitaire, l’État français n’a plus que les apparences formelles de la démocratie. C’est aujourd’hui en réalité un régime oligarchique. Dans cette pseudo-démocratie, l’oligarchie invoque l’autorité fallacieuse des techniciens et des experts de tout poil qui sont à son service pour asservir le peuple en étouffant le débat politique.

2. La superclasse mondiale qui s’est formée à la fin du XXe siècle et l’oligarchie cosmopolite qui la représente dans chaque pays ne sont pas pour nous des adversaires, mais des ennemies.
Elles veulent détruire la nation et la civilisation. Aucun compromis n’est possible avec elles.

3. Définition : nous appelons superstructure mondiale le système de pouvoir formé depuis 1945 par les prétendues « organisations internationales », qui sont en réalité supranationales, telles que l’ONU, l’OMS, le GIEC, l’UNESCO, le FMI, l’OCDE, l’Union européenne, le Conseil de l’Europe, la Cour européenne des droits de l’homme, le Tribunal pénal international, etc., et par les milliers d’ONG, « organisations non gouvernementales », qui gravitent autour de celles-ci, comme Greenpeace ou Amnesty International.
La superstructure mondiale est le principal instrument de la superclasse mondiale.

4. Définition : les candaules, désignés ainsi par antonomase du nom du roi Candaule et pour traduire l’anglais cuck, sont les hommes classés à droite, mais soumis au cosmopolitiquement correct imposé par l’oligarchie.
Nous devons les dénoncer comme tels.

5. L’oligarchie cosmopolite propage les âneries calamiteuses produites par la pseudo-science dans tous les domaines : histoire, économie, sociologie, pédagogie, biologie, écologie, climatologie, épidémiologie…

6. Le prétendu « État de droit » est un État contre la loi qui met les juges au dessus du peuple en leur donnant le pouvoir de lui imposer l’idéologie cosmopolite de l’oligarchie.
Il va de pair avec la judiciarisation des rapports sociaux qui résulte notamment de la création incessante de délits tels que la discrimination ou le harcèlement et qui accroît l’emprise de l’État sur les individus en vue de les soumettre au cosmopolitiquement correct.
Il est aggravé par la multiplication des « autorités administratives indépendantes », qui sont des démembrements de l’Etat et exercent un pouvoir arbitraire dépourvu de légitimité démocratique.
Il faut abolir le prétendu État de droit pour revenir à l’État légal, en sorte que les magistrats ne puissent plus juger contra legem, contre la loi, sans se rendre coupables du crime de forfaiture. Il faut abroger la plupart des délits inventés depuis 1968. Il faut supprimer toutes les autorités administratives indépendantes, sans aucune exception.

7. Le relativisme est une concession mortelle à l’idéologie cosmopolite de l’oligarchie.
Nous, nationaux-libéraux, nous osons affirmer la vérité en établissant des hiérarchies : le christianisme est supérieur aux autres religions ; la civilisation occidentale est supérieure aux autres civilisations ; la race caucasoïde est supérieure aux autres races ; la France éternelle est supérieure aux autres nations.

VII. De l’honneur et des principes

1. Sachant que le premier acte de la raison est la distinction entre le jugement de valeur et le jugement de connaissance, nous avons la religion de la vérité, au rebours des hommes de gauche, qui s’abîment dans les délires de la pseudo-science et de l’utopie.
Nous acceptons la vérité même quand elle est déplaisante et nous rejetons l’erreur même quand elle est séduisante.

2. Démocrates et républicains, les nationaux-libéraux sont de droite modérée, et non d’extrême droite, tout en proclamant : « Pas d’ennemi à droite ! »
La formule ne doit pas être prise à la lettre, car les candaules qui nous attaquent deviennent par là-même nos ennemis. Elle signifie simplement que nul ne devient notre ennemi parce qu’il serait trop à droite.

3. Nation et liberté sont inséparables.
Un bon nationaliste est forcément libéral. Un bon libéral est forcément nationaliste. Ils sont nationaux-libéraux.

4. Le national-libéralisme est fondé sur l’universalisme de l’Incarnation proclamé par le christianisme occidental et philosophiquement incontestable.
Il s’oppose radicalement au cosmopolitisme.
Toutes les valeurs authentiques, bien qu’issues de traditions diverses, sont universelles à un certain niveau d’abstraction et c’est la hiérarchie des valeurs qui définit l’identité culturelle des peuples et des civilisations.

5. Le national-libéralisme est l’expression doctrinale du populisme, réaction légitime des peuples contre les oligarchies.
C’est la bonne droite et la vraie réponse au cosmopolitisme, comme au collectivisme.

6. Devise des nationaux-libéraux : liberté individuelle, égalité civique, fraternité raciale.

7. Notre honneur tient dans la fidélité à nos principes.
C’est pourquoi nous nous engageons sans réserve pour la cause sacrée du salut de la patrie et de la civilisation.

Sagesse des nationaux-libéraux : sept fois sept apophtegmes

I. De l’identité

1. Ce n’est pas l’opinion qui fait l’identité, ce sont les ancêtres.

2. Nous sommes nos gènes, ou plus largement notre ADN, patrimoine héréditaire reçu par moitié de notre père et de notre mère.
L’identité est ce en quoi un être demeure identique à lui-même au cours du temps : notre identité individuelle s’est constituée à l’instant fatidique de la conception.

3. L’homme est par nature un être de culture.
L’éducation que l’enfant reçoit dans sa famille est un dressage qui met de l’ordre dans le chaos des instincts concurrents en les assujettissant à la volonté.

4. Les sociétés humaines sont des systèmes bioculturels.
Leur identité collective est assise sur le fonds génétique – la « race » au sens large – des populations qui les composent.

5. La nation est une communauté de destin historique fondée sur les liens du sang et constituée autour d’une ethnie prépondérante sur un territoire continu.
La race est une catégorie biologique, l’ethnie est une catégorie culturelle.

6. La nation est formée des vivants, des morts et de ceux qui vont naître.
C’est la chaîne des générations qui constitue l’identité de la nation, laquelle lui donne vocation à la souveraineté.

7. Il n’y a pas de nation sans préférence nationale
…laquelle légitime l’exclusion des étrangers quand celle-ci est utile aux nationaux.

II. De la tradition

1. La nation française est née au XIe siècle à l’issue d’un synécisme celto-romano-germanique autour de l’ethnie française sur le territoire du royaume capétien.

2. La nation française est d’origine indo-européenne, de race caucasoïde, de civilisation occidentale et de religion chrétienne.

3. Nous sommes fidèles à la tradition indo-européenne, qui a façonné la civilisation occidentale avec le christianisme.
Elle implique la hiérarchie des fonctions sociales : fonction souveraine, fonction guerrière, fonction productive. C’est pourquoi nous méprisons le matérialisme de la société marchande et nous admirons la grandeur de la France éternelle.

4. Contrairement à ce que prétend la gauche, la justice ne se confond nullement avec l’égalité.
La justice réside dans le respect intransigeant de règles de juste conduite issues de la tradition, comme le droit de propriété et la liberté d’entreprise, d’où résultent nécessairement de grandes inégalités parfaitement légitimes.

5. La colonisation française fut une grande œuvre civilisatrice dont nous devons être fiers et dont les peuples colonisés doivent nous être reconnaissants.

6. Les treize territoires extérieurs, appelés départements ou collectivités d’outre-mer, sauf l’île inhabitée de Clipperton, appartiennent à la nation française, mais ils n’en font pas partie.
Leurs habitants ne sont pas vraiment français, sauf exception.
Il faut y ajouter un quatorzième, la Corse, qui fait géographiquement, historiquement et culturellement partie de l’Italie, et non de la France.

7. L’Europe n’est qu’une expression géographique.
Il n’y a ni civilisation européenne ni race européenne ni ethnie européenne ni peuple européen. Il y a une civilisation occidentale, dont ne font partie ni la Russie ni les Balkans, une race caucasoïde, qui inclut des peuples non européens, une ethnie française, un peuple français.

III. De la race

1. La race est un fait d’observation élémentaire que la science confirme et précise.
Au sens strict, la race est, par définition, la subdivision de l’espèce dans la taxinomie linnéenne ; on parle aussi de variété ou de sous-espèce. L’espèce homo sapiens n’est pas divisée en trois races (blancs, jaunes, noirs), mais en cinq : caucasoïdes (ou « blancs »), mongoloïdes (ou « jaunes »), congoïdes, capoïdes et australoïdes, étant observé qu’il y a trois races de « noirs ».

2. L’égalité n’est pas dans la nature, ni entre les individus ni entre les races ni entre les sexes.

3. La question raciale est aujourd’hui centrale.
La couleur de la peau n’a pas d’importance, mais la race en a beaucoup.

4. Le PPCM, plan de promotion des congoïdes et du métissage, est un complot ourdi par le Congrès juif mondial.
C’est ce que révèle le caractère systématique et stéréotypé de ses manifestations dans la publicité et le cinéma. Le but est de détruire l’identité des nations occidentales en les transformant en sociétés multiraciales et multicommunautaires.

5. Dans un pays libre, il ne saurait y avoir de délit d’opinion.
Le racisme est une opinion. Les racistes doivent pouvoir s’exprimer librement, tout autant que les marxistes et les cosmopolites.

6. Si la haine raciale, comme toute forme de haine sociale, nous est étrangère, nous nous réclamons en revanche d’un racisme positif et républicain, sans haine et sans reproche, celui de Jules Ferry ou de Charles de Gaulle, qui est la conscience de race.

7. La liberté de discrimination est le premier des droits de l’homme, étant plus nécessaire encore que la liberté d’opinion ou la liberté de circulation.
Elle découle en particulier du droit de propriété.

IV. De l’assimilation

1. Les Français de sang sont les Français de race caucasoïde dont la majorité des ancêtres en l’an mil étaient des sujets chrétiens du royaume de France ou des provinces voisines annexées par la suite et qui en font encore partie aujourd’hui.
Les autres hommes sont des allogènes, quelle que soit leur nationalité, française ou étrangère.

2. Il y a trois sortes de Français selon la loi, les Français de sang, les Français d’adoption, allogènes assimilés, et les Français de papier, allogènes inassimilés.
Ces derniers ne sont pas de vrais Français et devront, en conséquence, être déchus de la nationalité française, qu’ils soient binationaux ou non.

3. Pour être assimilé, un immigré, c’est-à-dire un allogène, doit rejeter le communautarisme et se mêler aux Français de sang au lieu de rester à part avec ceux qui ont la même origine que lui.
Il faut donc qu’il parle français et qu’il ne pratique pas une religion l’excluant de la communauté nationale telle que le judaïsme ou l’islam.
La réémigration des masses inassimilées et inassimilables est un devoir sacré pour préserver l’identité nationale de la France.

4. Le grand remplacement est la conséquence de l’immigration, qui est elle-même la conséquence de l’antiracisme, lequel est, à son tour, la conséquence de la religion de la Choah : il s’ensuit que le grand remplacement est la conséquence de la religion de la Choah.

5. Les Juifs sont des immigrés comme les autres.
Expulsés de France en 1394, ils n’étaient que quelques milliers en 1789, lorsqu’ils ont été émancipés. Ils se sont introduits chez nous au XIXe et plus encore au XXe siècle.

6. Réinformation : il est absurde de parler de « judéo-christianisme ».
Le judaïsme actuel, qui est celui des pharisiens dont parle l’Évangile, est une religion orientale isomorphe de l’islam. Le judaïsme est un islam raciste. L’islam est un judaïsme universaliste.

7. Comme l’a enseigné Jean Bodin (1576), nous appelons république, du latin res publica, tout régime politique voué au bien commun et qui, en conséquence, défend l’identité raciale et culturelle de la cité ou de la nation, que ce régime soit monarchique, aristocratique ou démocratique.

V. Du cosmopolitisme

1. La gauche, expression idéologique de l’utopie égalitaire, est écartelée entre deux pôles antagonistes, le collectivisme et le cosmopolitisme.
L’envie et le mensonge sont les deux mamelles dont la gauche est alimentée.
Le cosmopolitisme, qui vient du fond des âges, puisqu’il fut inventé par Diogène le cynique en -350, a supplanté le marxisme, forme moderne du collectivisme, après la révolution de 1968 et il est devenu l’idéologie dominante mondiale.

2. Le cosmopolitisme, ou idéologie cosmopolitique, est un tout qui fait système.

Le cosmopolite, qui se dit « citoyen du monde » (kosmopolitès en grec) pour n’être citoyen de nulle part, veut détruire les frontières : les frontières extérieures et physiques qui séparent et distinguent les peuples, au nom de l’« unité du genre humain », de la « société ouverte », de la « diversité » ou du « vivre-ensemble », tout autant que les frontières intérieures et morales qui fondent les valeurs et les institutions de la société, au nom de la « lutte contre les discriminations », du « refus de l’exclusion » ou de l’« inclusion ».
Le détournement de compassion est un procédé inhérent à l’idéologie cosmopolite, qui fait couler les larmes de la subversion.

3. Le cosmopolitisme est mondialiste .

Il poursuit l’utopie d’un État mondial, empire où se dissoudraient les nations, et sape leur souveraineté en vue de les soumettre à une « gouvernance mondiale » dans le cadre d’un « nouvel ordre mondial ». C’est pourquoi il affirme la primauté du jus gentium, « droit international », il prescrit le droit d’ingérence au nom des « droits de l’homme », il instaure une justice supranationale et la « compétence universelle » des tribunaux pour punir les « crimes contre l’humanité ». Il multiplie les pseudo-traités qui font peser sur les États des obligations sans réciprocité au nom des droits de l’homme. Il exige l’indépendance des banques centrales pour abaisser les gouvernements.
Immigrationniste et libre-échangiste, le cosmopolitisme promeut en outre la financiarisation de l’économie dans un monde sans frontières livré à la spéculation, d’où la délocalisation des emplois, la soumission des entreprises au cosmopolitiquement correct au rebours de leur mission propre et la formation d’entreprises hors-sol dites abusivement « multinationales ».

4. Le cosmopolitisme est avant tout nihiliste.
Il subvertit les valeurs et les institutions pour faire table rase de l’identité des peuples. Il s’attaque à la nation, à la famille, à l’armée, à la religion, à la morale, à la science et à l’art. La liste de ses méfaits est interminable : repentance, religion de la Choah, antiracisme, féminisme, LGBT, antipsychiatrie, dégradation du français, invasion de l’anglais, décadence vestimentaire… ; et aussi, suppression du chef de famille, légitimation des enfants adultérins, divorce par consentement mutuel, légalisation de l’avortement, abolition de la peine de mort, légalisation de la pornographie, mariage homosexuel, promotion de la transsexualité, non-art dégénéré, danse et musique nègres, pédagogie libertaire, écriture inclusive…

5. La révolution est l’expression de la gauche en mouvement.
Elle est intrinsèquement perverse, sous toutes ses formes, puisqu’elle a pour objet d’abolir les traditions qui font l’identité du peuple. L’entreprise révolutionnaire conduite par les cosmopolites depuis 1968 pour démolir la nation a été ponctuée d’une série de lois scélérates, d’actes indignes, de symboles honteux : loi sur l’autorité parentale (1970), loi sur la filiation (1972), loi Pleven (1972), loi Veil (1975), loi Badinter (1981), loi Gayssot (1990), discours de Chirac sur le Vél’d’Hiv (1995), lois Taubira (2001, 2013), « plug anal » de la place Vendôme (2014), Simone Veil et Joséphine Baker au Panthéon (2018, 2021)… La réaction républicaine effacera toutes ces horreurs pour les renvoyer dans les poubelles de l’histoire.

6. Les valeurs républicaines authentiques – civilisation, patrie, ancêtres, fraternité raciale, identité ; égalité civique, ordre, sécurité ; honneur, héroïsme, devoir, fidélité, liberté individuelle, responsabilité… – sont toutes contraires au cosmopolitisme.

7. Nous ne sommes plus en république.
La loi Pleven du 1er juillet 1972, qui a proscrit la préférence nationale et créé le délit d’opinion au nom de l’antiracisme, a aboli la république pour établir l’État cosmopolite à la place.

VI. De l’oligarchie

1. Nous ne sommes plus en démocratie.
Le peuple ayant été domestiqué et réduit à l’état de foule par la peur de la catastrophe, climatique ou sanitaire, l’État français n’a plus que les apparences formelles de la démocratie. C’est aujourd’hui en réalité un régime oligarchique. Dans cette pseudo-démocratie, l’oligarchie invoque l’autorité fallacieuse des techniciens et des experts de tout poil qui sont à son service pour asservir le peuple en étouffant le débat politique.

2. La superclasse mondiale qui s’est formée à la fin du XXe siècle et l’oligarchie cosmopolite qui la représente dans chaque pays ne sont pas pour nous des adversaires, mais des ennemies.
Elles veulent détruire la nation et la civilisation. Aucun compromis n’est possible avec elles.

3. Définition : nous appelons superstructure mondiale le système de pouvoir formé depuis 1945 par les prétendues « organisations internationales », qui sont en réalité supranationales, telles que l’ONU, l’OMS, le GIEC, l’UNESCO, le FMI, l’OCDE, l’Union européenne, le Conseil de l’Europe, la Cour européenne des droits de l’homme, le Tribunal pénal international, etc., et par les milliers d’ONG, « organisations non gouvernementales », qui gravitent autour de celles-ci, comme Greenpeace ou Amnesty International.
La superstructure mondiale est le principal instrument de la superclasse mondiale.

4. Définition : les candaules, désignés ainsi par antonomase du nom du roi Candaule et pour traduire l’anglais cuck, sont les hommes classés à droite, mais soumis au cosmopolitiquement correct imposé par l’oligarchie.
Nous devons les dénoncer comme tels.

5. L’oligarchie cosmopolite propage les âneries calamiteuses produites par la pseudo-science dans tous les domaines : histoire, économie, sociologie, pédagogie, biologie, écologie, climatologie, épidémiologie…

6. Le prétendu « État de droit » est un État contre la loi qui met les juges au dessus du peuple en leur donnant le pouvoir de lui imposer l’idéologie cosmopolite de l’oligarchie.
Il va de pair avec la judiciarisation des rapports sociaux qui résulte notamment de la création incessante de délits tels que la discrimination ou le harcèlement et qui accroît l’emprise de l’État sur les individus en vue de les soumettre au cosmopolitiquement correct.
Il est aggravé par la multiplication des « autorités administratives indépendantes », qui sont des démembrements de l’Etat et exercent un pouvoir arbitraire dépourvu de légitimité démocratique.
Il faut abolir le prétendu État de droit pour revenir à l’État légal, en sorte que les magistrats ne puissent plus juger contra legem, contre la loi, sans se rendre coupables du crime de forfaiture. Il faut abroger la plupart des délits inventés depuis 1968. Il faut supprimer toutes les autorités administratives indépendantes, sans aucune exception.

7. Le relativisme est une concession mortelle à l’idéologie cosmopolite de l’oligarchie.
Nous, nationaux-libéraux, nous osons affirmer la vérité en établissant des hiérarchies : le christianisme est supérieur aux autres religions ; la civilisation occidentale est supérieure aux autres civilisations ; la race caucasoïde est supérieure aux autres races ; la France éternelle est supérieure aux autres nations.

VII. De l’honneur et des principes

1. Sachant que le premier acte de la raison est la distinction entre le jugement de valeur et le jugement de connaissance, nous avons la religion de la vérité, au rebours des hommes de gauche, qui s’abîment dans les délires de la pseudo-science et de l’utopie.
Nous acceptons la vérité même quand elle est déplaisante et nous rejetons l’erreur même quand elle est séduisante.

2. Démocrates et républicains, les nationaux-libéraux sont de droite modérée, et non d’extrême droite, tout en proclamant : « Pas d’ennemi à droite ! »
La formule ne doit pas être prise à la lettre, car les candaules qui nous attaquent deviennent par là-même nos ennemis. Elle signifie simplement que nul ne devient notre ennemi parce qu’il serait trop à droite.

3. Nation et liberté sont inséparables.
Un bon nationaliste est forcément libéral. Un bon libéral est forcément nationaliste. Ils sont nationaux-libéraux.

4. Le national-libéralisme est fondé sur l’universalisme de l’Incarnation proclamé par le christianisme occidental et philosophiquement incontestable.
Il s’oppose radicalement au cosmopolitisme.
Toutes les valeurs authentiques, bien qu’issues de traditions diverses, sont universelles à un certain niveau d’abstraction et c’est la hiérarchie des valeurs qui définit l’identité culturelle des peuples et des civilisations.

5. Le national-libéralisme est l’expression doctrinale du populisme, réaction légitime des peuples contre les oligarchies.
C’est la bonne droite et la vraie réponse au cosmopolitisme, comme au collectivisme.

6. Devise des nationaux-libéraux : liberté individuelle, égalité civique, fraternité raciale.

7. Notre honneur tient dans la fidélité à nos principes.
C’est pourquoi nous nous engageons sans réserve pour la cause sacrée du salut de la patrie et de la civilisation.

Notre programme

Avec Henry de Lesquen, agissons pour que la France redevienne la France.

IMMIGRATION

Nous voulons mettre fin à l’immigration-invasion. Cela nécessite deux conditions et huit mesures phares parmi lesquelles figure l’abolition du droit d’asile. L’asile doit être une faveur, non un droit. Nous souhaitons également engager une grande politique nationale de réémigration des populations extra-européennes qui ne souhaitent pas ou qui ne peuvent pas s’assimiler à la culture française.

Notre plan se déroulera en trois actes : une réforme de la constitution, une grande loi sur l’immigration, et un départ d’au moins 2 millions d’immigrés en 5 ans.

DROIT DE LA NATIONALITÉ

Nous voulons réformer le droit de la nationalité. Nous proposons 10 articles au lieu de 114 actuellement.

JUSTICE ET SÉCURITÉ

Nous supprimerons l’État de droit. L’État de droit est contraire à la république, qui suppose l’État légal, où les juges sont soumis à la loi.

Nous voulons rétablir la sécurité dans notre pays. L’ordre sera rétabli dans les zones de non-droit, au besoin par l’armée. Il y aura de véritables peines-planchers pour tous les crimes et délits. Les honnêtes gens pourront porter une arme.

DÉMOCRATIE

Nous souhaitons rétablir la démocratie en France. Ce projet ne pourra se réaliser que s’il y a primauté de la loi française sur le droit international. Nous souhatons restaurer la liberté d’expression en abrogeant le dispositif criminel et arbitraire que représente la législation antiraciste. 

La liberté de discrimination, premier des droits de l’homme, sera pleinement restaurée. 

RÉFORME TERRITORIALE ET DÉMOCRATIE LOCALE

Nous proposons une nouvelle réforme territoriale couplée à un développement de la démocratie locale. La France sera divisée en 26 régions fondées sur l’histoire et la géographie. Nous supprimerons les départements et transférerons leurs compétences aux nouvelles régions.

Nous traiterons définitivement la question corse. Nous rétablirons définitivement l’ordre en Corse en mettant en œuvre les ressources de l’état d’urgence. Nous abolirons les privilèges et aberrations juridiques et fiscaux pour favoriser le développement de l’île. Nous accorderons à la Corse une large autonomie.

ÉCONOMIE

Nous voulons redresser l’économie française en libéralisant le marché du travail. La liberté du commerce et de l’industrie sera inscrite dans la constitution. La loi en tirera toutes les conséquences. Le contrat pourra déroger au code du travail et le SMIC sera supprimé. La préférence nationale sera instituée.

ENSEIGNEMENT

Nous avons pour projet de rénover l’enseignement en France en mettant fin à l’égalitarisme scolaire. Nous proposons une privatisation de l’ensemble de l’enseignement français. Les enseignants ne seront plus fonctionnaires. Les programmes viseront l’excellence et seront adaptés aux capacités des élèves. Nous engagerons également la suppression du collège unique.

FAMILLE

Nous voulons ressusciter la famille. La constitution proclamera que le mariage ne peut unir que 2 personnes de sexe opposé. L’autorité du chef de famille sera restaurée. Nous souhaitons établir un suffrage universel authentique. Le chef de famille votera pour ses enfants mineurs.

La loi Veil sera abrogée. Retour au code pénal de 1810 : avortement tenu pour un crime et passible de prison. La loi ne doit autoriser l’avortement volontaire que dans 2 cas : la femme a été violée ; la grossesse met la femme en danger.

IDENTITÉ NATIONALE

Nous voulons faire respecter notre identité nationale. La circoncision rituelle des enfants sera interdite. L’égorgement rituel des animaux sera prohibé. Le port du voile islamique sera proscrit. Le processus de construction des minarets et des mosquées–cathédrales sera arrêté.

Nous voulons promouvoir un racisme républicain, positif, sans haine et sans reproche.

DÉFENSE NATIONALE ET POLITIQUE ÉTRANGÈRE

Nous voulons réorienter la politique étrangère de la France. Celle-ci aura pour principes la souveraineté, le rang, la grandeur ; pour objectifs la puissance, l’indépendance, la paix. La France maintiendra et développera sa force de frappe nucléaire. Nous augmenterons les dépenses militaires à 4% du PIB (moins de 3% actuellement).

 —

POLITIQUE CULTURELLE

Notre nouvelle politique culturelle sera l’amorce d’une renaissance culturelle de la France, qui a vocation à la grandeur. L’Etat combattra le cosmopolitisme culturel et l’art dégénéré qui en est le produit. La pornographie sera interdite.

« Je porte un programme nationaliste, libéral, démocrate, républicain, traditionaliste, identitaire, populiste : national-libéral. Le national-libéralisme est l’expression doctrinale du populisme de droite. Il est la réponse au cosmopolitisme et à l’étatisme. »

Campagne 2017

Avec Henry de Lesquen, agissons pour que la France redevienne la France. 

IMMIGRATION

Je veux mettre fin à l’immigration-invasion. Cela nécessite deux conditions et huit mesures phares parmi lesquelles figure l’abolition du droit d’asile. L’asile doit être une faveur, non un droit. Je souhaite également engager une grande politique nationale de réémigration des populations extra-européennes qui ne souhaitent pas ou qui ne peuvent pas s’assimiler à la culture française.

Mon plan se déroulera en trois actes : une réforme de la constitution, une grande loi sur l’immigration, et un départ d’au moins 2 millions d’immigrés en 5 ans.

DROIT DE LA NATIONALITÉ

Je veux réformer le droit de la nationalité. Je propose 10 articles au lieu de 114 actuellement.

JUSTICE ET SÉCURITÉ

Je supprimerai l’État de droit. L’État de droit est contraire à la république, qui suppose l’État légal, où les juges sont soumis à la loi.

Je veux rétablir la sécurité dans notre pays. L’ordre sera rétabli dans les zones de non-droit, au besoin par l’armée. Il y aura de véritables peines-planchers pour tous les crimes et délits. Les honnêtes gens pourront porter une arme.

DÉMOCRATIE

Je souhaite rétablir la démocratie en France. Ce projet ne pourra se réaliser que s’il y a primauté de la loi française sur le droit international. Je souhaite restaurer la liberté d’expression en abrogeant le dispositif criminel et arbitraire que représente la législation antiraciste. 

La liberté de discrimination, premier des droits de l’homme, sera pleinement restaurée. 

RÉFORME TERRITORIALE ET DÉMOCRATIE LOCALE

Je propose une nouvelle réforme territoriale couplée à un développement de la démocratie locale. La France sera divisée en 26 régions fondées sur l’histoire et la géographie. Je supprimerai les départements et transférerai leurs compétences aux nouvelles régions.

Une fois élu, je traiterai définitivement la question corse. Je rétablirai définitivement l’ordre en Corse en mettant en œuvre les ressources de l’état d’urgence. J’abolirai les privilèges et aberrations juridiques et fiscaux pour favoriser le développement de l’île. J’accorderai à la Corse une large autonomie.

ÉCONOMIE

Je veux redresser l’économie française en libéralisant le marché du travail. La liberté du commerce et de l’industrie sera inscrite dans la constitution. La loi en tirera toutes les conséquences. Le contrat pourra déroger au code du travail et le SMIC sera supprimé. La préférence nationale sera instituée.

ENSEIGNEMENT

J’ai pour projet de rénover l’enseignement en France en mettant fin à l’égalitarisme scolaire. Je propose une privatisation de l’ensemble de l’enseignement français. Les enseignants ne seront plus fonctionnaires. Les programmes viseront l’excellence et seront adaptés aux capacités des élèves. J’engagerai également la suppression du collège unique.

FAMILLE

Je veux ressusciter la famille. La constitution proclamera que le mariage ne peut unir que 2 personnes de sexe opposé. L’autorité du chef de famille sera restaurée. Je souhaite établir un suffrage universel authentique. Le chef de famille votera pour ses enfants mineurs.

La loi Veil sera abrogée. Retour au code pénal de 1810 : avortement tenu pour un crime et passible de prison. La loi ne doit autoriser l’avortement volontaire que dans 2 cas : la femme a été violée ; la grossesse met la femme en danger.

IDENTITÉ NATIONALE

Je veux faire respecter notre identité nationale. La circoncision rituelle des enfants sera interdite. L’égorgement rituel des animaux sera prohibé. Le port du voile islamique sera proscrit. Le processus de construction des minarets et des mosquées – cathédrales sera arrêté.

Je veux promouvoir un racisme républicain, positif, sans haine et sans reproche.

DÉFENSE NATIONALE ET POLITIQUE ÉTRANGÈRE

Je veux réorienter la politique étrangère de la France. Celle-ci aura pour principes la souveraineté, le rang, la grandeur ; pour objectifs la puissance, l’indépendance, la paix. La France maintiendra et développera sa force de frappe nucléaire. J’augmenterai les dépenses militaires à 4% du PIB (moins de 3% actuellement).

POLITIQUE CULTURELLE

Ma nouvelle politique culturelle sera l’amorce d’une renaissance culturelle de la France, qui a vocation à la grandeur. L’Etat combattra le cosmopolitisme culturel et l’art dégénéré qui en est le produit. La pornographie sera interdite.

« Je porte un programme nationaliste, libéral, démocrate, républicain, traditionaliste, identitaire, populiste : national-libéral. Le national-libéralisme est l’expression doctrinale du populisme de droite. Il est la réponse au cosmopolitisme et à l’étatisme. »

avecheynr

Zoroastre et nous : Les origines zoroastriennes de l’Occident chrétien

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« Zoroastre, tout en se jetant passionnément dans l’évidence du monothéisme, n’a pas voulu laisser perdre la distinction des fonctions de souveraineté mystique, de puissance combattante et de fécondité. (…) Sacrifiant ses mythes, il en a gardé l’essentiel, l’armature philosophique, pour l’appliquer à l’analyse ardente de l’objet nouveau de sa foi : le dieu unique, créateur et maître universel. »

Georges Dumézil

Résumé

Du monothéisme à la résurrection des morts, les dogmes du zoroastrisme, religion des anciens Perses, se retrouvent dans le christianisme. Or, l’Avesta, le livre saint du zoroastrisme, est antérieur de plusieurs siècles à la rencontre des Juifs et des Perses, qui s’est produite en 539 avant Jésus-Christ, quand l’empereur Cyrus a pris Babylone, où les Juifs avaient été déportés. Il faut donc en conclure que le judaïsme de l’Ancien Testament a hérité des dogmes zoroastriens après cette date et qu’il les a transmis au christianisme.

*

Les chrétiens savent bien ce qu’ils doivent au judaïsme de l’Ancien Testament, mais ils ignorent absolument, à de rares exceptions près, que ce dernier, à son tour, avait une dette considérable envers le zoroastrisme qui l’avait précédé. Le christianisme a donc des origines zoroastriennes. Or, cette vérité étrangement méconnue n’intéresse pas seulement les chrétiens eux-mêmes, mais tous les Occidentaux, chrétiens ou non, puisque la civilisation occidentale est d’essence chrétienne.

Concordance des dogmes

Le zoroastrisme ou mazdéisme était la religion des anciens Iraniens (Perses, Mèdes, Parthes), qui formaient avec les Indiens, ou plus précisément avec les Indo-Aryas, la branche orientale, dite indo-iranienne, de la famille des peuples indo-européens. Il est encore pratiqué par quelque 200.000 fidèles dans le monde, surtout en Iran (guèbres ou zarthoshtis) et en Inde (appelés parsis, c’est-à-dire Persans, parce qu’ils descendent d’immigrés venus d’Iran pour fuir les persécutions). Cette religion tire le premier de ses deux noms de son fondateur, le prophète Zoroastre, alias Zarathoustra, le second de son Dieu, Ahura Mazda. Au XVIIe siècle, lorsque les Occidentaux ont découvert le zoroastrisme, dont le souvenir s’était perdu depuis les Grecs de l’Antiquité et dont ceux-ci, du reste, n’avaient eux-mêmes qu’une vague notion, et surtout après la première traduction de son livre saint, l’Avesta, en 1771, ils ont été frappés des affinités qu’il avait avec le christianisme. La concordance des dogmes est en effet confondante.

Le zoroastrisme croit en un Dieu unique, Ahura Mazda, le Seigneur Sagesse, qui est infiniment bon et qui a créé le monde. Il est entouré d’un cortège d’archanges, les immortels bienfaisants, ameshas spentas, et de simples anges, yazatas. Ahura Mazda a créé l’Esprit Saint, Esprit du Bien, Spenta Manyu, et l’Esprit du Mal, Angra Manyu, qui a choisi en toute liberté, comme Satan, de s’opposer à Dieu, et qui est assisté par une foule de démons, daevas.

Le zoroastrisme est une religion de salut. Il croit à la vie éternelle, au jugement de l’âme après la mort, à la rétribution des bonnes et des mauvaises pensées, paroles et actions, à l’enfer et au paradis (mot d’origine perse) – eschatologie individuelle. Il croit aussi au Sauveur, Saushyant, qui reviendra à la fin du monde, à la résurrection des morts, au jugement dernier et à l’avènement du Royaume de Dieu – eschatologie collective.

On notera la même incongruité apparente que dans le christianisme, incongruité qui résulte de la superposition des deux eschatologies, le jugement dernier qui a lieu à la fin du monde paraissant faire double emploi avec le jugement particulier prononcé immédiatement après la mort.

(Le problème avait troublé le pape Jean XXII. Il est revenu à son successeur, Benoît XII, de lui apporter une solution définitive, ex cathedra, en 1336, dans la constitution Benedictus Deus. Cf. Gervais Dumeige, La Foi catholique, pp. 510-511.)

Le zoroastrisme est une religion universaliste, qui s’adresse à tous les hommes, et non à un peuple particulier (bien que les survivants, gardiens de la flamme, aient eu tendance à se replier sur eux-mêmes sous l’effet des persécutions après la conquête musulmane).

La concordance ne se limite pas aux dogmes, elle s’étend à la morale. Le zoroastrisme professe une morale universelle, la même pour tous les hommes, qui rompt avec les morales particulières de l’ancienne religion indo-iranienne (cf. la notion de dharma dans l’hindouisme). Il appelle ses fidèles à choisir le bien et la vérité, à combattre le mal et le mensonge. La morale sexuelle du zoroastrisme condamne l’onanisme et l’avortement. Elle interdit aussi l’homosexualité, à la différence de l’hindouisme et du bouddhisme, mais comme le christianisme, le judaïsme et l’islam.

Le zoroastrisme connaît deux façons d’effacer les péchés, qui sont les mêmes que dans le catholicisme : la confession à un prêtre des péchés que l’on a commis en pensée, en parole et par action, et la réversibilité des mérites, laquelle justifie la prière pour les défunts. L’administration du breuvage sacré, le haoma, aux mourants, comme viatique, aliment d’immortalité, fait irrésistiblement penser au sacrement de l’extrême-onction. A noter que les saints du zoroastrisme ont sur la tête une auréole. On voit que le catholicisme est plus zoroastrien que le protestantisme.

Cette similitude des deux religions, zoroastrisme et christianisme, ne peut être le fait du hasard. De nombreux auteurs en ont inféré que la première avait influencé la seconde. Le grand orientaliste belge Jacques Duchesne-Guillemin (1910-2012) en a dressé la liste en 1962 : “L’influence de l’Iran sur la religion juive d’après l’exil a été estimée décisive non seulement par des iranistes tels que L. Mills, qui en a traité dans plusieurs livres (1906, 1913)…, mais aussi par de nombreux théologiens comme Stave (1898), E. Böklen (1902), Bousset (1926)… La même opinion est aussi défendue par un savant qui semble chez lui aussi bien dans les études sémitiques qu’iraniennes, G. Widengren (1957, 1960)… L’historien E. Meyer (1921) partageait aussi ces vues… Von Gall (1926) donne un catalogue détaillé des points de ressemblance, concluant toujours à une dépendance du judaïsme par rapport à l’Iran… Beaucoup de savants acceptent encore cette hypothèse comme un fait établi” (La religion de l’Iran ancien, p. 258).

En 1977, Duchesne-Guillemin s’est rallié ouvertement à cette conclusion, quoique en termes prudents : “Il est vraisemblable que le zoroastrisme a influencé le développement du judaïsme et la naissance du christianisme… Après l’exil, le salut d’Israël devait advenir dans le cadre d’un renouveau général ; l’avènement d’un sauveur signifierait la fin de ce monde et la naissance d’une nouvelle création ; le jugement d’Israël deviendrait un jugement général divisant l’humanité entre le bien et le mal. Ce concept nouveau, à la fois universel et éthique, rappelle si fortement l’Iran que beaucoup de savants l’attribuent à l’influence de ce pays” (“Zoroastrianism and Parsiism”, pp. 1171-1172).

Geo Widengren (1907-1996), savant suédois non moins éminent, estimait que l’Ancien Testament avait reçu l’empreinte du zoroastrisme à la suite de l’exil des Juifs à Babylone. “Certains facteurs ont conféré à la religion iranienne une grande influence. Nous pensons avant tout à sa force spéculative, qui a visiblement impressionné les fidèles des religions voisines… Avec la religion iranienne, nous avons pour la première fois une conception théologique de l’histoire ; or, celle-ci jouera plus tard, dans l’Occident chrétien, un rôle de premier plan… C’est de l’Iran que procède toute eschatologie et toute apocalyptique. La doctrine des périodes et la résurrection des corps sont des dogmes spécifiquement iraniens et ils ont fait leur chemin depuis… Sous toutes ses formes, la religion iranienne est une religion du salut. Tout est centré sur le salut individuel et communautaire. On comprend dès lors que la personne du rédempteur, de celui que Dieu charge de la révélation, occupe une place centrale… Le divin rédempteur descend sur terre et accepte de naître ici-bas sous forme humaine afin de sauver l’humanité… Si l’on jette un regard d’ensemble sur l’histoire du judaïsme, du christianisme et de l’islam au Proche-Orient, on voit avec évidence que, depuis les Achéménides, la religion iranienne a exercé sur la vie religieuse de tout l’Orient une influence durable et décisive… L’influence spirituelle de l’Iran se fit sentir parce que ses échanges culturels étaient intenses et que, sa religion possédant une énergie intrinsèque, les valeurs principales en furent peu à peu connues et plus ou moins parfaitement assimilées” (Les religions de l’Iran, pp. 392-393).

Duchesne-Guillemin et Widengren étaient les deux plus grands spécialistes du zoroastrisme et de l’Iran ancien au XXe siècle. Leur opinion a donc du poids.

Robert Charles Zaehner (1913-1974), éminent orientaliste lui aussi, a abondé dans leur sens : « La doctrine de Zoroastre sur les récompenses et les peines, sur une éternité de béatitude et une éternité de malheur attribuées aux hommes bons et mauvais dans une autre vie au delà de la tombe est similaire de façon si frappante à l’enseignement chrétien que l’on ne peut manquer de se demander si une influence directe n’est pas ici à l’œuvre. Il faut répondre : “oui” sans aucun doute, car les similitudes sont si grandes et le contexte historique si nettement pertinent qu’il faudrait pousser le scepticisme bien trop loin pour refuser de tirer la conclusion évidente… La théorie d’une influence zoroastrienne directe sur le judaïsme post-exilique [après -539] explique l’abandon soudain de la part des Juifs de la vieille idée du shéol, existence vague et impersonnelle qui est le lot de tous les hommes, sans considération de ce qu’ils ont fait sur terre, et l’adoption soudaine, précisément à l’époque où les Juifs exilés entrent en contact avec les Mèdes et les Perses, de l’enseignement du prophète iranien concernant l’au-delà. Ainsi, c’est Daniel, prétendument ministre de “Darius le Mède”, qui parle pour la première fois clairement de l’immortalité et du châtiment éternel. “Beaucoup de ceux qui dorment sur cette terre de poussière”, écrit-il, “s’éveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte et l’opprobre éternelles” (Daniel, XII 2). Ainsi, dès le moment où les Juifs sont entrés pour la première fois en contact avec les Iraniens, ils ont adopté la doctrine typiquement zoroastrienne d’une vie individuelle dans l’au-delà où l’on jouit des récompenses et où l’on endure les châtiments. Cette espérance zoroastrienne n’a cessé de progresser en terrain sûr pendant la période intertestamentaire et, à l’époque du Christ, elle fut soutenue par les pharisiens, dont le nom lui-même a été interprété par certains savants comme signifiant “Perses”, autrement dit la secte la plus ouverte à l’influence perse. Ainsi l’idée de la résurrection des corps à la fin des temps fut-elle aussi probablement propre au zoroastrisme, bien qu’elle se fût manifestée chez les Juifs, car les germes de l’eschatologie ultérieure étaient déjà présents dans les Gâthâs » (Dawn and twilight of zoroastrianism, pp. 37-38). Il est à noter que Zaehner était catholique et donc peu suspect de mauvaises intentions.

Le cardinal Franz König (1905-2004), archevêque de Vienne, a prononcé le 24 octobre 1976, trois ans avant la révolution islamique, une conférence historique à l’université de Téhéran, capitale de l’Iran, sur “L’influence du zoroastrisme dans le monde”. C’était la première fois qu’un haut dignitaire de l’Eglise catholique s’exprimait officiellement sur le sujet, ès qualités, bien que le cardinal König eût publié antérieurement, en 1964, un livre personnel où il évoquait déjà cette problématique (Zarathustras Jenseitsvorstellungen und das Alte Testament, Herder, Fribourg-en-Brisgau, Allemagne). Il relève dans sa conférence que “la première rencontre de l’Iran avec la religion juive eut lieu à l’époque de Cyrus”. Puis il s’interroge : “La grande question est de savoir si, et dans quelle mesure, les concepts religieux du zoroastrisme ont influencé le christianisme par l’intermédiaire du judaïsme.” “La Bible a-t-elle une dette envers l’Iran ?” Il se réfère au “fameux iranologue suédois, G. Widengren”, dont il rapporte l’opinion avec respect et dont il fait une citation proche de celle qui figure ci-dessus, quoique “l’évidence” ne soit plus ici qu’une “très nette impression” : “Quand on considère l’histoire du judaïsme, du christianisme et de l’islam, on a la très nette impression que, spécialement depuis les Achéménides, la religion iranienne n’a pas cessé d’exercer une influence décisive sur la vie religieuse de l’Orient” (“Stand und Aufgaben der iranischen Religionsgeschichte”, Numen, 2, p. 131). Le cardinal souligne devant un public en grande partie musulman que, pour Widengren, l’influence spirituelle de l’Iran ne s’est pas seulement exercée sur le judaïsme et le christianisme, mais aussi sur l’islam.

Le cardinal König mentionne aussi plusieurs autres auteurs importants qui partageaient l’opinion de Widengren (et que Duchesne-Guillemin n’avait pas cités) : l’historien allemand Ernst Kornemann (1868-1946), le philologue danois Arthur Christensen (1875-1945). Il estime quand même prudemment “qu’un tel degré de dépendance des Saintes Ecritures chrétiennes envers la pensée de Zoroastre ne peut être prouvé”. Cependant, ajoute-t-il, “il est acquis aujourd’hui que Zoroastre n’a pas pu emprunter ses idées d’une quelconque révélation originale des prophètes de l’Ancien Testament, mais au contraire que le christianisme a assimilé certains éléments des idées de Zoroastre, à travers l’Ancien Testament”. Et il conclut : “Nous avons maintenant tendance, c’est sûr, à traiter des connexions historiques entre la Bible chrétienne et les écrits de Zoroastre avec davantage de prudence qu’aux débuts de l’histoire comparée des religions. Néanmoins, il demeure certain que l’influence de Zoroastre est largement admise dans l’espace et le temps, et que ses idées ont apporté d’importantes contributions à la formation de la pensée européenne.”

Si l’on fait la part de la prudence ecclésiastique fort compréhensible de la part d’un haut dignitaire de l’Eglise catholique, on voit bien que le cardinal König ne récusait pas la thèse de la filiation énoncée par Duchesne-Guillemin, Widengren, Zaehner et autres auteurs. Celle-ci n’a en effet rien de scandaleux pour un chrétien. Un Père de l’Eglise, Clément d’Alexandrie, qui vivait au IIe siècle, nous a enseigné qu’une inspiration divine avait été donnée à certains “païens” pour préparer l’accueil de l’Evangile, autrement dit que le don de la prophétie n’avait pas été réservé aux Israélites de l’Ancien Testament. Si le Saint-Esprit a parlé par les prophètes, comme nous le dit le Credo, il faut comprendre qu’il a parlé en premier lieu par Zoroastre, le prophète de l’Iran, en lui inspirant ces croyances sublimes qui ont été transmises par les Israélites et qui sont parvenues jusqu’à nous grâce à la Révélation chrétienne.

L’an 539 avant Jésus-Christ

La date cruciale, c’est -539 (539 avant J.-C.), quand Cyrus le grand acheva la construction de l’empire perse achéménide par la prise de Babylone, où les Juifs (appelés ici aussi bien et indifféremment Hébreux ou Israélites) avaient été déportés par Nabuchodonosor soixante ans plus tôt (en -597) et où ils étaient réduits en esclavage. Cyrus a libéré les Juifs, qui l’ont dès lors vénéré comme “l’Oint du Seigneur”, hébreu mashia’h, Messie (Isaïe, XLV 1). Le point essentiel est qu’il n’y avait jamais eu de contacts entre Juifs et Perses avant -539 et qu’au contraire ces contacts ont été des plus étroits après cette date, qu’ils n’ont pas cessé pendant toute la durée de l’empire achéménide, jusqu’à sa chute avec la victoire d’Alexandre le grand en -330, et qu’ils ont continué sous l’empire macédonien des Séleucides (de -305 à -64) et sous l’empire parthe des Arsacides (de -250 à 224), les Juifs n’ayant jamais quitté Babylone. On peut même parler de symbiose entre Juifs et Perses si l’on songe à Esdras et Néhémie, hauts fonctionnaires de l’Etat perse, et à Esther (dont le nom vient du vieux-perse stâra, étoile), qui a enjôlé Assuérus, soit Xerxès Ier, lequel régna sur l’empire perse de -486 à -465 et fut défait par les Grecs à Salamine en -480.

(Si les Juifs avaient déjà eu des relations avec des zoroastriens avant Cyrus, depuis la déportation à Babylone en -597, elles n’ont pu être que marginales et hostiles, donc négligeables. Voir Jérémie, XXXIX 3, 13, et Ezéchiel, VIII 16-17. On peut en dire autant de la déportation en Assyrie et en Médie qui a suivi la prise du royaume de Samarie par le roi d’Assyrie Sargon II en -721, puisque celle-ci n’a pas concerné le royaume de Juda et que les Samaritains n’étaient pas de vrais Juifs, étant observé de surcroît que les Mèdes ne se sont convertis au zoroastrisme qu’après la conquête de leur pays par les Perses de Cyrus en -549. Voir II Rois, XVII 24 et XVIII 11.)

Or, en -539, l’Avesta, le livre saint du zoroastrisme, était composé depuis plusieurs siècles. (Il était donc aussi largement antérieur à la déportation des habitants de la Samarie en -721 et à celle des habitants de la Judée en -597.) Le premier Avesta, dit “Avesta ancien”, qui contient les Gâthâs, chants attribués au prophète Zoroastre, peut être daté de -1200 environ. Le second Avesta, dit “récent” (tout est relatif), de -800 au plus tard.

L’archaïsme de l’Avesta est établi en premier lieu par son contenu. Celui-ci nous apprend qu’il a été écrit à l’âge du bronze, donc avant -800. “[Selon Wilhelm Geiger,] l’Avesta dans son ensemble révèle une culture matérielle très primitive, qui ignore le sel, le verre, la monnaie, les métaux autres que le bronze. Il émane d’un milieu radicalement étranger à la civilisation de l’empire achéménide. Il a donc été composé avant la constitution des empires mède [-678] et perse [-539]. La civilisation de l’Avesta est très vieille.” Et encore : “Les Gâthâs sont plus archaïques que le reste de l’Avesta, qui est lui-même remarquablement primitif et était entièrement constitué avant la fondation des empires occidentaux [mède et perse]” (Jean Kellens, La quatrième naissance de Zarathushtra, p. 33).

Duchesne-Guillemin remarque que Zoroastre ignorait la civilisation urbaine, alors que les fouilles archéologiques ont montré que celle-ci apparaissait en Chorasmie, le pays du prophète, dès la première moitié du Ier millénaire avant notre ère (La religion de l’Iran ancien, p. 140, et “L’Iran antique et Zoroastre”, pp. 625 et 656). “Il est certain que la prédication de Zarathustra s’est faite loin de tout contact avec l’Iran occidental et assez longtemps avant l’avènement des Achéménides” (Zoroastre, p. 124).

(L’Iran s’étendait jadis beaucoup plus au nord, en Asie centrale, dans ce qui est devenu le Turkestan, le pays des Turcs – lesquels ne sont pas des Indo-Européens, est-il besoin de le rappeler ? Les invasions turques l’ont fait reculer vers le sud jusqu’à ses frontières actuelles. L’ancienne Chorasmie, actuel Khwarezm, était selon l’Avesta l’Airyanem Vaejo, “le pays arya”, expression qui a donné son nom à l’Iran tout entier, sachant que “Aryas” était l’appellation que se donnaient les Indo-Iraniens indivis et que les deux branches, indienne et iranienne, l’ont conservée après la scission, laquelle s’est produite entre -1800 et -1600. La Chorasmie appartient aujourd’hui à l’Ouzbékistan, le pays des Ouzbeks, qui sont une variété de Turcs. Cette province est située à l’est de la mer Caspienne, au bord sud de la mer d’Aral, sur les rives de l’Amou-Daria, anciennement l’Oxus, et contient la ville turque historique de Khiva, fondée au VIe siècle après J.-C..)

L’archaïsme des Gâthâs est aussi prouvé par leur similarité avec les Védas, les livres saints de l’hindouisme. “Les Gâthâs sont des hymnes analogues aux hymnes védiques et les nombreux parallèles formulaires entre les deux corpus démontrent que l’un et l’autre sont l’aboutissement d’une même tradition littéraire hymnologique et le produit d’une même vision ritualiste du culte. Ce constat est un acquis définitif” (Jean Kellens, op. cit., pp. 124-125). Gâthâs et Védas ne peuvent donc avoir été composés trop longtemps après la séparation des Indiens et des Iraniens, qui s’est produite, on l’a vu, entre -1800 et -1600.

En second lieu, l’archaïsme de l’avestique, la langue de l’Avesta, sous ses deux formes, propres respectivement au premier et au second Avesta, confirme la datation haute, celle que nous avons donnée ci-dessus. Il n’y a plus de doute à cet égard depuis un article de Karl Hoffmann en 1958 et un autre de Michel de Vaan en 2003. “L’archaïsme linguistique des Gâthâs est justifié par la complexité du système des pronoms enclitiques, le système verbal opposant le présent à l’aoriste et la trace laissée sous forme d’hiatus par les laryngales intervocaliques” (ibidem, p. 74). Et encore : “Nous devons à l’école d’Erlangen et à quelques savants qui pratiquent le même comparatisme indo-iranien, comme Thomas Burrow, F.B.J. Kuiper et Paul Thieme, la découverte des indices linguistiques qui plaident définitivement pour la datation haute. Dès la fin des années 50, l’essentiel est acquis : des travaux de Hoffmann, de Humbach et de Kuiper soulignent impérieusement l’archaïsme généralisé de la langue des Gâthâs” (ibidem, p. 121). Voilà pourquoi le vocabulaire de l’Avesta est si semblable à celui des Védas ; de nombreux mots y sont identiques ou presque identiques, par exemple, gâtha, cantique, mithra/mitra, contrat, kshathra/kshatra, puissance, etc.

La langue des Gâthâs est antérieure de plusieurs siècles à celle du second Avesta, qui est elle-même archaïque par rapport au vieux-perse parlé dans l’empire achéménide, indépendamment des différences dialectales entre la Perse proprement dite et le Nord-Est de l’Iran, dont la Chorasmie faisait partie.

Le sens de la transmission ne fait donc aucun doute. Le christianisme a reçu les dogmes du zoroastrisme par l’intermédiaire du judaïsme de l’Ancien Testament, qui en avait pour sa part hérité après -539.

Les Juifs étaient un peuple marginal dans l’empire achéménide. Admirateurs de Cyrus, ils ont recueilli les dogmes de la religion des Perses, tandis que celle-ci ne leur a rien emprunté. On conçoit que les Juifs aient adopté le Dieu unique de Zoroastre en l’identifiant à leur dieu ethnique. On voit mal comment l’inverse aurait pu se produire. Le passage du Dieu ethnique au Dieu universel dans le christianisme résulte d’une évolution interne au judaïsme qui a marqué un retour aux origines zoroastriennes.

Les dogmes du zoroastrisme n’ont pas été acceptés d’un seul coup par les Israélites après -539. Le monothéisme a d’abord été hésitant. La résurrection des morts n’apparaît que dans un livre deutérocanonique, le deuxième livre des Maccabées, composé au IIe siècle avant J.-C., et elle était refusée par les sadducéens, puisqu’il était écrit en grec et ne faisait pas partie du canon de la Bible hébraïque. L’infusion du zoroastrisme dans le judaïsme a donc pris plusieurs siècles et c’est ce qui explique ce fait paradoxal que le christianisme soit plus proche du zoroastrisme que le judaïsme de l’Ancien Testament, bien que celui-ci ait servi d’intermédiaire.

Constitution du judaïsme

A. Le judaïsme s’est constitué par la transposition du Dieu universel en Dieu ethnique.

Cette transposition a été maladroite à plusieurs égards. En premier lieu, la Bible hésite sur le nom de Dieu, qu’elle appelle d’abord Elohim, pluriel de majesté, ce qui, à la lettre, voudrait dire “les dieux”, et qui désigne le Dieu universel, et ensuite, Yahvé, dieu de l’ethnie hébraïque. Pour réaliser l’amalgame, la Genèse juxtapose les deux noms, en écrivant : “Yahvé-Elohim” (Genèse, II 4). Ce procédé est occulté dans beaucoup de traductions, où le doublet est rendu par “Dieu” ou “le Seigneur Dieu”.

En deuxième lieu, la Bible n’évite pas l’anthropomorphisme. Dieu, qui a créé le monde en six jours, se repose le septième jour (Genèse, II 2-3 ; Exode, XX 11). Dans le récit de la Chute, Dieu se promène dans le Jardin d’Eden comme le ferait un homme et il ne sait même pas où sont cachés Adam et Eve (Genèse, III 8-9).

On y est tellement accoutumé que l’on ne mesure pas l’incongruité du concept d’alliance entre Dieu et l’homme, ou un groupe d’hommes, et la part d’anthropomorphisme qu’il comporte dans l’Ancien Testament. Pour la Nouvelle Alliance, l’incongruité ne porte que sur le mot, car l’alliance dont il s’agit n’a pas le sens ordinaire ; elle signifie que le fidèle porte Dieu dans son cœur et qu’il est uni à lui par le Christ (l’apôtre saint Paul, dans l’épître aux Hébreux [VIII, 10], cite le prophète Jérémie : “…le Seigneur dit : “Je mettrai mes lois dans leur pensée, je les graverai dans leur cœur…”). Il en va tout autrement de l’Ancienne Alliance, qui est une véritable alliance au sens habituel du mot. Elle implique une réciprocité de devoirs entre Yahvé et les Israélites. C’est un contrat synallagmatique. Les Israélites doivent obéir à la Loi qui leur a été révélée et s’abstenir de rendre un culte aux autres dieux. En contrepartie, Yahvé leur donnera la victoire et ils pourront conquérir la terre promise. Sans doute y a-t-il une grande inégalité entre les deux parties au contrat. Il n’empêche que Dieu est assimilé à un homme qui passe contrat avec un autre.

Si l’Ancienne Alliance rabaisse Dieu, elle exalte au contraire ceux avec qui Il passe ce contrat, les Hébreux, qui ne sont plus des hommes comme les autres, mais qui sont en vérité infiniment supérieurs aux autres hommes, puisqu’ils ont été choisis par Dieu et qu’ils ont conclu un contrat avec Lui.

En troisième lieu, l’Ancien Testament ne dit pas toujours clairement que les autres dieux n’existent pas, mais plutôt simplement que les Juifs ne doivent pas leur rendre un culte ; il hésite donc entre hénothéisme et monothéisme. D’ailleurs, lorsque Dieu chasse Adam et Eve du paradis terrestre, Il déclare étonnamment : “Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous, grâce à la science du bien et du mal” (Genèse, III 22). “Comme l’un de nous”, donc comme un dieu… Et si Yahvé est un Dieu “jaloux”, c’est bien parce qu’il a peur que son peuple le trompe avec d’autres dieux… L’Alliance elle-même n’est-elle pas une alliance contre les autres dieux, et solidairement contre les autres peuples, qui adorent ces autres dieux ?

Il faut attendre le Deutéronome, cinquième et dernier livre du Pentateuque, pour trouver une affirmation explicite de l’unicité de Dieu, qui achève l’identification d’Elohim à Yahvé : “C’est à toi qu’il a donné de voir tout cela, pour que tu saches que Yahvé est le vrai Dieu et qu’il n’y en a pas d’autres” (IV 35). Et encore : “Voyez maintenant que c’est moi qui suis Dieu et qu’il n’en est point d’autre à côté de moi” (XXXII 39). Isaïe le répète : « Ainsi parle Yahvé, roi d’Israël, Yahvé des armées, son rédempteur : “Je suis le premier et je suis le dernier, à part moi, il n’y a pas de dieu” (XLIV 6). “Je suis Yahvé, il n’y en pas d’autre, moi excepté, il n’y a pas de Dieu” (XLV 5). »

Signe de la dette du judaïsme envers le zoroastrisme, le paradis, concept essentiel dans l’économie du salut, est un mot d’origine perse. En revanche, il n’y pas trace d’hébraïsme dans l’Avesta ni dans la littérature religieuse postérieure de l’Iran. “Avant la conquête musulmane [651], il n’y avait presque pas de mots sémitiques dans les langues iraniennes, alors que le nombre des mots iraniens en hébreu, en araméen et en syriaque est réellement imposant” (Geo Widengren, Les religions de l’Iran, p. 394). Dans la forme, la Bible, qui raconte l’histoire, réelle ou légendaire, du peuple hébreu, n’a rien à voir avec l’Avesta, qui est un recueil d’hymnes, de prières, de prescriptions rituelles, de mythes cosmogoniques. C’est sur le fond que la transmission est manifeste, bien que les auteurs de l’Ancien Testament aient tu ce qu’ils devaient au zoroastrisme, dont ils avaient forcément conscience. Ils ont négligé un détail : le nom du paradis ! C’est là qu’un Sherlock Holmes de l’histoire religieuse pourrait découvrir le pot aux roses… En cherchant bien, car le texte établi par des érudits juifs, les Massorètes, au IXe siècle après J.-C. a été soigneusement épuré, en sorte que le mot hébreu “pardès”, issu de l’avestique “pairidaesa”, n’y figure que trois fois, et seulement dans le sens d’un parc ou d’un verger. Mais les Septante avaient vendu la mèche au IIIe siècle avant notre ère, mille ans plus tôt. Partant d’un original hébraïque aujourd’hui disparu qu’ils ont traduit en grec, ils ont employé une trentaine de fois le mot “paradeisos” pour désigner le séjour des bienheureux. De même, dans sa traduction latine de la Bible, la Vulgate, au IVe siècle de notre ère, saint Jérôme a écrit maintes fois le mot “paradisus” dans le même sens. Il est évident que le concept de paradis a été transmis aux Juifs par les Perses en même temps que le mot.

En cherchant bien, Sherlock pourrait découvrir quelques autres détails révélateurs, par exemple Asmodée, “le pire des démons”, qui n’est autre que le démon Aesma daeva du zoroastrisme (Tobie, III 8). Evidemment, on s’en doute, l’asymétrie est totale en la matière, rien dans l’Avesta ne vient de la Bible.

Si les auteurs de l’Ancien Testament ont dit leur vénération pour Cyrus, ils se sont bien gardés de mentionner son Dieu, Ahura Mazda. Ils se sont même autorisés à annexer Cyrus pour en faire un Juif comme eux, puisqu’on peut lire à la fin du second livre des Chroniques : « Ainsi a parlé Cyrus, roi de Perse : “Yahvé, Dieu des cieux, m’a donné tous les royaumes de la terre et il m’a chargé de lui rebâtir une Maison à Jérusalem qui est en Judée” » (XXXVI 23, repris en Esdras, I 2). On avait l’interpretatio romana, qui assimilait les dieux du panthéon grec aux dieux romains, Zeus à Jupiter, Athéna à Minerve, etc.. Interpretatio judaica, ici, le Dieu de Cyrus et des Perses étant assimilé à Yahvé, Dieu des Israélites. La grande différence, c’est qu’Ahura Mazda n’est pas nommé. L’auteur des Chroniques savait pertinemment que Cyrus adorait Ahura Mazda. En l’identifiant à Yahvé, il a révélé, à son corps défendant, que le judaïsme était tributaire de la religion des Perses pour la croyance en un Dieu unique. Le sens de la transmission est évident. L’idée ne serait jamais venue aux Perses de prendre Yahvé pour Ahura Mazda.

Il est cependant impropre de parler d’influences du zoroastrisme sur le judaïsme. En réalité, le judaïsme s’est constitué à partir du zoroastrisme. Avant -539, le judaïsme n’existait pas. Le judaïsme fut une nouvelle religion qui est née de la transposition du Dieu universel en Dieu ethnique, Yahvé, avec l’affirmation parallèle de la théorie du peuple élu. C’est Zoroastre qui a fondé le monothéisme, ce ne furent pas les prophètes d’Israël.

Ce ne fut pas non plus le pharaon Aménophis IV, ou Akhénaton, “serviteur d’Aton”, qui régna sur l’Egypte de -1379 à -1362. Bien que celui-ci rendît un culte exclusif au dieu-soleil Aton, il ne niait pas l’existence des autres dieux ; sa doctrine, qui affirmait la primauté d’un dieu sur les autres dieux, était donc un simple hénothéisme, et non un monothéisme. Contrairement à la légende entretenue par Sigmund Freud dans un livre délirant, Moïse et le monothéisme (1939), le judaïsme ne doit strictement rien à Akhénaton, dont la réforme fut au demeurant sans lendemain en Egypte.

B. Le judaïsme fut une régression par rapport au zoroastrisme.

Régression théologique, d’abord, puisque, héritier d’une religion universaliste, il était, quant à lui, une religion particulariste et raciste et qu’il a rabaissé Dieu en le ramenant aux limites d’une ethnie, définie par son ancêtre éponyme, Jacob-Israël. On ne mesure pas assez les terribles conséquences de cette appropriation ethnique de Dieu. Elle impliquait que les non-Juifs devenaient des sans-dieu. C’est le christianisme qui a tenu a posteriori les Hébreux pour le peuple élu de Dieu sous l’Ancienne Alliance, dans l’attente de la Nouvelle. Les Israélites se considéraient plutôt pour leur part comme le peuple de Dieu, entouré de peuples sans Dieu qui étaient exclus de l’humanité authentique. Il y avait à leurs yeux une différence plus grande entre un Juif et un non-Juif, un “Goy”, terme de mépris, qu’entre ce dernier et une bête. De plus, les Israélites étant, par définition, les descendants de Jacob-Israël, la conversion éventuelle d’un non-Juif au judaïsme faisait de lui un simple prosélyte, individu d’un rang inférieur, et non un Israélite.

Les peuples primitifs se désignent eux-mêmes par un mot qui signifie “homme”, considérant ainsi que les étrangers ne sont pas des hommes. Les Juifs ont conservé à la nouvelle religion qu’ils ont constituée après -539 le caractère primitif qu’ils tenaient de leurs ancêtres, en dépit de l’élévation spirituelle que le zoroastrisme leur avait insufflée. La circoncision masculine, excision du prépuce, rite barbare qui soulevait d’horreur Grecs et Romains, témoigne du caractère primitif du judaïsme. Le comble est que les anciens Israélites ont voulu faire de cette pratique dégoûtante, qui est une mutilation sexuelle, la marque de l’Alliance avec Yahvé (Genèse, XVII 9-14).

La Nouvelle Alliance des chrétiens n’a pas grand-chose à voir avec l’Ancienne des Juifs, malgré le nom. Cette dernière est une alliance au sens propre, une alliance contre. Ainsi, Yahvé, Dieu jaloux, inculque aux Israélites la haine des autres peuples, qui adorent d’autres dieux que lui, et il les leur “livre” (le mot revient souvent dans la Bible hébraïque) pour qu’ils les détruisent avec leurs dieux, c’est-à-dire pour qu’ils les exterminent, y compris les femmes et les enfants, en sorte que leurs dieux disparaissent avec eux.

Le judaïsme a fait du Dieu bon de Zoroastre un Dieu cruel, vindicatif – mauvais. Yahvé ordonne par exemple l’extermination des Amalécites, “y compris les enfants à la mamelle” (I Samuel, XV 3), et se déclare “le Dieu fort et jaloux qui venge l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et quatrième génération” (Décalogue : Exode, XX 5).

On pense que ce sont les prophètes et autres auteurs inspirés de l’Ancien Testament qui sont arrivés au monothéisme en faisant du dieu ethnique des Hébreux, Yahvé, le Dieu unique. En réalité, c’est l’inverse qui s’est produit. Les Juifs ont adopté le Dieu unique du zoroastrisme en l’assimilant à leur dieu ethnique, opération effrontée qui les a conduits en même temps à décréter qu’ils étaient le peuple de Dieu, alors qu’ils n’étaient qu’un peuple marginal, dépourvu de civilisation, que Max Weber a qualifié de “peuple paria”.

Selon André Caquot (1923-2004), professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d’hébreu et d’araméen, le nom des Hébreux, ‘ibrîm dans la Bible, et l’adjectif ‘ibrî qui s’y rattache, ont été employés en premier lieu “pour qualifier un esclave” : “Les premiers Israélites auraient été appelés Hébreux en raison de leur déchéance sociale.” Ils n’auraient pas été à l’origine un groupe ethnique, mais une catégorie sociale “en marge de la société urbaine, étrangers errants ou brigands plus ou moins menaçants” (“La religion d’Israël”, Histoire des religions, tome 1, Gallimard, Encyclopédie de la Pléiade, 1982, pp. 378-379).

C’est le christianisme qui a donné rétrospectivement de l’importance et de l’intérêt à une peuplade obscure dont l’horizon intellectuel ne dépassait pas une étroite bande de terre comprise entre le Jourdain et la Méditerranée. Petit pays pour un petit peuple qui en a fait sa terre promise. La grandeur du christianisme a créé un effet d’optique qui nous empêche de voir la petitesse du judaïsme réduit à lui-même.

La Bible hébraïque a magnifié l’insignifiance des anciens Israélites en nous faisant accroire que c’étaient eux, et eux seuls, bénéficiant d’une inspiration divine qui leur aurait été réservée, qui avaient conçu les croyances sublimes qu’ils ont transmises aux chrétiens, alors qu’ils les avaient en réalité reçues des Perses.

Régression morale, ensuite, dès lors que le judaïsme a répudié la morale universelle du zoroastrisme pour définir une morale ethnique. Le Décalogue est clair à cet égard : “Je suis Yahvé, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte” (XX 2). Les Dix Commandements ne s’appliquent donc qu’aux Juifs. Mieux encore, le dixième et dernier Commandement nous apprend que le Décalogue ne s’adresse en réalité qu’aux Juifs de sexe masculin et de condition libre, ni aux non-Juifs, donc, ni non plus aux femmes et aux esclaves : “Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son esclave, mâle ou femelle, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui lui appartient” (XX 17). Le fait que le christianisme ait réinterprété le Décalogue pour en faire un enseignement destiné à tous les hommes ne change rien au sens initial. Le “prochain”, dans la Bible hébraïque – l’Ancien Testament -, c’est nécessairement un autre Juif. Un non-Juif n’est pas un prochain. Le Lévitique ne laisse pas de doute sur ce point : “Tu ne garderas pas rancune envers les fils de ton peuple, mais tu aimeras ton prochain comme toi-même” (XIX 17). Le “prochain”, c’est un “fils de ton peuple”, un autre Juif donc.

Il faut accepter la vérité sans ambages : prise à la lettre, la Bible hébraïque est foncièrement immorale, étant traversée de part en part par une haine rabique envers les non-Juifs. On y trouve un tissu d’horreurs et d’atrocités qui n’ont pas rebuté les auteurs inspirés. Il y a eu dans l’histoire de nombreux populicides ou “génocides” (moins courant, le premier mot est plus français que le second), mais seuls les Hébreux se sont glorifiés de ceux qu’ils avaient perpétrés, réels ou imaginaires, et que l’Ancien Testament raconte parfois avec des détails sadiques. La liste en est longue – extermination des Madianites : Nombres, chapitre XXXI ; des Amorrhéens : Deutéronome, chapitre II ; des Basanites : Deutéronome, chapitre III ; des Chananéens : Deutéronome, chapitres VII et XX ; des habitants de la ville de Jéricho : Josué, chapitre VI ; des habitants de la Palestine : Josué, chapitre X ; des Amalécites : premier livre de Samuel, chapitre XV ; des Amnonites : second livre de Samuel, chapitre XII... C’est une kyrielle de “crimes contre l’humanité” qui n’ont pas eu leur procès de Nuremberg. Quand l’apôtre saint Paul, traitant de l’Ancienne Alliance, la qualifie de “ministère de la lettre” et de “ministère de la mort”, disant : “…la lettre tue” (II Corinthiens III 6-7), l’expression doit être prise… au pied de la lettre.

Par exemple, dans les Nombres, au chapitre XXXI, on lit que “Moïse s’est mis en colère contre les principaux officiers de l’armée… qui venaient du combat [contre les Madianites]” parce qu’ils n’avaient exterminé que les hommes et qu’il leur dit : “Pourquoi avez-vous sauvé les femmes ?… Tuez donc tous les mâles parmi les petits enfants, et faites mourir les femmes dont les hommes se sont approchés. Mais réservez pour vous toutes les petites filles, et toutes les autres qui sont vierges” (14-18). Les féministes apprécieront la conclusion de ce passage : “On trouva que le butin que l’armée avait pris était de six cent soixante-quinze mille brebis, de soixante-douze mille bœufs, de soixante et un mille ânes, et de trente-deux mille personnes du sexe féminin, c’est-à-dire de filles qui étaient demeurées vierges” (32-35). Où l’on voit que les femmes faisaient partie du bétail, mentionnées du reste, dans l’énumération des espèces, après les brebis, les bœufs et les ânes…

Les Amalécites n’ont pas été mieux traités : « Voici ce que dit Yahvé des armées : “…tuez tout, depuis l’homme jusqu’à la femme, jusqu’aux petits enfants, et ceux qui sont encore à la mamelle, jusqu’aux bœufs, aux brebis, aux chameaux et aux ânes” » (I Samuel, XV 2-3). On peut expliquer, à défaut de le justifier, le massacre des enfants, qui visait à anéantir un peuple tout entier et aussi, peut-être, à éviter que ceux-ci, devenus grands, n’aient la velléité de venger leurs pères. Mais pourquoi tuer les pauvres bêtes ? Les bœufs, les brebis, les chameaux, les ânes ? Cruauté gratuite qui témoignait d’une fureur sadique. Le pire est cependant à venir, car, si le roi Saül “fit passer tous les Amalécites au fil de l’épée”, il épargna “ce qu’il y avait de meilleur dans les troupeaux de brebis et de bœufs” (XV 8-9), alors que Yahvé lui avait donné l’ordre de tout tuer. Cette désobéissance, le simple fait d’avoir épargné une partie des troupeaux, a provoqué la colère de Yahvé, qui s’est repenti d’avoir fait de Saül un roi (XV 10-31)…

Le saint roi David a montré qu’il avait le sens du détail quand il s’est agi d’exterminer les Amnonites : “(Le roi) David assembla… tout le peuple, et marcha contre (la ville de) Rabbath ; et après quelques combats, il la prit… Et ayant fait sortir les habitants, il les coupa avec des scies, fit passer sur eux des chariots avec des roues de fer, les tailla en pièces avec des couteaux, et les jeta dans les fourneaux où l’on cuit la brique. C’est ainsi qu’il traita toutes les villes des Amnonites” (II Samuel, XII 29-31). On notera sans surprise que Yahvé, qui avait grondé David quelques versets plus haut pour avoir envoyé à la mort un général dont il convoitait la femme, ne trouva rien à redire au traitement qu’il avait infligé aux Amnonites.

Point de pitié ni de pardon pour les victimes des populicides : “Vous n’aurez pas pitié d’eux” (Deutéronome, VII 2, au sujet des Cananéens) ; “Vous ne leur pardonnerez pas” (I Samuel, XV 3, au sujet des Amalécites). Ce n’était pas très évangélique…

Les “oracles contre les nations”, c’est-à-dire contre les non-Juifs, proférés par Jérémie (XXV et XLVII à LI) et Ezéchiel (XXV à XXXII) appellent à l’anéantissement de dizaines de peuples : “Non, vous ne serez pas épargnés, car j’appelle moi-même l’épée contre tous les habitants de la terre, oracle de Yahvé des armées” (Jérémie, XXV 29). Ces cris de haine attribués à Dieu lui-même laissent pantois.

Les commentateurs ordinaires évoquent complaisamment “l’exclusivisme” des Juifs de l’Ancien Testament. Euphémisme dérisoire pour qualifier un immonde racisme qui les pousse à assassiner même “les enfants à la mamelle” et à s’en glorifier (I Samuel, XV 3).

N’oublions pas non plus que l’acte fondateur du peuple juif fut une escroquerie : celle commise, avec la complicité de sa mère Rébecca, par Jacob, qui a dupé son père Isaac pour spolier son frère Esaü (Genèse, XXVII 5-29). La captation du droit d’aînesse pour un plat de lentilles n’était déjà pas glorieuse (Genèse, XXV 29-34), mais, là, la malhonnêteté a été à son comble, puisqu’elle visait son propre père. Il faut appeler un chat un chat et Jacob un fripon.

Et que dire de l’étrange combat de Jacob contre Dieu, au XXXIIe chapitre de la Genèse, combat qui lui a valu de changer de nom pour s’appeler désormais Israël – Jacob-Israël étant l’ancêtre éponyme des Israélites ? Le nom “Israël” vient de “isra”, “il combat” en hébreu, et de “El”, “Dieu” ; il signifie : “Celui qui se bat contre Dieu”… Tout un programme, si l’on ose dire ! Ici, à notre humble avis, l’interprétation littérale s’impose, aussi désagréable qu’elle puisse paraître, d’autant qu’on n’a jamais avancé un sens figuré qui fût crédible. Force est donc d’admettre que, selon la Bible, Jacob-Israël et les Israélites sont “ceux qui se battent contre Dieu”. La bénédiction que Celui-ci a accepté de donner à Jacob et l’élection qu’Il a conférée aux Israélites dans l’attente de la venue du Christ furent la manifestation de sa miséricorde infinie. Dieu a voulu sauver même ceux qui se dressaient contre Lui.

Cette interprétation peut être précisée si l’on estime, comme Luther, que Dieu, qui avait pris ici forme humaine dans sa lutte contre Jacob, était déjà le Christ, avant son Incarnation. Dans cette hypothèse, le combat de Jacob-Israël contre Dieu prophétiserait celui des Israélites contre Jésus de Nazareth et le Déicide dont l’apôtre saint Paul les a accusés dans le deuxième chapitre de la première épître aux Thessaloniciens : “Les Juifs ont tué le Seigneur Jésus et ses prophètes… Ils ne plaisent point à Dieu. Ils sont les ennemis du genre humain… La colère de Dieu sera sur eux jusqu’à la fin des temps” (14-16). L’apôtre saint Pierre lui a fait écho au chapitre III des Actes des apôtres : “O Israélites… le Dieu d’Abraham… le Dieu de nos pères a glorifié son fils Jésus que vous avez livré et renié devant Pilate… Vous avez renié le Saint et le Juste ; vous avez demandé qu’on accordât la grâce d’un homme qui était un meurtrier ; et vous avez fait mourir l’auteur de la vie ; mais Dieu l’a ressuscité d’entre les morts…” (12-19).

Au chapitre II de l’Apocalypse de l’apôtre saint Jean, c’est le Christ lui-même qui s’adresse à l’Eglise de Smyrne : “…vous êtes noircis par les calomnies de ceux qui se disent juifs et ne le sont pas, mais qui sont la synagogue de Satan” (8-9). Le Christ avait déjà tonné contre les scribes et les pharisiens dans l’Evangile selon saint Matthieu : “Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous êtes semblables à des sépulcres blanchis, qui au dehors paraissent beaux aux yeux des hommes, mais au dedans sont pleins d’ossements, de morts et de toute sorte de pourriture… Serpents, races de vipères, comment pourrez-vous éviter d’être condamnés au feu de l’enfer ?” (XXIII, 27, 33).

Naissance d’archanges

Avant la réforme zoroastrienne, les Iraniens, qui étaient polythéistes, connaissaient à l’origine deux classes de dieux, tout comme les Indo-Aryas : ahuras/daevas en iranien, asuras/devas en sanscrit, langue des Védas. En Iran, on a fait des daevas des démons, alors qu’en Inde, bizarrement, ce sont à l’inverse les asuras qui le sont devenus. Zoroastre n’a pas eu de mal à achever cette évolution en Iran. Les daevas, démons, ont donc fait cortège à Angra Manyu, l’Esprit du Mal. Les daevas n’étaient pas seulement tenus comme mauvais, ils avaient aussi perdu les attributs qui définissaient un dieu, en ce sens qu’après leur rétrogradation ils ne pouvaient plus recevoir un culte d’adoration, même de la part des méchants.

Zoroastre devait encore réduire la liste des nombreux ahuras à un seul pour fonder le monothéisme en faisant d’Ahura Mazda le Dieu unique. Comme Georges Dumézil l’a montré dans Naissance d’archanges, le prophète a dévalué les autres dieux “ahuras” du panthéon indo-iranien, qui sont devenus des “entités”, des archanges, les immortels bienfaisants, ameshas spentas, auxquels se sont ajoutés de simples anges, yazatas. Ainsi, la croyance aux anges ou archanges est un corollaire du monothéisme. “Le système zoroastrien des Entités a été substitué au système indo-iranien des dieux fonctionnels” (Georges Dumézil, Naissance d’archanges, p. 130). C’est-à-dire à la hiérarchie des dieux conforme à l’idéologie tripartie des Indo-Européens ou modèle des trois fonctions (fonction souveraine, fonction guerrière, fonction productive). “Les Entités appelées à remplacer les vieux dieux fonctionnels se sont approprié une partie de la mythologie de ces dieux… La substitution des Entités aux dieux a été comprise, sentie, comme substitution, le mécanisme en a été clair dans l’esprit du peuple qui recevait la réforme comme dans l’esprit des docteurs qui la faisaient” (ibidem, p. 169). La conception des immortels bienfaisants, ameshas spentas, était “le dogme essentiel” des Gâthâs (ibidem, p 77). “Zoroastre, tout en se jetant passionnément dans l’évidence du monothéisme, n’a pas voulu laisser perdre la distinction des fonctions de souveraineté mystique, de puissance combattante et de fécondité… Pour sauver toute cette science sans compromettre l’unité divine, il a substitué aux dieux individuels qui patronnaient les diverses nuances des trois fonctions, des Entités abstraites qui définissent ces nuances et en maintiennent le plus précieux : les rapports” (ibidem, p. 186). “Sacrifiant ses mythes, Zoroastre en a gardé l’essentiel, l’armature philosophique, pour l’appliquer à l’analyse ardente de l’objet nouveau de sa foi : le dieu unique, créateur et maître universel” (ibidem, p. 188).

Les archanges et autres anges du zoroastrisme sont en quelque sorte des OVNI de la pensée religieuse… Ces entités, qui ne sont pas des dieux, ni des génies ou des fées, qui sont des instruments et des messagers de Dieu, sont une catégorie sans précédent dont l’existence est commandée par la foi dans le Dieu unique, Ahura Mazda, ainsi que par la nécessité de préserver la structure trifonctionnelle des anciens dieux. A la fois homologues et postérieurs à ceux de l’Avesta, les anges et archanges de la Bible en sont incontestablement la réplique. Leur réapparition dans la Bible, et cela, dès son premier livre, la Genèse (XVI 7, XXIV 7), résulte sans conteste d’un emprunt au zoroastrisme. Et, bien sûr, les archanges de la Bible sont au nombre de sept, comme les immortels bienfaisants. Si Dumézil a appelé “archanges” les entités zoroastriennes, c’est qu’il avait une claire conscience de l’homologie, bien qu’il n’ait pas voulu sortir de son domaine pour analyser cette filiation évidente.

Il y a dans le zoroastrisme un lien organique entre les archanges (et accessoirement les simples anges), d’une part, et le monothéisme, d’autre part, puisque ceux-ci sont la trace des dieux disparus. Or, les anges et archanges de l’Ancien Testament n’ont aucun rapport avec d’anciens dieux et ne sont donc nullement nécessaires à la foi dans le Dieu unique. Ils ont encore moins de rapport avec les trois fonctions, que la Bible hébraïque ignore. Ce simple fait suffirait à montrer dans quel sens s’est réalisée la transmission. En outre, il prouve que la Bible n’a pas été composée avant -539, puisque ses anges proviennent du zoroastrisme, bien qu’elle ait pu reprendre des matériaux plus anciens, récits historiques ou légendaires.

De fait, les plus anciens livres de la Bible semblent avoir été écrits du temps d’Esdras, “scribe de la Loi du Dieu des cieux”, sous Artaxerxès Ier, qui régna sur l’empire perse de -465 à -425 (Esdras, VII 11-12). La Bible de Jérusalem doit le reconnaître : “Esdras est vraiment le père du Judaïsme” (p. 442). C’est lui qui a composé le canon de la Bible hébraïque, s’agissant du moins des livres les plus anciens. Il n’en fut pas l’auteur à proprement parler, car il a très probablement utilisé des matériaux antérieurs, mais il les a sélectionnés, corrigés, modifiés, dans la perspective qui était la sienne, selon son inspiration divine, sans doute, mais aussi selon les instructions que lui avait données son maître Artaxerxès. En effet, Esdras avait reçu de celui-ci une lettre de mission, qu’il cite, d’où il ressort qu’il était chargé non seulement “d’inspecter Juda et Jérusalem”, mais aussi, surtout, d’instaurer “la Loi de (son) Dieu, qui est la loi du roi” (VII 12-26). Il est permis de penser que c’est alors que s’est produite la première transfusion de la religion iranienne, le zoroastrisme ou une variante de celui-ci, dans ce qui allait devenir le judaïsme.

Il est peu vraisemblable que les Israélites n’aient adoré précédemment que Yahvé. L’habileté d’Esdras a été de tabler sur “l’exclusivisme” exacerbé des Israélites en faisant des concurrents de Yahvé des divinités étrangères. Et il a bien pris garde de révéler que ce Dieu unique nouvellement proclamé était l’homologue ou la transposition d’Ahura Mazda, Dieu de son maître Artaxerxès, et qu’Il était donc un héritage de l’Iran. Esdras a prétendu au contraire que cette croyance au Dieu unique était l’aboutissement d’une longue histoire nationale remontant à Abraham et à Moïse et il a donc fallu à cette occasion qu’il transformât le Dieu universel en Dieu ethnique. Cet artifice a si bien réussi qu’aujourd’hui encore on croit à la véracité historique de son récit mythique conçu pour occulter la translation du zoroastrisme au judaïsme.

Sept, nombre sacré

Esdras arriva à Jérusalem la septième année du règne d’Artaxerxès, envoyé par celui-ci et ses sept conseillers. Il est amusant de relever que la valeur sacrée attachée dans la Bible au nombre sept, comme le montre notamment la création du monde en sept jours, paraît provenir elle aussi du zoroastrisme. En effet, les immortels bienfaisants sont au nombre de sept, y compris Ahura Mazda lui-même, qui figure en tête de liste. Dans les deux cas, le nombre sept s’analyse comme 6+1, puisque le septième jour de la création Dieu se repose, comme les hommes le septième jour de la semaine, et que, de même, Ahura Mazda est d’une autre nature que les six entités qui suivent. On l’a vu, les archanges de la Bible sont sept, comme les immortels bienfaisants.

Le premier Avesta comprend, en plus des Gâthâs, le Yasna Haptahâti, autrement dit, le Yasna-aux-sept-chapitres (yasna signifiant sacrifice). Un hymne du second Avesta qui exalte la nativité du prophète annonce que “désormais, la bonne religion mazdéenne va se répandre sur les sept continents”… ce qui ne veut pas dire que les anciens Perses avaient découvert l’Amérique. Zoroastre a commencé sa vie en faisant sept miracles, puis il a eu sept entretiens avec Ahura Mazda, et il est mort à 77 ans, soit sept plus dix fois sept.

La sacralisation du nombre sept faisait partie du fonds commun des Indo-Iraniens. L’Inde a ses Saptarishis, ses sept Sages, et la liste des adityas, ou dieux souverains, dans le Rig Véda est aussi une heptade. (Il est vrai que Dumézil ne comptait que six adityas, omettant le dernier, Surya, – voir “L’idéologie tripartie des Indo-Européens”, p. 163 – et que les Brahmanas ont porté leur nombre à douze…)

On nous objectera que les Israélites ont pu s’inspirer des Chaldéens ou des Babyloniens, qui avaient eux aussi sacralisé le nombre sept, d’autant qu’Abraham est censé être originaire d’Ur en Chaldée. Ce pourrait être une innovation indépendante, mais ce fut plus probablement un emprunt aux Indo-Iraniens, présents en Mésopotamie au moins depuis la création de l’empire de Mitanni vers -1460, donc bien avant les premières mentions des Chaldéens au Xe siècle avant J.-C. ou la fondation de l’empire néo-babylonien au VIIe siècle. Du reste, puisque la Bible ne date pas d’avant la prise de Babylone par Cyrus en -539, elle a pu subir sur ce point une double influence des Indo-Iraniens, directe par les Perses et indirecte par les Babyloniens.

La Ménorah, chandelier ou candélabre à sept branches, est l’emblème du judaïsme (Exode, XXV 31-40). Là encore, 7 s’analyse comme 6+1, puisque la Bible dit que “six branches sortiront de ses côtés, trois branches du candélabre d’un côté, et trois branches du candélabre du deuxième côté”, en sus de la branche centrale. La Bible raconte que le démon Asmodée a tué l’un après l’autre les sept maris de Sarra (au bord du suicide, celle-ci a été sauvée par l’archange Raphaël, qui l’a donnée à Tobie) (Tobie, III 7-17).

La sacralisation de sept tourne à l’obsession dans le récit du siège de Jéricho au chapitre VI de Josué. Au septième jour, sept prêtres sonnent les sept trompettes qui vont faire tomber les murailles en faisant sept fois le tour de la ville, avant, bien sûr, que d’exterminer “tout ce qui se trouvait dans la ville, hommes et femmes, jeunes et vieux, jusqu’aux taureaux, aux moutons et aux ânes, les passant au fil de l’épée”. Sept, nombre magique… Au chapitre VII du Deutéronome, ce sont “sept nations plus nombreuses et plus puissantes” que le peuple israélite, dont les Cananéens, qui sont “dévouées par anathème”, autrement dit vouées à l’extermination ou plus précisément à l’immolation, ces tueries étant tenues pour un sacrifice rendu à Yahvé à sa demande (dévouer a ici le sens d’immoler).

Le judaïsme actuel – qui est celui des pharisiens dont parle l’Evangile – réserve aux Juifs le Décalogue et les 613 commandements ou mitzvot dénombrés par Maïmonide ; les rabbins ne proposent aux non-Juifs (Goyim) pour se conformer à la Bible, sans qu’ils puissent pour autant devenir juifs, que “les sept lois des enfants de Noé”. Ils sont trop bons…

Le Nouveau Testament n’est pas en reste, puisqu’on lit dans l’Apocalypse de saint Jean : “…il y avait devant le trône sept lampes allumées, qui sont les sept Esprits de Dieu” (IV 5). Et encore : “Je vis dans la main droite de celui qui était assis sur le trône un livre scellé de sept sceaux” (V 1). “Je vis les sept anges qui sont devant la face de Dieu, et on leur donna sept trompettes” (VIII 2). “Je vis dans le ciel un autre prodige grand et admirable. C’étaient sept anges qui avaient les sept dernières plaies par lesquelles la colère de Dieu est consommée… Les sept anges qui portaient les sept plaies sortirent du temple… Alors, l’un des quatre animaux donna aux sept anges sept coupes d’or pleines de la colère de Dieu” (XV 1, 6-7).

La sacralisation du nombre sept peut venir du nombre de planètes que l’on voit à l’œil nu, sans compter la Terre : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne, auxquelles on ajoutait le soleil et la lune. Les anciens astrologues ou astronomes ont supposé qu’il y avait donc sept cieux, chaque planète étant posée sur le sien ; dans une variante, on ajoutait la voûte céleste qui portait les étoiles, ce qui obligeait à négliger Mercure, proche du soleil, pour rester à sept cieux… Et les alchimistes ont établi une correspondance avec les sept métaux connus dans l’Antiquité : or, cuivre, argent, plomb, étain, fer, mercure.

Le mithriacisme, hérésie zoroastrienne qui sévissait dans l’empire romain, où elle a longtemps concurrencé le christianisme, avait ses “mystères”, lesquels connaissaient sept grades d’initiation, le premier étant ouvert aux enfants à l’âge de sept ans.

On notera encore avec amusement l’embarras de Georges Dumézil au sujet d’Armaiti, quatrième des six immortels bienfaisants (Ahura Mazda mis à part), “qui altère la correspondance entre la liste des dieux fonctionnels de Mitani [première attestation écrite de la trifonctionnalité, en -1380] et la liste des Archanges mazdéens” (op. cit., p. 170). “Pourquoi, comme représentants de la troisième fonction, le réformateur ne s’est-il pas contenté des deux figures jumelles [Haurvatât-Ameretât] qu’il substituait aux Nàsatya ?” (p. 173). Dumézil avance deux hypothèses improbables. (1) “Zoroastre s’est peut-être trouvé devant deux listes équivalentes, interchangeables” (p. 174), ayant au troisième échelon, soit les Nàsatya, soit la Terre, qui sera représentée par Armaiti. (2) Ou encore : “Le groupement des dieux scandinaves de la fécondité et de l’abondance [troisième fonction], Njördhr, Freyr, Freya, peut éclairer, et engager à considérer comme ancien, le groupement des trois dernières Entités zoroastriennes, Armaiti, Haurvatât, Ameretât” (p. 180).

Ultérieurement, Dumézil a imaginé une autre solution, qui lui a semblé la meilleure : (3) Armaiti serait l’équivalente de Sarasvati, la déesse trivalente des Védas, qui est associée aux trois fonctions, mais qui est classée dans la troisième (“L’idéologie tripartie des Indo-Européens”, p. 152).

En fait, aucune des trois hypothèses ne démontre qu’il fût nécessaire d’ajouter Armaiti à la structure trifonctionnelle, celle-ci étant déjà complète sans elle. Dumézil n’a pas pensé à une explication beaucoup plus simple… Le réformateur a peut-être simplement voulu que la liste des immortels bienfaisants contînt sept entités, ou plutôt 6+1, puisque sept avait une valeur sacrée ! Encore fallait-il ajouter Ahura Mazda en tête de liste. Dans une variante, c’est Spenta Manyu, l’Esprit Saint, qui est à la première place, l’essentiel étant toujours d’arriver à sept. Comme l’a remarqué plaisamment Jean Kellens, c’est le contraire des trois Mousquetaires, qui sont quatre : les sept immortels bienfaisants ne sont que six…

Comme l’Iran et l’Inde, la Grèce antique donnait une valeur sacrée ou symbolique au nombre sept. Elle avait ses sept Sages, et elle connaissait également les sept Merveilles du monde, les Sept contre Thèbes, ainsi, plus tardivement, que les sept arts libéraux… Il faut croire qu’elle avait subi l’influence de l’Iran, à moins que ce ne fût un legs du fonds commun indo-européen, puisque les Grecs étaient eux aussi des Indo-Européens. De même, la Rome antique s’est donnée sept rois dans l’histoire fabuleuse de ses origines, de Romulus à Tarquin le superbe.

Nous voyons sept couleurs dans l’arc-en-ciel et c’est à sept ans que l’enfant atteint l’âge de raison. Jusqu’en 2002, le mandat du président de la république était un septennat. Le cinéma est le septième art (qui nous a donné notamment Le septième sceau d’Ingmar Bergman et Les sept samouraïs d’Akira Kurosawa). Nous avons gardé les sept jours de la semaine, tout en repoussant le jour de repos du samedi, le sabbat des Juifs, au dimanche, jour de la Résurrection. Les catholiques ont multiplié les heptades sans se douter le moins du monde que la valeur sacrée du nombre sept était d’origine zoroastrienne. Ils se souviennent des sept dernières paroles du Christ en Croix, ils fêtent Notre-Dame des sept douleurs le 15 septembre, ils disent sept prières pour les sept douleurs et les sept allégresses de saint Joseph. Ils ont ouï-dire de la légende orientale des sept dormants. Ils ont sept sacrements et les enfants peuvent faire leur première communion à l’âge de sept ans. Ils connaissent les sept dons du Saint-Esprit, les sept vertus principales (trois théologales et quatre cardinales), les sept péchés capitaux…

On ne s’étonnera donc pas que le présent article soit divisé en sept paragraphes, celui-ci étant un intermède qui joue le rôle d’Armaiti parmi les immortels bienfaisants…

Etrange méconnaissance

Ce fait indubitable que les dogmes et la morale du zoroastrisme ont été transmis d’abord au judaïsme antique, après -539, puis, par son intermédiaire, au christianisme, au judaïsme postérieur et à l’islam, est étrangement méconnu. On peut en donner quatre raisons.

La première est évidente : l’Ancien Testament ne souffle mot de Zoroastre ni du zoroastrisme. On a cru que la vénération des Juifs pour Cyrus tenait simplement au fait qu’il les avait libérés et qu’il leur avait permis de construire ou de reconstruire un temple à Jérusalem. On n’a pas su voir qu’elle était aussi sans doute la reconnaissance implicite qu’il leur avait inculqué des idées religieuses nouvelles.

La deuxième raison, c’est la difficulté du sujet, qui vient de l’obscurité des textes et de l’incertitude de la traduction. La démonstration définitive de l’archaïsme de la langue des Gâthâs n’a été faite qu’en 1958. Auparavant, les savants avaient échafaudé diverses hypothèses aujourd’hui irrecevables, notamment sur la datation de l’Avesta. On a même eu droit à des thèses ébouriffantes. Par exemple, en 1938, Henrik Samuel Nyberg avait fait de Zoroastre un sorcier ou un chaman. Tout au contraire, en 1947, Ernst Emil Herzfeld avait fait de celui-ci un homme politique qui aurait vécu à l’époque de Cyrus et Darius… En 1951, Walter Bruno Henning a fait justice de ces deux théories aussi arbitraires et absurdes l’une que l’autre (“Zoroaster, politician or witch-doctor ?”, repris dans Robert Charles Zaehner, op. cit., pp. 349-359). S’agissant de Zoroastre, la bonne interprétation avait pourtant été donnée pour l’essentiel dès 1862 par Martin Haug, qui fut le premier savant à avoir soutenu la datation haute. Selon Haug, Zoroastre fut un prophète qui a professé un monothéisme intransigeant. Comme celui-ci parle à la première personne du singulier dans les Gâthâs, il n’y a aucune raison sérieuse de douter de sa réalité historique, bien qu’il ait vécu il y a fort longtemps, aux environs de -1400.

La troisième raison, c’est le caractère multiforme de l’Avesta, qui contient trois religions en une : monothéisme, dualisme, polythéisme, sans parler de l’évolution ultérieure du mazdéisme. Nous n’avons parlé jusqu’à présent que du zoroastrisme pur, lequel était strictement monothéiste à l’origine. Mais il a ultérieurement muté vers le dualisme lorsque les disciples de Zoroastre, hantés par la présence du Mal dans le monde, ont trouvé insuffisante la justification qu’en avait donnée le prophète. Si Ahura Mazda est infiniment bon, pourquoi a-t-il créé Angra Manyu, l’Esprit du Mal ? C‘était en vérité un faux procès, car Angra Manyu n’a pas été créé mauvais, il a décidé de le devenir. « Puisque Angra Mainyu a librement choisi son mode d’être et sa vocation maléfique, le Seigneur Sage ne peut pas être considéré comme responsable de l’apparition du Mal” (Mircea Eliade, Histoire des croyances et des idée religieuses, tome 1, p. 325). En opposant Spenta Manyu à Angra Manyu, Zoroastre avait défini un dualisme moral et philosophique qui ne remettait pas en cause l’unicité de Dieu. Le Videvdat, qui fait partie du second Avesta, altère profondément la doctrine de Zoroastre pour établir un dualisme absolu. Il fait d’Angra Manyu un Dieu à part entière, situé au même niveau qu’Ahura Mazda, le Dieu du Bien, ce dernier absorbant alors l’Esprit Saint, Esprit du Bien, Spenta Manyu. Dans l’empire perse sassanide (226-651), qui tomba lors de la conquête arabe, Ahura Mazda s’appelait Ohrmazd en moyen-perse et Angra Manyu était devenu Ahriman. La religion zoroastrienne était alors un dualisme fondé sur l’opposition Ohrmazd-Ahriman.

Le second Avesta révèle une autre transformation, qui est une réaction polythéiste. Les disciples infidèles de Zoroastre ont ressuscité les dieux défunts, notamment Mithra, tout en reconnaissant la suprématie d’Ahura Mazda. Les anges, yazatas, sont redevenus des dieux. Pourtant, cette nouvelle version du zoroastrisme a conservé la plupart des dogmes transmis au christianisme. Duchesne-Guillemin nous apprend que l’homologie avec celui-ci s’est poursuivie jusque dans le culte :

“Le sacrifice de Haoma est celui d’un dieu mourant offert à un dieu. De plus, celui-ci est son père : Haoma parle en effet d’Ahura Mazda, dans un passage de l’Avesta, comme du Père. Si l’on considère, en outre, qu’après l’oblation le prêtre et les fidèles consomment la victime sous des espèces non sanglantes et, ce faisant, participent à l’immortalité du dieu, en gage de vie éternelle et de résurrection, on reconnaîtra, à la suite de Zaehner, que cette conception rappelle de façon frappante la messe catholique.”

Cependant :

“Ce qui est au centre même de la liturgie chrétienne est à peine entrevu dans le rituel mazdéen – qui ne peut se référer à un fait historique comme la crucifixion” (“L’Iran antique et Zoroastre”, p. 688).

On voit bien que le christianisme ne saurait se réduire au zoroastrisme, malgré la concordance des dogmes ou même des pratiques, parce qu’il ajoute à ce dernier.

Le mythe du zervanisme, selon lequel Ahura Mazda (Ohrmazd) aurait été surplombé par un Dieu suprême nommé Zervan ou Zurvan, maître du temps, qui serait son père, ainsi que celui d’Angra Manyu (Ahriman), a accru la confusion. D’après Jean Kellens, “le zervanisme n’est documenté que par des auteurs non iraniens d’époque postsassanide”, et c’est une “illusion” qui a été maintenant “réfutée” (op. cit., pp. 91 et 164). Sans contester la théorie d’une hérésie zervanite, Jean Varenne semble du même avis pour l’essentiel : « Zurvân, le “Temps”: puissance divine… les Grecs ont cru, à tort, que les mazdéens le plaçaient au dessus du Seigneur Sage. Il n’est en fait que l’une des manifestations de sa toute-puissance » (Zoroastre, le prophète de l’Iran, p. 249). Peut-être aussi les auteurs étrangers à l’Iran ont-ils fait une confusion avec le manichéisme, religion fondée par Mani (216-277) et qui opposait le Dieu du bien et de la lumière, Zurvan, Dieu suprême, au Prince des Ténèbres, Ahrmen, équivalent d’Ahriman. Il n’y aurait donc pas lieu de tenir compte de ce zervanisme imaginaire, les Iraniens n’ayant jamais entendu parler d’un dieu nommé Zervan, du moins avant l’éclosion du manichéisme.

La quatrième raison de cette étrange méconnaissance, c’est la répugnance de beaucoup d’auteurs à accepter qu’il pût y avoir avant la Bible une religion à laquelle celle-ci aurait emprunté ses dogmes. Ce n’est pas vrai seulement d’auteurs chrétiens ou juifs, mais aussi d’incroyants qui témoignent un respect paradoxal pour la thèse de l’originalité absolue du judaïsme. Jean Kellens, spécialiste de l’Avesta, est un exemple caricatural de ce déni de réalité. Lui qui se dit marxiste et athée (on se serait passé de cette confidence déplacée dans un ouvrage d’érudition), mais qui est mieux que quiconque au fait de la question, comme le montrent les citations que nous avons faites de son livre, paraît surtout préoccupé de ne pas “faire concurrencer un prophète juif par un prophète indo-européen” (op. cit., p. 38, voir aussi pp. 66-67) – sachant, bien sûr, que Zoroastre, en tant qu’Iranien, était indo-européen ! Et de céder aux démons de l’hypercritique, qui tend à dissoudre dans le doute les vérités les mieux établies. Cela pour occulter ou retarder la conclusion imparable qu’il refuse alors qu’elle découle nécessairement de ses propres données, ne lui en déplaise : c’est bel et bien un prophète indo-européen, Zoroastre, qui fut le premier, et non les auteurs ou prophètes juifs de l’Ancien Testament, qui ne furent que ses successeurs et ses héritiers.

Les spécialistes de la Bible se contentent le plus souvent de relever comme un fait anecdotique que “paradis” est un mot d’origine perse, sans aller plus loin dans leurs réflexions. Ils ignorent le zoroastrisme, tout autant que les conclusions des spécialistes de l’Iran ancien, comme Duchesne Guillemin, Widengren ou Zaehner, et passent sous silence la concordance des dogmes, alors que ce fait capital saute aux yeux. Widengren s’en est offusqué : “Ces faits ne sont pas universellement reconnus. Je suppose que c’est uniquement pour des raisons scientifiques – en tout cas, je ne discuterai pas des autres ici” (Les religions de l’Iran, p. 393). Et l’auteur de se battre les flancs pour trouver des “raisons scientifiques” qui pourraient expliquer ce déni de réalité. Il est clair qu’il n’y en a pas. Si l’on n’a répondu à Widengren que par la conspiration du silence, c’est que l’on n’avait aucun argument sérieux à lui opposer.

André Dupont-Sommer (1900-1983), qui fut professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d’hébreu et araméen, membre de l’Institut, secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, a fait exception, puisqu’il l’a quand même reconnu, en termes excessivement prudents : “C’est après Zoroastre que se rencontrent les premières formulations explicites du monothéisme juif” (cité par Paul du Breuil, Le zoroastrisme, PUF, collection “Que sais-je ?”, 1982, p. 68).

Cet aveuglement volontaire a trop duré. Aujourd’hui, en 2021, cela fait plus de soixante ans que l’on sait à quoi s’en tenir. On ne peut ignorer la concordance des dogmes entre zoroastrisme et christianisme. On sait qu’il n’y a pas eu de contacts entre Juifs et Perses avant -539, et qu’il y en a eu revanche d’étroits après cette date, et pendant des siècles. On a appris, enfin, et cela ne fait plus aucun doute, que l’Avesta avait été composé plusieurs siècles avant -539. La conclusion s’impose : le judaïsme de l’Ancien Testament et, par son intermédiaire, le christianisme, le judaïsme actuel et l’islam ont hérité à des degrés divers des dogmes du zoroastrisme, le christianisme en étant l’héritier le plus fidèle. Il est temps que les études bibliques prennent acte de la révolution copernicienne que leur impose le progrès des études avestiques, qu’elles admettent qu’avant la Bible il y avait l’Avesta, et que celui-ci fut la source de celle-là.

Le christianisme, accomplissement du zoroastrisme

Le christianisme a conservé ou recouvré tous les dogmes du zoroastrisme que nous avons mentionnés, ainsi que sa morale universelle, mais il est allé plus loin et plus haut, en sorte que l’on peut le qualifier de zoroastrisme accompli.

En premier lieu, les chrétiens croient que Dieu est infiniment bon, comme l’est Ahura Mazda, alors que Yahvé est un Dieu cruel et que l’Ancien Testament égrène les horreurs qui sont perpétrées en son nom ou selon ses ordres. Autant il n’est pas difficile de voir dans Ahura Mazda une préfiguration du Dieu du Nouveau Testament, autant il faut faire un effort pour admettre que le Dieu des chrétiens est le même que celui des Juifs. C’est une difficulté théologique majeure. L’hérésiarque Marcion, pour qui la Bible hébraïque était l’œuvre de Satan, avait des circonstances atténuantes. Il paraît que l’abbé Pierre a été bouleversé quand il a découvert les abominations de l’Ancien Testament, dont on ne lui avait pas parlé au cours de ses études au séminaire… Nous l’avons dit, l’apôtre saint Paul a pu qualifier l’Ancienne Alliance de “ministère de la mort”, de “ministère de la condamnation”, tout en ajoutant que celui-ci était “accompagné de gloire” (II Corinthiens, III 7, 9).

On comprend que les chrétiens soient tentés de refuser l’interprétation littérale de l’Ancien Testament, suivant en cela Saint Augustin. “Tout ce qui ne va point à la charité est figure”, a déclaré Pascal. On ne peut croire, par exemple, que le Dieu d’amour ait vraiment ordonné aux Juifs l’extermination des Amalécites, “y compris les enfants à la mamelle”, comme nous l’avons vu (I Samuel, XV 3). On est tenu d’en déduire que c’est un mensonge qui illustre la perversité et l’hypocrisie des auteurs de ce populicide. Ici, comme dans de nombreux passages de la Bible hébraïque, les Juifs ont osé prétendre que leur crime leur avait été ordonné par Dieu, odieux blasphème qui mettait un comble à leur faute. Selon Saint Augustin, Dieu n’a pas choisi les Hébreux parce qu’ils auraient été meilleurs que les autres peuples…

Les voies du Seigneur sont impénétrables, mais on peut se demander si le combat de Jacob-Israël contre Dieu rapporté dans le chapitre XXXII de la Genèse (24-30) n’est pas la clé d’interprétation de ce paradoxe, que Dieu ait accepté de bénir Jacob et qu’il ait élu le peuple d’Israël. Dans sa miséricorde infinie, Dieu aurait voulu donner à un peuple infâme, celui là-même qui, comme son nom l’indiquait, se battait contre Lui, une planche de salut en la Personne de Jésus de Nazareth, le Christ, qui allait naître en son sein, révélant par là-même que tous les hommes avaient vocation à être sauvés.

Dans la deuxième épître aux Corinthiens, au chapitre III, déjà cité, opposant “la Nouvelle Alliance”, qui est le “ministère de l’esprit”, à l’Ancienne, qui est le “ministère de la lettre”, et qu’il qualifie de “ministère de la mort”, de “ministère de la condamnation”, car “la lettre tue, et l’esprit donne la vie”, l’apôtre saint Paul n’hésite pas à discréditer Moïse lui-même, et les Israélites avec lui : “Nous ne faisons pas comme Moïse, qui se mettait un voile sur le visage, marquant par là que les enfants d’Israël ne pourraient souffrir la lumière… Et ainsi leurs esprits sont demeurés endurcis et aveuglés. Car jusqu’aujourd’hui même, lorsqu’ils lisent le vieux Testament, ce voile demeure toujours sur leur cœur…” (5-14).

 Le christianisme a répudié la notion raciste de peuple élu, étant une religion universaliste qui s’adresse à tous les hommes, au même titre que le zoroastrisme. L’attachement des chrétiens à “l’histoire sainte”, récit des tribulations du peuple juif – récit au demeurant dépourvu de valeur historique -, ne doit pas faire illusion, puisque l’Ancien Testament prend un sens nouveau avec le Christ : la foi chrétienne est revenue aux principes du zoroastrisme en s’affranchissant du judaïsme. Elle enseigne à nouveau une morale universelle et, ce faisant, elle a rompu avec la morale particulariste des Juifs. Elle appelle les fidèles, comme le faisait Zoroastre, à prendre le parti du bien contre le mal. La morale zoroastrienne était une éthique de la vérité, opposée au mensonge. Jean Haudry parle même d’une “religion de la vérité” propre au monde indo-iranien (“Mithra, adversaire ou précurseur du christianisme ?”, pp. 153-4). Ahura Mazda était l’homologue du dieu védique Varuna, dont le nom signifie “Parole vraie”.

La triade pensée, parole, action était au cœur de la morale zoroastrienne. Pour être sauvé, il fallait avoir de bonnes pensées, prononcer de bonnes paroles, faire de bonnes actions. Le Confiteor porte témoignage de cette filiation morale qui nous unit au prophète de l’Iran, par delà les siècles. “Je confesse à Dieu… que j’ai beaucoup péché par pensée, par parole et par action…” (“Confíteor Deo… quia peccavi nimis cogitatione, verbo et opere…”, dans la forme traditionnelle, dite extraordinaire, du rite romain ; dans la forme ordinaire, on ajoute : “omissione”, “par omission”). Marc Philolenko, dans son étude des origines du Confiteor, a conclu que la formule était issue de l’Iran mazdéen : “La formule ternaire pensée-parole-action remonte aux Gatha, peut-être même est-elle plus ancienne” (cité par Jean Haudry, La triade pensée, parole, action dans la tradition indo-européenne, p. 8). C’est Damase Ier, pape de 366 à 384, qui l’a introduite dans l’ordinaire de la messe en l’empruntant aux chrétiens d’Alexandrie, en Egypte. Il semble ainsi que le zoroastrisme a exercé une influence bienfaisante sur l’Eglise à ses débuts en favorisant le développement de son enseignement moral.

La foi chrétienne contient aussi une éthique de la vérité : “Que ton oui soit oui, que ton non soit non, tout le reste vient du démon”, a dit le Christ (Matthieu, V 37). Elle est exaltée dans le dialogue avec Pilate : “Je ne suis né et je ne suis venu dans le monde que pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix” (Jean, XVII 17). Cependant, le christianisme a perfectionné le zoroastrisme également dans le domaine moral, car il contient plus encore une éthique du pardon et de la charité, opposée à la cruauté de la Bible hébraïque, et qui n’était pas présente dans le zoroastrisme, sinon à l’état de traces. “La prédication du prophète Zarathustra est tout axée sur le châtiment des méchants et la récompense des justes. Son dieu est un dieu de justice, non de miséricorde” (Jacques Duchesne-Guillemin, Zoroastre, p. 77).

Le christianisme est à la fois un dépassement du judaïsme et un accomplissement du zoroastrisme. Le judaïsme de l’Ancien Testament a été un détour entre Zoroastre et Jésus.

En second lieu, le christianisme a ajouté aux dogmes zoroastriens la création ex nihilo, le péché originel, l’Incarnation, la Rédemption par le Sacrifice de la Croix et la Sainte Trinité.

La création ex nihilo traduit toute la puissance et toute la grandeur de Dieu, car la création dont Il est l’auteur n’est plus la mise en ordre d’une réalité préexistante. Ahura Mazda, quant à lui, n’était que l’agent de la mise en place des éléments constitutifs de l’univers, l’ordonnateur du chaos.

Le péché originel est la vraie solution au problème du mal, à la théodicée. Unde malum, d’où vient le mal ? s’interrogeait Tertullien. Pourquoi le mal, alors que Dieu est à la fois tout-puissant et infiniment bon ? La réponse est que la liberté donnée aux créatures, qui est un bien, leur permet de commettre le mal. Le grand philosophe Leibniz avait donc raison de conclure que le monde était le meilleur possible, nonobstant les railleries dérisoires de Voltaire.

Le récit de la Chute, dans la Genèse, ne provient pas du zoroastrisme, il est un emprunt à la religion accadienne et les Accadiens étaient des Sémites. On ne voit rien d’autre, dans la foi chrétienne, qui soit d’origine sémitique. Mais seul le christianisme en a déduit le dogme du péché originel, qui est ignoré tant du judaïsme sacerdotal de l’Ancien Testament – celui des sadducéens à l’époque du Christ – que du judaïsme actuel – qui est (on a trop tendance à l’ignorer) celui des pharisiens dont parle l’Evangile – et de l’islam. Marqué par le péché originel, le fidèle chrétien est libre de choisir le bien et de refuser le mal avec l’aide de la grâce pour gagner le salut. Dans l’Ancienne Alliance, l’Israélite devait être l’esclave de Dieu : la plupart des traductions de la Bible hébraïque sont édulcorées sur ce point et écrivent pudiquement “serviteur” pour esclave. Le lecteur moderne a tendance à y voir un domestique ou un employé de maison, alors que, par exemple, le dixième commandement de Dieu indique clairement que le “serviteur” appartient à son maître, donc qu’il est un esclave, en bon français. Ici, aussi, la rupture est nette dans la Nouvelle Alliance : le fidèle le plus saint reste libre. L’amour de Dieu ne commande pas l’esclavage. “Le Seigneur, c’est l’Esprit, et où est l’esprit du Seigneur, là est la liberté” (II Corinthiens, III 17).

Le zoroastrisme enseigne que le prophète, ou son fils, reviendra pour chasser les démons et ressusciter les morts. La foi chrétienne dit que Jésus-Christ, le Sauveur, reviendra à la fin des temps, mais aussi qu’Il a d’abord donné sa vie sur la Croix pour sauver les hommes. La Rédemption par le Sacrifice du Christ confère une tout autre dimension à l’économie du salut. Et Zoroastre n’est qu’un homme, en dépit du destin fabuleux que l’Avesta lui prête, tandis que le Christ est l’Incarnation de Dieu, Dieu fait homme.

La Sainte Trinité est ébauchée dans le zoroastrisme, où sont présents, aux côtés d’Ahura Mazda, d’une part, Zoroastre, prophète et Sauveur, d’autre part, Spenta Manyu, l’Esprit Saint. Mais Zoroastre n’est qu’un homme, et Spenta Manyu n’est pas un dieu. Au contraire, dans le mystère de la Sainte Trinité, Dieu est à la fois Un et constitué de trois Personnes divines, le Père, le Fils, que le Père a engendré, et le Saint-Esprit, qui procède du Père et du Fils.

Le christianisme n’a pas seulement hérité du zoroastrisme, il en est l’accomplissement sublime.

Les Pères de l’Eglise se sont réclamés des philosophes grecs qui étaient arrivés, par l’usage de la seule raison, à la croyance en un Dieu unique et en l’immortalité de l’âme. De même, Saint Justin martyr, au IIe siècle, ayant observé le parallélisme du mazdéisme avec le christianisme, en avait conclu que Zoroastre était un témoin de l’Evangile parmi les païens. « La prédication passionnée, exclamatoire, de Zarathustra est tout animée par la présence qu’il sollicite et adjure sans cesse, et qui se révèle. Elle nous rappelle le ton des prophètes d’Israël. Zarathustra sait que Dieu parle par sa bouche. Il a reconnu en lui, en une série de visions, le Seigneur Saint… Tel Isaïe entonnant “Saint, saint, saint est le Seigneur…”, il s’écrie : “Je te reconnais saint, ô Seigneur Sage…” » (Jacques Duchesne-Guillemin, “L’Iran antique et Zoroastre”, pp. 658 et 661). Le Saint-Esprit, qui a parlé par les prophètes, a parlé en premier lieu par Zoroastre, le prophète de l’Iran, qui vécut 1.200 ans avant le Christ, 700 ans avant la Bible, à l’aube de la Révélation ; en second lieu seulement et beaucoup plus tard par les prophètes de l’Ancien Testament, qui ont poursuivi l’enseignement du fondateur du mazdéisme. Zoroastre fut le prophète primordial.

N’est-ce pas la signification profonde de l’hommage que “des mages venus d’Orient” ont rendu à l’enfant Jésus dans sa crèche de Bethléem (Matthieu, II 1-12) ? Bien que l’Avesta ignorât les mages, c’était le nom que l’on donnait aux prêtres zoroastriens à l’époque du Christ. “L’étoile qu’ils avaient vue en Orient” – en Orient, c’est-à-dire en Iran – les conduisit jusqu’à Jésus. Ainsi, les prêtres de Zoroastre apparaissent au tout début du Nouveau Testament, au deuxième chapitre du premier Evangile, juste après la naissance de Jésus et sa généalogie, qui, par saint Joseph, le rattache à Abraham, ce qui marque le double héritage du christianisme, direct pour le judaïsme, indirect pour le zoroastrisme.

Saint Matthieu savait fort bien qui étaient les mages et, après lui, les auteurs chrétiens des premiers siècles, comme saint Justin martyr, ne l’ignoraient pas non plus. Ils ont donc vénéré Zoroastre, maître des mages venus adorer l’enfant Jésus. Le progrès des connaissances montre qu’ils ont eu tout à fait raison, bien qu’ils fussent en dessous de la réalité, ne mesurant pas l’étendue de la concordance des dogmes ni l’antériorité de Zoroastre sur la Bible.

A partir du IIIe siècle, avec Tertullien, qui de ces prêtres a fait des rois, le souvenir des mages a été noyé dans la lumière de l’Epiphanie et on a perdu de vue le lien avec Zoroastre. Aujourd’hui, des commentateurs tendancieux présentent les mages de l’Evangile comme de vagues “astrologues”, venus d’un “Orient” fabuleux. C’est de la désinformation scripturaire. Il faut rétablir la vérité. Les mages venus adorer l’enfant Jésus à Bethléem étaient des prêtres de Zoroastre.

Ex Oriente lux, la lumière apparut d’abord là-bas, en Iran, à l’est de la Palestine. Les présents que les mages firent à Jésus étaient le symbole de l’héritage religieux qu’ils léguaient au christianisme. En se prosternant devant Lui pour l’adorer, ils ont célébré par là-même la translation du zoroastrisme au christianisme.

Post-scriptum

On pourrait être tenté de nous taxer de semi-marcionisme, vu les critiques sévères, parfois acerbes, que nous nous sommes cru autorisé à faire à l’Ancien Testament, pris du moins dans son sens littéral. Osera-t-on en dire autant de l’apôtre saint Paul – s’il nous est permis de nous comparer à lui -, qui a défini l’Ancienne Alliance, on ne le répétera jamais assez, comme “le ministère de la mort”, “le ministère de la condamnation” (II Corinthiens, III 7, 9) ? Aussi inattendues, voire provocantes ou irrévérencieuses, que puissent paraître parfois nos analyses, elles sont fondées sur des données avérées ou sur des hypothèses vraisemblables et s’appuient sur l’autorité des savants considérables que nous avons cités… tout en bénéficiant du sauf-conduit délivré par deux Pères de l’Eglise, saint Justin martyr et Clément d’Alexandrie. Nous croyons qu’elles ne sont en rien contraires au Magistère de l’Eglise catholique, qui s’impose à nous comme à tout autre fidèle. A notre humble avis, on tombe plutôt dans l’hérésie, et même dans le blasphème, en faisant une lecture littérale des passages de l’Ancien Testament qui imputent à Dieu la responsabilité de crimes commis par les Juifs, oubliant ce principe cardinal : “La lettre tue et l’esprit donne la vie” (ibidem, 6).

L’exigence de vérité à laquelle le Christ nous a appelés nous paraît justifier l’acte de réinformation religieuse, historique et théologique que nous avons voulu faire dans le présent article sur les origines zoroastriennes de l’Occident chrétien.

Sources et références

– Duchesne-Guillemin (Jacques), “La religion iranienne”, Les religions de l’Orient ancien (Librairie Arthème Fayard, 1957) ; La religion de l’Iran ancien (Presses universitaires de France, 1962) ; “Zoroastrianism and Parsiism”, The new Encyclopædia Britannica, Macropædia, tome 19 (Encyclopædia Britannica, Inc., Chicago, Etats-Unis, 1977) ; Zoroastre – étude critique avec une traduction commentée des Gâthâ (Robert Laffont, 1981) ; “L’Iran antique et Zoroastre”, Histoire des religions, tome 1 (Gallimard, Encyclopédie de la Pléiade, 1982) ; “L’Eglise sassanide et le mazdéisme”, Histoire des religions, tome 2 (Gallimard, Encyclopédie de la Pléiade, 1983).

– Dumeige (Gervais), Textes doctrinaux du Magistère de l’Eglise sur la Foi catholique (éditions de l’Orante, 1984).

– Dumézil (Georges), Naissance d’archanges (Jupiter, Mars, Quirinus III) – Essai sur la formation de la théologie zoroastrienne (Gallimard, 1945) ; Idées romaines (Gallimard, 1969), deuxième partie, chapitre IV, “Les rois romains de Cicéron” [intitulé “Les archanges de Zoroastre et les rois romains de Cicéron” dans le recueil de 1992, voir ci-dessous] ; Les dieux souverains des Indo-Européens (Gallimard, 1977), introduction, “Les dieux indo-iraniens des trois fonctions”, et chapitre III, “Réformes en Iran” ; “L’idéologie tripartie des Indo-Européens”, dans le recueil posthume Mythes et dieux des Indo-Européens présenté par Hervé Coutau-Bégarie (Flammarion, 1992). [Georges Dumézil (1898-1986), major au concours d’entrée de l’Ecole normale supérieure (rue d’Ulm), agrégé de lettres, fut directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire des “civilisations indo-européennes”, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres et de l’Académie française. Il fut le maître des études indo-européennes. Ne soyons pas avare de notre admiration : Dumézil fut un génie de la science.]

– Eliade (Mircea), Histoire des croyances et des idées religieuses, tome 1, de l’âge de la pierre aux mystères d’Eleusis (Payot, 1984), chapitre XIII, “Zarathoustra et la religion iranienne” ; tome 2, de Gautama Bouddha au triomphe du christianisme (Payot, 1984), chapitre XXVII, “Nouvelles synthèses iraniennes”.

– Haudry (Jean), “Mithra, adversaire ou précurseur du christianisme ?”, Zarathoustra et renouveau chrétien de l’Europe (Guy Trédaniel, 1996) ; La triade pensée, parole, action dans la tradition indo-européenne (Archè, Milan, Italie, 2009).

– Kellens (Jean), La quatrième naissance de Zarathushtra (Seuil, 2006) ; Lecture sceptique et aventureuse de la Gâthâ ustauuaiti – études avestiques et mazdéennes, vol. 6 (éditions de Boccard, 2019). [Né en 1944, Jean Kellens, spécialiste de l’Avesta, a été professeur au Collège de France, titulaire de la chaire des “langues et religions indo-iraniennes”. Il est dommage que l’immense savoir acquis par Jean Kellens dans son domaine soit pollué par une idéologie nauséabonde inspirée du marxisme. Voir un passage de La quatrième naissance de Zarathushtra, pp. 81-82, où il se surpasse dans l’ineptie, affirmant notamment que tous les gènes sont “banals”… comme si les gènes d’un chimpanzé valaient ceux d’un professeur au Collège de France !]

– König (Franz, cardinal), “Zoroaster”, The new Encyclopædia Britannica, Macropædia, tome 19 (Encyclopædia Britannica, Inc., Chicago, Etats-Unis, 1977) ; Influence of Zarathustra in the World, conférence du 24 octobre 1976 à l’université de Téhéran, en ligne : http://www.zoroastrian.org.uk/vohuman/Article/ – 2018 (consulté le 26 juin 2021). [Conspiration du silence ? Le fait est que le texte de la conférence historique du cardinal König est quasiment introuvable. On peut comprendre que l’université de Téhéran l’ait mis sous le boisseau après la révolution islamique de 1979, mais il devrait être fameux en Occident. Peut-être son auteur a-t-il regretté l’audace dont il avait fait preuve dans l’expression de la vérité. Toujours est-il que nous ne l’avons déniché que sur des sites zoroastriens. Nous avons donné ici le lien de l’article en ligne sur le site English Zoroastrian (zoroastrien anglais), http://www.zoroastrian.org.uk . Il faut féliciter ses administrateurs pour la qualité de leur travail. Le Centre européen d’études zoroastriennes, sis à Bruxelles, a édité le texte de la conférence en format papier et l’on peut commander la brochure sur son site, http://www.gatha.org .]

– Varenne (Jean), Zarathustra et la Tradition mazdéenne (Seuil, 2006) ; Zoroastre, le prophète de l’Iran (Dervy, 2020).

– Widengren (Geo), “Stand und Aufgaben der iranischen Religionsgeschichte”, Numen – international Review for the History of Religions, Brill Publishers, Leyde, Pays-Bas, 1954 ; 2, 1955 [cité par le cardinal Franz König, Influence of Zarathustra in the World, op. cit.] ; Les religions de l’Iran (Payot, 1968) ; “Iranian Religions”, The new Encyclopædia Britannica, Macropædia, tome 9 (Encyclopædia Britannica, Inc., Chicago, Etats-Unis, 1977).

– Zaehner (Robert Charles), Dawn and twilight of zoroastrianism, 1961, G.P. Putnam’s sons, New York, Etats-Unis, s. d..

– Nous avons utilisé concurremment plusieurs traductions de la Bible en français : (1) Louis-Isaac Lemaître de Sacy (1700 ; Robert Laffont, coll. Bouquins, 1990), la plus élégante ; (2) Edouard Dhorme (Gallimard, “La Pléiade”, t. 1, 1971, t. 2, 1972), qui ne contient que l’Ancien Testament ; (3) Traduction œcuménique de la Bible (Librairie générale française, “Le livre de poche”, t. 1, 2018, t. 2, 2013, t. 3, 2016) ; (4) chanoine Augustin Crampon (1923, réimpression aux éditions D.F.T., 1989) ; (5) La Bible de Jérusalem (éditions du Cerf, 1984), trop souvent partiale et tendancieuse, tant dans le texte lui-même que dans les commentaires, et donc peu digne de foi.

– A noter que les articles en français de Wikipédia sur le sujet sont en général peu recommandables. Exception : l’article “Avestique” (consulté le 2 mai 2021).

Remarques

1. Eu égard aux conditions de la lecture en ligne, nous avons mis dans le corps du texte, en général entre parenthèses, les précisions qui auraient dues normalement être renvoyées en notes, en ne donnant que les titres des ouvrages figurant in fine dans la bibliographie (« Sources et références« ).

Les mots tirés du sanscrit ou de l’avestique ont été transcrits ici d’après Jean Kellens, sauf dans les citations d’autres auteurs. Les caractères spéciaux de la transcription ont cependant été remplacés par un équivalent. Les noms communs ont pris au besoin la marque du pluriel français. Nous avons renoncé à mettre le “ch” français en lieu et place du “sh” anglais parce que tous les auteurs ici mentionnés avaient gardé celui-ci.

2. Le personnage fabriqué par Frédéric Nietzsche dans son poème parodique Ainsi parlait Zarathoustra (1884) n’a rien à voir avec le prophète de l’Iran. Ses idées nihilistes et grandiloquentes sont aux antipodes du zoroastrisme. “C’est un nom seulement, et rien d’autre – à part peut-être certain ton de vaticination et certaine couleur orientale -, que Nietzsche a voulu emprunter au prophète iranien ; des véritables doctrines de celui-ci, on chercherait en vain la trace dans Ainsi parlait Zarthustra. (Et il ne viendra sans doute à l’idée de personne de les y chercher !)” (Jacques Duchesne-Guillemin, Zoroastre, pp. 10-11).

Henry de Lesquen

Article publié le 4 juillet 2021,
mis à jour au 10 août 2021.

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