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Dix bonnes raisons d’en finir avec Zemmour

Voici dix bonnes raisons d’en finir avec Zemmour, c’est-à-dire de faire justice de sa réputation usurpée de champion du patriotisme français. Plus une conclusion.

1. Zemmour est un immigré algérien qui n’a pas une goutte de sang français.

2. Zemmour est un israélite de stricte observance – qui a évidemment épousé une Juive. Or, le judaïsme (pharisaïque, talmudique, rabbinique) est une religion orientale – isomorphe de l’islam – qui est incompatible avec l’identité nationale de la France et avec la civilisation occidentale.

Pour autant, il ne fait pas de doute que de nombreux israélites français sont parfaitement assimilés, non seulement en apparence, mais dans la réalité. Un Français juif est un Français comme les autres, il est assimilé, pourvu qu’il rejette le Talmud, lequel tient les non-Juifs pour des bêtes, qu’il n’appartienne à aucune autre communauté que la communauté nationale française, enfin que la sympathie qu’il a tout à fait le droit d’avoir pour Israël ne l’entraîne pas à faire allégeance à un Etat étranger et à avoir une double nationalité.

3. Israélite de sricte observance, Zemmour ne rejette pas le Talmud, qui tient les non-Juifs pour des bêtes (Talmud, Keritot 6b, Yebamot 61a, “Vous êtes des hommes, tandis que les non-Juifs ne sont pas des hommes.”). Ni la Cabale, qui définit les Juifs comme des étincelles de la Divinité (Chekinah) dispersées au milieu du fumier des “Goyim” (pluriel de “Goy”, terme de mépris pour désigner les non-Juifs). Encore moins, évidemment, la théorie raciste du peuple élu, commune à la Bible hébraïque, au Talmud et à la Cabale. Zemmour n’a donc pas élevé la moindre critique contre les affirmations abjectes du grand-rabbin d’Israël Ovadia Yosef (1920-2013), pour qui les non-Juifs n’étaient nés que pour servir les Juifs (sic).

4. Il a beau se présenter comme un grand patriote, Zemmour montre parfois le bout de l’oreille, si l’on ose dire. “Juif à la maison, Français dans la rue”, a-t-il déclaré. Telle est, selon lui, la définition de l’assimilation pour les Juifs… Autrement dit : “Juif en réalité, Français en apparence.” Français pour la galerie. Zemmour a un double discours, une double morale, un double visage.

Zemmour n’a pas craint de préciser : “Eric à l’état civil, Moïse à la synagogue.” Pourquoi se gêner ? Moïse Eric Zemmour part du principe que la crédulité des Gogoys est infinie. (“Gogoy”, contraction de “gogo” et de “Goy” : il n’y a pas de meilleur mot pour qualifier ses suiveurs.)

5. Etant constitutionnellement dépourvu du sens de la grandeur, Zemmour a la choutzpah (impudence) de mépriser la France. Dans Mélancolie française, il affirme effrontément que notre pauvre pays a toujours tout raté, qu’il voulait être un empire, mais qu’il n’a pu être qu’une misérable nation. On passera sur l’absurdité et la prétention de la thèse de cet historien de pacotille pour ne retenir que sa volonté d’abaisser la France et son incapacité congénitale à en comprendre la grandeur. Dans Destin français, il estime que la France n’aurait rien de mieux à faire pour sortir de sa prétendue nullité que de tenter de prendre pour modèle un petit Etat asiatique de création récente – j’ai nommé Israël.

Dans sa lettre ouverte à Zemmour au sujet de Suicide français, Raphaëlle Auclert s’adresse à lui en ces termes : « Non content de faire du peuple [français] l’artisan de son propre malheur, vous suggérez que ce malheur est mérité ; à maintes reprises, au détour d’une phrase rappelant un fait historique, vous ajoutez des jugements de valeur qui ne sont fondés sur rien et tendent systématiquement à dénigrer les Français. Pour ne citer que quelques exemples : de Gaulle “dirigea un peuple qui se voyait comme un ramassis de pleutres et de collabos” (p. 22) ; “l’avilissement des soldats dans la boucherie de la Première Guerre mondiale encouragea les hommes à jeter aux orties le fardeau qu’ils avaient entre les jambes” (p. 32) ; “cet élan vital qui n’existe plus chez [les] hommes en temps de paix” (p. 133) ; “les vieux peuples fatigués d’Europe” (p. 71). » Enfin, dans ce livre où il traîne les Français dans la boue, Zemmour conclut que la France est déjà morte, sans paraître s’en affliger outre mesure. Zemmour est un vautour qui tient la France pour une charogne. Comme défenseur de la nation, on pourrait rêver mieux…

6. Zemmour vend du patriotisme comme il vendrait des bretelles. C’est son fonds de commerce. Pour autant, il ne produit pas la moindre idée originale. Sa méthode est de piller et de plagier les idées des hommes de droite – et notamment celles du CDH – pour les recycler à son bénéfice. C’est ainsi qu’il fait illusion et qu’il parvient sans peine à duper la foule des Gogoys qui le suivent et l’admirent en répétant bêtement : “Enfin quelqu’un qui défend nos idées !

Chez Zemmour, le mensonge est une seconde nature et son sourire perpétuellement narquois manifeste la jubilation que lui inspire la naïveté de ses dupes, qu’il méprise intensément. Rien ne prouve qu’il soit honnête et sincère. Tout démontre le contraire, du moins quand il fait mine d’aimer la France. Ce qui prête à confusion, en outre, c’est que cet individu appartient à l’extrême droite sioniste et qu’il est effectivement sincère quand il clame sa haine des Arabes et des musulmans.

7. Zemmour est un ISP, un immigré super-patriote. C’est un rôle de composition qui relève d’une opération de subversion fort habile : faire accroire aux bons Français de droite ou d’extrême droite, hostiles à l’immigration, qu’ils ne seront jamais mieux défendus que par des immigrés ! Lesquels sont en quelque sorte “des chances pour la France”. C’est la pierre philosophale de l’antiracisme. Le méchant raciste anti-immigrés devient un farouche partisan des “bons immigrés”, sans même s’être rendu compte qu’on lui a retourné le cerveau, et il accepte désormais l’immigration : il veut même que la France soit dirigée par un immigré comme Zemmour !

Le simple fait d’accepter qu’un ISP, immigré super-patriote, comme Zemmour, devienne le champion de la France française est hénaurme, comme dirait Ubu, et démontre le degré d’aliénation où on est tombé.

J’entends parfois : « C’est fantastique ! Parce qu’il est juif, Zemmour peut dire des choses que nous, nous n’avons pas le droit de dire. » Incroyable acte de soumission à l’oligarchie cosmopolite qui fait des Français de sang des étrangers dans leur propre pays.

8. Comme chacun sait, le groupe juif est surreprésenté dans les media. 1% d’israélites dans la population, 50% sur les plateaux de télévision. (On ne s’étonnera pas que les invités de Zemmour dans son émission soient en majorité des Juifs comme lui : Attali, Lévy, Finkielkraut, etc.) Il y a un Juif pour tous les goûts et pour toutes les opinions. Êtes-vous cosmopolite ? Vous vous reconnaîtrez dans Attali, Cohn-Bendit, Lévy (Bernard-Henri)… Êtes-vous nationaliste ? Vous vous reconnaîtrez dans Zemmour, Finkielkraut, Lévy (Elisabeth)… Il faut donc être bien naïf pour croire que le succès médiatique de Zemmour n’est dû qu’à son talent et que son appartenance audit groupe n’y est pour rien.

9. Zemmour occupe le terrain médiatique pour en barrer l’accès aux Français qui représentent vraiment la droite. Mais les braves gens de droite n’y voient que du feu. “Enfin, pensent-ils, il y a à la télévision quelqu’un qui défend nos idées !” Zemmour, donc. Ils ne se rendent pas compte, dans leur naïveté, que Zemmour prend la place des nationalistes authentiques, des Français qui défendent les idées nationales avec la sincérité qu’il n’a pas, et avec au moins autant de talent que cet histrion.

10. S’il défend en général de bonnes idées, et cela va de soi, puisque c’est son fonds de commerce de se faire passer pour le champion des idées nationales, Zemmour s’emploie à les corrompre en distillant le poison de la subversion. Passons sur le fait qu’il défende l’euro et l’Union européenne. Il est déjà peu tolérable qu’il ait fait l’éloge de Robespierre et donc de ce qu’il y avait de pire dans l’horrible révolution (Le Figaro du 5 novembre 2015). On l’a vu, pour lui, la France est une nation ratée, qui ne mérite pas de survivre, et son peuple est méprisable. Elle ne pourrait faire mieux que d’imiter Israël, modèle incomparable. En fait, Zemmour est un agent d’influence israélien. Il ne sert pas les intérêts de la France, mais ceux d’Israël. C’est pourquoi il incite ses suiveurs à combattre l’islam, et exclusivement l’islam, et à occulter la question raciale, qui est pourtant centrale. Selon lui, la France devrait se débarrasser des musulmans, comme Israël l’a fait avec les Palestiniens, mais elle pourrait sans inconvénient devenir une société multiraciale sous la pression de l’immigration congoïde. Ainsi, le suicide français serait réalisé si l’on écoutait Zemmour, la France ne serait plus la France, puisque, comme l’a dit fortement le général de Gaulle, “nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne”.

Conclusion

Zemmour est un imposteur… Il a beau se draper dans le manteau du patriote, ce pharisien est en réalité un Français de papier. Pire, un ennemi de la France, de sa religion, de ses traditions, de son identité.

Pour paraphraser Clemenceau, je dirai que la bêtise politique est ce qui donne le mieux le sentiment de l’infini. Les hommes de droite qui sont nationalistes, opposés à l’immigration, racistes (dans le bon sens du terme), accourent en masse pour célébrer Zemmour, dont ils ont fait leur idole.

La stupidité des Gogoys qui adulent Zemmour laisse pantois.

Les dix crimes de Valéry Giscard d’Estaing, par Henry de Lesquen

Des morts il ne faut dire que du bien, paraît-il : “De mortuis nihil nisi bene.” C’est sans doute pour cela que Valéry Giscard d’Estaing (1926-2020) a été couvert de fleurs après sa mort le 2 décembre 2020. Mais l’adage ne devrait pas s’appliquer à un homme politique, et surtout pas à lui. On doit au contraire, pour rétablir la vérité, dénoncer sans plus attendre les crimes qu’il a commis contre la nation au cours de son mandat de président de la république, de 1974 à 1981, mais aussi avant, en 1973, en tant que ministre des finances, et encore après, en 2005, comme auteur du projet de constitution de l’Union européenne.

1. C’est à Giscard que nous devons le poids de la dette publique. Ministre des finances sous Pompidou, il a fait adopter la loi du 3 janvier 1973 qui disposait dans son article 19 que les conventions par lesquelles la Banque de France ferait des avances au Trésor seraient désormais soumises au parlement. La convention qu’il a signée le 17 septembre 1973, approuvée par la loi du 21 décembre 1973, a gelé à 20,5 milliards de francs le montant total de ces avances. Désormais, l’État n’a pu bénéficier des concours gratuits de la Banque de France, il a dû emprunter sur les marchés financiers pour le plus grand bénéfice des banques commerciales. Depuis lors, la charge des intérêts n’a cessé de gonfler l’endettement de l’État.

2. C’est à Giscard que nous devons la mise à mort des enfants à naître. Il a nommé l’horrible Simone Veil dans son gouvernement en 1974 pour qu’elle fît adopter la loi abominable du 17 janvier 1975 qui a légalisé l’avortement, autrement dit l’assassinat des enfants dans le ventre de leur mère. Il fut donc le premier responsable de la choah des enfants français, qui avait déjà fait, à sa mort, le 2 décembre 2020, dix millions de petites victimes innocentes.

3. C’est à Giscard que nous devons la pornographie. Dès son élection en 1974, il a aboli toute censure et toute répression de l’outrage aux bonnes mœurs. Autorisés dans tous les cas, aussi immondes fussent-ils, les films pornographiques ont été classés “X” par décret du 31 octobre 1975.

Dans le même esprit de renversement de la morale, Giscard a imposé la mixité au lycée et donné aux lycéennes le droit de prendre la pilule à l’insu de leurs parents (loi du 4 décembre 1974 relative à la régulation des naissances, article 2 : “Les centres de planification familiale sont autorisés à délivrer, à titre gratuit, des produits contraceptifs aux mineurs désireux de garder le secret.”).

Ainsi, au nom de la modernité, en réalité pour obéir aux injonctions de l’idéologie cosmopolite qui avait triomphé après Mai 68 et qu’il avait faite sienne, Giscard a mis en pièces la morale publique qui avait été depuis toujours le ciment de la société française.

4. C’est à Giscard que nous devons la dislocation de la famille. Il a autorisé le divorce par consentement mutuel (loi du 11 juillet 1975 portant réforme du divorce), ce qui a porté un coup fatal à l’institution familiale en instaurant un mariage à l’essai.

5. C’est à Giscard que nous devons le regroupement familial des immigrés en France. En donnant ce droit aux immigrés, le décret du 29 avril 1976 a transformé l’immigration de travail en immigration de peuplement et ouvert les vannes à l’invasion. Il a amorcé le grand remplacement du peuple français par les populations allogènes.

6. C’est à Giscard que nous devons le collège unique égalitaire. La loi Haby du 11 juillet 1975 relative à l’éducation a institué le collège unique en abolissant la diversité des filières. C’était l’aboutissement du plan Langevin-Wallon de 1947, d’inspiration marxiste, qui niait l’inégalité des talents et des aspirations. Cette réforme calamiteuse a profondément dégradé la qualité de l’enseignement au détriment des enfants, surtout des plus faibles.

7. C’est à Giscard que nous devons le poids des prélèvements obligatoires. Ce soi-disant libéral a fait passer le taux des impôts et autres prélèvements obligatoires de 34% à 40% du PIB durant son mandat. 6% d’augmentation en sept ans ! Aucun président n’a fait autant, ni avant ni après lui.

8. C’est à Giscard que nous devons l’effacement de la souveraineté nationale. Partisan fanatique des États-Unis d’Europe, donc d’un pouvoir supranational, Giscard a été l’initiateur du processus fatal qui a conduit à l’assujettissement des nations à l’Union européenne. C’est ainsi qu’il a fait donner officiellement à l’assemblée des communautés européennes le titre de “Parlement européen” et que, sur sa proposition, le Conseil européen a décidé le 20 septembre 1976 que les députés européens seraient élus désormais au suffrage universel.

9. C’est à Giscard que nous devons la monnaie unique européenne. Il en était partisan pour des raisons idéologiques, car ce devait être l’attribut d’un pouvoir supranational. Dans cette perspective, Valéry Giscard d’Estaing a obtenu le 13 mars 1979 la création du système monétaire européen, doté d’une unité de compte, l’ECU (European Currency Unit, unité monétaire européenne), et qui liait les monnaies nationales entre elles, étroitement et irrévocablement. Étape décisive qui a conduit à la monnaie unique : le 1er janvier 1999, l’euro a succédé à l’ECU et remplacé le franc en assujettissant notre économie à un carcan qui a étouffé la croissance.

10. C’est à Giscard que nous devons l’Union européenne supranationale. Vingt-quatre ans après avoir quitté l’Élysée, Valéry Giscard d’Estaing a été le principal auteur du projet de constitution de l’Union européenne. Ce traité scélérat, qui portait atteinte à la souveraineté nationale, a été rejeté par le peuple français lors du référendum du 29 mai 2005, mais ses dispositions ont été intégralement reprises par le traité de Lisbonne signé par Nicolas Sarkozy le 13 décembre 2007 et adopté par le parlement français le 8 février 2008.

Conclusion

C’est donc en premier lieu à Giscard que nous devons le déclassement de la France. Certes, il était dans la continuité de son prédécesseur, Georges Pompidou, qui avait déjà prohibé la préférence nationale et créé un délit d’opinion par la loi Pleven du 1er juillet 1972, mais, après 1974, l’État a imposé à la société française un changement radical et global qui devait entraîner une rupture de la chaîne des générations. Les réformes de Giscard étaient un tout qui faisait système. Au nom de la modernité, il a entrepris de faire table rase des traditions et de liquider l’héritage. Certes, ses successeurs ont poursuivi de plus belle dans la voie de la décadence, mais aucun d’entre eux ne fut plus efficacement que lui l’instrument de la révolution cosmopolite issue de Mai 68. Traître à la nation, ennemi de la civilisation, ce barbare ripoliné aux couleurs de la modernité restera dans l’histoire marqué du sceau de l’infamie.

Rétablir la vérité sur l’esclavage, par Henry de Lesquen

Voici une analyse de l’esclavage en 10 points, plus une conclusion, au titre de la réinformation.

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1. Le discours convenu est anachronique. On ne peut abolir l’esclavage qu’à un certain degré de développement économique.

 

2. Nul ne voudrait être réduit en servitude. Mais on a encore moins envie de mourir de faim. Cruelle alternative, jadis.

 

3. Je suis pour la liberté, donc contre l’esclavage. Mais je sais que l’on ne peut y mettre fin dans une société où règne la misère.

 

4. Selon George Stigler¹, prix Nobel, l’interdiction de l’esclavage est économiquement coûteuse, bien que moralement désirable.

 

5. Selon Robert Fogel², prix Nobel, l’esclavage était une solution efficace, bonne pour l’économie, bénéficiant à tous, dont les esclaves.

 

6. L’abolition de l’esclavage a eu des conséquences catastrophiques pour tous quand elle a été prématurée, comme en Haïti.

 

7. Les Pères de l’Eglise et les philosophes stoïciens ont admis l’esclavage au nom du droit naturel. Ils le tenaient comme un moindre mal.

 

8. Les noirs transportés en Amérique avaient été réduits en esclavage par d’autres noirs qui les avaient vendus aux blancs.

 

9. Les esclaves noirs emmenés en Amérique ont en général mieux vécu que s’ils étaient restés en Afrique.

 

10. Selon Fogel, les conditions de vie des esclaves noirs du Sud des Etats-Unis étaient meilleures que celles des ouvriers blancs du Nord.

 

Conclusion : l’esclavage s’est imposé jadis comme une nécessité³. Ce ne fut pas un crime. Nous n’avons pas à rougir de nos ancêtres.

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Voici 10 observations paradoxales sur l’esclavage pour compléter mon analyse

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1. Les descendants d’esclaves qui demandent réparation devraient s’adresser aux noirs d’Afrique, dont les ancêtres ont vendu les leurs.

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2. Les descendants d’esclaves qui demandent réparation sont en général des métis qui descendent aussi des esclavagistes.

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3. Les descendants d’esclaves qui demandent réparation ne seraient pas en vie s’il n’y avait pas eu l’esclavage.

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4. Il est clair que l’exportation des esclaves a rapporté aux Etats noirs et a bénéficié à l’économie africaine jusqu’à la colonisation.

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5. On nous jure que le christianisme condamne l’esclavage, mais Jésus n’a pas eu un mot contre cette institution.

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6. Les 4 grandes religions de l’humanité, hindouisme, bouddhisme, christianisme, islamisme, ont toutes approuvé l’esclavage.

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7. Le judaïsme talmudique (mitzvot n° 504 à 516), comme le judaïsme antique (10e Commandement), préconise l’esclavage.

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8. Les contempteurs de la traite des noirs sont muets sur la traite des blancs due aux Arabes barbaresques, qui a duré jusqu’en 1830.

Différence entre Arabes barbaresques et négriers occidentaux, les premiers capturaient les esclaves, les seconds les achetaient. Les Arabes ont capturé bien plus de noirs que les Occidentaux n’en ont acheté.

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9. Il n’y a pas de minorité noire dans les pays arabes, alors que la traite y a amené 15 millions d’esclaves noirs.

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10. Le sort du salarié importe peu à son employeur. Le sort de l’esclave compte beaucoup pour son maître.

Économie élémentaire. Le fait que le salarié puisse démissionner réduit l’investissement en capital humain.Capture d’écran 2015-11-07 à 20.11.25

Conclusion : le mythe du crime contre l’humanité appliqué uniquement à la traite transatlantique est une arme de la propagande cosmopolite.

Sans l’esclavage et la colonisation, la population congoïde mondiale serait 10 fois inférieure à ce qu’elle est. Ergo, les congoïdes qui râlent contre l’Occident lui doivent la vie 9 fois sur 10.

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Henry de Lesquen

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¹ George Stigler

² Time on the cross, Fogel, Robert William
Engerman, Stanley L.

³ Il s’agit de l’esclavage en général, autant celui des blancs que celui des noirs.

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Lecture complémentaire : 

Le bilan positif de la colonisation en Afrique

Pédophilie : comment Soral a soutenu Matzneff

Dans un article de sept pages daté du 16 janvier 2020, puis dans une émission d’une heure diffusée le 18 janvier 2020, opportunément dénommée “Pourquoi tant de haine ?” (comprendre ici : contre le pauvre Matzneff), Alain Bonnet dit Soral, feignant hypocritement de rester objectif, a volé au secours de l’ordure pédophile Gabriel Matzneff, que l’une de ses innocentes victimes, Vanessa Springora, venait de dénoncer dans un livre. Soral a utilisé pour cela tous les procédés de la mauvaise foi : diversion, minimisation, justification, victimisation.

Voir :

https://www.egaliteetreconciliation.fr/Pourquoi-tant-de-haine-16-Affaire-Matzneff-Alain-Soral-remet-les-pendules-a-l-heure-57817.html

Dans une vidéo de 2011, Soral avait déclaré :

Je défends Gabriel Matzneff. Je dis : je connais Gabriel Matzneff. Ce n’est pas une ordure. Voilà. Je le connais.

Voir :

Comme on le lui avait reproché à juste titre, il a prétendu le contraire en janvier 2020 : “Je ne connais pas Matzneff.” “Je ne soutiens pas Matzneff.” Mauvaise foi patente. Non seulement il est évident qu’il le connaît, puisqu’il l’avait avoué en 2011, mais il s’emploie en réalité à le soutenir par tous les moyens d’une rhétorique captieuse.

1. Diversion

Soral tente de “noyer le poisson”, comme on dit familièrement. Alors qu’il est censé parler du cas de Matzneff, et de lui seulement, il évoque beaucoup d’autres affaires, cite beaucoup d’autres noms, ce qui est hors sujet, mais lui permet au passage de relativiser les méfaits de Matzneff. Citons Soral :

Affaires Polanski, Woody Allen, Epstein… qui réveillent les vieilles affaires Cohn-Bendit, Polac… Les rumeurs sur Jack Lang, les aveux de Frédéric Mitterrand, de feu Me Thierry Lévy et autres sorties de Luc Ferry sur… Douste-Blazy ? (Pas beaucoup d’orthodoxes russes dans tout ça !) Sans oublier notre président dégénéré, dévoyé par sa vieille prof de femme !

Soral prétend que, si l’on attaque le pauvre Matzneff, c’est parce que, lui, il n’est pas juif… On ne voit pas en quoi cela pourrait changer quoi que ce soit à la culpabilité de Matzneff, d’autant que ce n’est même pas vrai : juste avant l’affaire Matzneff, qui faisait suite au livre de Vanessa Springora, “Le consentement”, publié en janvier 2020 et dont les “bonnes feuilles” l’avaient été en décembre 2019, on avait parlé abondamment de Roman Polanski, de Woody Allen ou encore de Jeffrey Epstein, tous trois israélites.

Soral se vante aussi d’avoir dénoncé les réseaux pédophiles, ce qu’il n’est pas le seul à avoir fait, d’autant qu’il n’a apporté pour sa part aucune preuve ni aucun élément nouveau, et qu’il s’est contenté de relayer les délires de ceux qui prétendent que le monde est dirigé en secret par un secte satano-pédophile… Ne pas confondre ragot et dénonciation. Encore une fois, il s’agit d’une diversion, qui ne diminue en rien l’ignominie du soutien apporté par Soral au pédophile Matzneff.

2. Minimisation

On sait que l’essentiel de l’activité pédophile de l’infâme Matzneff visait des petits garçons âgés de huit à douze ans, petits garçons français qu’il a sodomisés en France. Mais Soral n’évoque que le “tourisme sexuel” de Matzneff, qui s’est vanté d’être allé aux Philippines pour assouvir son vice. “Tourisme sexuel”, expression euphémistique pour désigner ces abominations pédophiles, et Soral ne le mentionne que négligemment, en deux lignes, en expliquant que Matzneff n’est qu’un parmi beaucoup d’autres :

Là, il a indubitablement un pied dans la pédocriminalité, mais un pied, là où beaucoup d’autres en ont deux, et qui l’attaquent aujourd’hui pour se défausser, sans jamais, eux, être inquiétés.

Ici, la mauvaise foi est palpable et l’inversion accusatoire, minable. D’abord, évidemment, si quelqu’un a « deux pieds dans la pédocriminalité« , c’est bien l’abominable Matzneff. De plus, en réalité, les pédophiles et les suspects de pédophilie ont accouru en rangs serrés pour soutenir Matzneff, et on ne peut pas citer un seul de ceux qui l’ont dénoncé à juste titre que l’on pourrait accuser de pédophilie.

Ayant ainsi évacué l’essentiel, qu’il ne pouvait ignorer en janvier 2020, à savoir les dizaines de petits garçons français souillés par Matzneff, Soral ne parle plus que de Vanessa Springora, laquelle avait quatorze ans quand Matzneff l’a séduite. Et, pour minimiser ce qui est moralement un crime, Soral feint de croire que ce n’était même pas interdit à l’époque. Bien sûr que si ! Le délit d’atteinte sexuelle sur mineur de quinze ans (entendez : de quinze ans ou moins) a toujours existé. Il était puni de cinq ans de prison, il l’est aujourd’hui de sept ans de prison (article 227-25 du code pénal). Les faits sont prescrits dans le cas de Vanessa, mais Matzneff n’a jamais cessé de continuer à commettre ses crimes et de s’en vanter, y compris dans le livre de 2013 qui a eu le prix Renaudot, “Séraphin, c’est la fin”.

Ensuite, Soral joue sur les mots, comme le font souvent les avocats de la pédophilie. A partir de douze ans, ce ne serait plus selon lui de la pédophilie, mais de “l’éphébophilie” (terme au demeurant incongru pour une petite jeune fille de quatorze ans, puisqu’un éphèbe est un jeune garçon)… On peut évidemment soutenir, ce qui n’est pas prouvé, que le traumatisme subi par l’enfant est plus grave quand il a huit ans que douze ou quinze ans, ou quand il n’est pas formé que quand il est pubère, mais on n’a pas le droit de minimiser la faute en la relativisant. C’est comme si on disait : “C’est moins grave, donc ce n’est pas grave”. Sophisme. Un crime est un crime, un délit est un délit.

Au fond, Matzneff n’aurait rien fait de très mal, d’après Soral. Tourisme sexuel ? Ce n’est pas un sujet. Quant à Vanessa, puisqu’elle avait quatorze ans, qu’elle était consentante, ce n’est pas une affaire. Donc, si l’on accable le pauvre Matzneff, ce serait à cause du féminisme et du “puritanisme anglo-saxon” dont il serait victime. Citons Soral à nouveau :

Soit, pour conclure : la double logique puritaine anglo-saxonne de la morale et du profit, portée par les idiotes utiles du féminisme, pour finir de liquider ce qui ressort aussi, sur le terrain gratuit du désir, de l’exception française…

La pédophilie, exception française, dit Soral ! Il faut le faire. Comme si les Français avaient jamais accepté la pédophilie ! Le scandale, c’est au contraire l’impunité dont Matzneff et ses pareils ont bénéficié après 1968 et jusqu’en fin 2019.

3. Justification

A qui la faute, demande Soral ? Evidemment, à Vanessa. A quatorze ans, elle voulait découvrir l’amour. Et elle a eu la chance de tomber sur Matzneff. De quoi se plaint-elle ?

Il vaut peut-être mieux à quatorze ans, quand on veut découvrir l’amour, être initiée par un écrivain raffiné” (sic).

Justification aussi, parce que c’était une belle histoire d’amour, nous dit Soral. Il a lu les superbes lettres d’amour que Matzneff avait adressées à une pauvre fille de quinze ans, une autre peut-être, que Soral a souillée à son tour (elle avait vingt ans quand il l’a connue, prétend-il, et il ne souvient même plus de son nom… on n’est pas forcé de le croire). Magnifique ! La pédophilie est un art.

D’ailleurs, on ne peut pas en vouloir à Matzneff. Plus un homme avance en âge, plus il est attiré par les femmes jeunes. Nous sommes obligés de citer les propos obscènes de Soral :

Pour qu’il y ait amour consommé, c’est-à-dire physique, puisque ça finit toujours par ça, l’homme doit bander. Pour ça, sauf déviance pathologique (gérontophilie, nécrophilie), la femme doit être excitante, donc plutôt jeune : visage sans rides, seins hauts, fesses fermes. Et, autre vérité concomitante : comme plus l’homme vieillit, plus il a du mal à bander, plus il vieillit, plus sa compagne doit être excitante, donc jeune.”

Et encore :

Et Greta Thunberg ? Si elle peut, à 16 ans, en remontrer sur la façon de gérer la planète aux leaders politiques adultes, elle peut aussi sucer des bites ?” (sic : ce type est à vomir).

D’ailleurs, de quoi se plaignent les femmes en général, et Vanessa Springora en particulier ?

Forcément traumatisant, l’homme, puisque se faire pénétrer, que ce soit par la bouche, le sexe ou le cul (en général avec les filles on procède dans cet ordre) recèle intrinsèquement une dimension de violence. Mais être pénétrées est le destin des femmes et leur plaisir passe aussi par là !

Mais le mieux est à venir :

De ce que je me suis laissé dire, ce petit monsieur délicat et précieux en a une petite (comme souvent ceux qui sodomisent facilement). Il n’est bien que dans du 14 ans, plus vieille, il ne touche plus les bords.

Plus sordide que Soral, on meurt !

4. Victimisation

Ne parlant ou presque, à propos de Matzneff, que de Vanessa Springora, Soral inverse la culpabilité. Vanessa aurait dû être reconnaissante, d’ailleurs elle était amoureuse. Toutes ces histoires d’emprise d’un homme de cinquante ans sur une fille de quatorze ans ne sont que des bobards psychanalytiques.

Qu’on se le dise ! Gabriel Matzneff est une victime. Il est vieux (quatre-vingt-trois ans en 2020), pauvre, passé de mode. Il est victime d’un “tribunal populaire” et d’un “lynchage”. On le pousse au suicide. Il est “envoyé au sacrifice”.

A aucun moment, Alain Soral n’a le moindre mot de compassion pour les nombreuses victimes du pédophile Matzneff. C’est ce dernier, et lui seul, qu’il présente comme une victime. L’inversion des valeurs est totale.

Pour être hypocrite et déguisé, le soutien qu’Alain Soral apporte au pédophile Gabriel Matzneff et à la pédophilie en général est incontestable. Cela doit suffire à le disqualifier auprès des honnêtes gens, au même titre que Matzneff lui-même.

De surcroît, on peut soupçonner les soutiens des pédophiles d’être eux-mêmes pédophiles et de faire un plaidoyer pro domo. Dans une conférence de février 2020 à Paris intitulée modestement “Sociologie profonde”, Alain Soral a déclaré publiquement : “Je m’identifie à Matzneff.” Merci de cet aveu, M. Soral. Vous êtes aussi abjects l’un que l’autre.

Henry de Lesquen

Uchronie : comment Louis XVIII aurait pu réussir la contre-révolution

Introduction

Le régime instauré en 1815 après Waterloo ne méritait pas le nom de Restauration puisqu’il n’était pas question de revenir à l’Ancien Régime, comme si l’épisode révolutionnaire, de 1789 à 1815, n’avait été qu’une parenthèse que l’on pouvait effacer. Le roi Louis XVIII l’avait compris, mais il a commis l’erreur cruciale de croire qu’il fallait composer avec les idées et le personnel de la révolution.  La révolution est intrinsèquement perverse puisqu’elle veut faire table rase du passé. On ne pactise pas avec le Diable.

Louis XVIII a, de surcroît, en adoptant le suffrage censitaire, fait dépendre le sort de la monarchie du bon vouloir d’une bourgeoisie voltairienne au lieu de s’appuyer sur le peuple. Son régime, qui n’a duré que quinze ans (1815-1830), était donc condamné d’avance. Voici, en dix points, ce que Louis XVIII aurait pu faire pour réussir la contre-révolution.

1. La chambre des députés aurait été élue au suffrage universel authentique, le chef de famille ayant autant de voix que de membres de la famille, épouse et enfants mineurs.

Le roi aurait pu consulter le peuple par voie de référendum.

2. Napoléon, que les Anglais étaient prêts à livrer à la justice française, et les autres criminels de la révolution, comme Fouché ou Turreau, auraient été jugés, condamnés à mort et exécutés.

La Révolution avait décapité Louis XVI. La Contre-Révolution devait décapiter Napoléon.

Les individus les plus compromis dans la collaboration avec les institutions révolutionnaires entre 1792 et 1815 auraient été déclarés inéligibles et privés des droits civiques, sauf si le roi avait levé ces sanctions.

3. La Franc-Maçonnerie aurait été interdite, à l’instar des autres sociétés secrètes telles que la Charbonnerie.

4. Le catholicisme aurait été bien entendu la religion officielle, mais le protestantisme aurait été intégré à la nation : le calvinisme et le luthéranisme auraient été reconnus par l’Etat et représentés à la chambre des pairs.

Les autres cultes, au demeurant très minoritaires, auraient été cantonnés dans la sphère privée. En conséquence, le consistoire israélite créé par Napoléon aurait été dissous.

La liberté religieuse aurait été totale. Pour autant, elle n’aurait pas autorisé les rites primitifs et barbares du judaïsme. En conséquence, la circoncision des garçons, qui est une mutilation, et l’égorgement rituel des bêtes, qui est un acte de cruauté, auraient été interdits.

5. Nul n’aurait pu immigrer en France s’il n’était de race blanche et de religion chrétienne.

6. Le code civil aurait été réformé, d’une part pour instituer la liberté de tester au lieu du partage égalitaire des héritages, d’autre part pour que les femmes cessassent d’être “d’éternelles mineures” et recouvrassent les droits qu’elles avaient sous l’Ancien Régime, notamment celui de disposer de leurs biens propres.

7. Réforme administrative : les départements auraient été supprimés et la France divisée en vingt-six provinces (voir carte ci-joint). La Corse aurait été une colonie jouissant d’une large autonomie.

8. Les Français revenus d’émigration n’auraient pas été indemnisés par l’Etat, mais ils auraient pu revendiquer en justice les biens dont ils avaient été spoliés sous la Révolution. La gauche n’aurait pas pu dénoncer “le milliard des émigrés”.

9. La liberté d’expression aurait été garantie. Elle n’aurait eu d’autres limites que l’injure, la diffamation, la provocation à un crime ou un délit, l’outrage aux bonnes mœurs, le blasphème contre la religion chrétienne, l’outrage au roi ou à la nation, la subversion des institutions. Il n’y aurait pas eu de délit d’opinion.

10. En cas d’émeutes parisiennes, si la situation était devenue critique, le roi aurait commandé à l’armée d’écraser la populace, comme le feront Eugène Cavaignac en juin 1848 et Adolphe Thiers en mai 1871. Le roi aurait ensuite fait appel au peuple par voie de référendum pour que celui-ci renouvelât sa confiance dans la constitution du royaume.

Conclusion

Ainsi, la réaction nationale aurait triomphé de la révolution en épargnant à la France et aux Français bien des épreuves et des changements de régime. Elle lui aurait maintenu une sage constitution qui aurait pu durer jusqu’aujourd’hui. Nous serions quand même en république, le régime étant au service du bien commun, de l’intérêt général, res publica en latin, et cette république aurait un roi. Le régime serait mixte, comme le voulait Aristote, monarchique, donc, mais aussi démocratique de par l’élection des députés et le vote au référendum, et aristocratique de par la composition de la chambre des pairs et la sélection des élites par la voie du concours.

Sacré candaule, ce Villiers !

Je retrouve dans mes archives des articles de 2011 qui racontaient comment Philippe de Villiers avait limogé Christophe Bentz, président du mouvement de jeunesse de son parti, le MPF (Mouvement pour la France). Le crime de ce jeune homme de vingt-trois ans était d’avoir publié un livre intitulé “Décrypter l’antiracisme en une heure”, où il avait osé “parler de races pour rétablir la liberté d’expression”. Villiers ne l’avait pas supporté, glapissant une de ces formules creuses et ciselées pour lesquelles il était orfèvre : “La France est une civilisation, pas une race”.

Comme tout ce qui est clinquant, la phrase pouvait faire illusion, mais elle était aussi vicieuse que spécieuse. La France n’est pas une civilisation, mais une nation qui appartient à la civilisation occidentale aux côtés d’autres nations. Et si la France n’est pas UNE race, elle est D’UNE race : de la race caucasoïde : “Nous sommes quand même avant tout un peuple de race blanche”, dixit de Gaulle.

Villiers s’est surpassé en 2018. Chaque année, pour célébrer la libération d’Orléans par Jeanne d’Arc en mai 1429, la ville organise une fête en l’honneur de la sainte héroïne et sélectionne la jeune fille qui soit la mieux à même de représenter celle-ci pendant la cérémonie. La moindre des choses est que ladite jeune fille soit à l’image du personnage historique dont elle joue le rôle, donc une Française de sang. La Pucelle d’Orléans avait donné sa vie pour bouter les étrangers hors de France : ces maudits Anglais, il faut le souligner, étaient pourtant de la même religion, un siècle avant la réforme, et de la même race qu’elle. Si le rôle de Jeanne ne doit pas être attribué à une étrangère ou à une immigrée, il ne doit pas l’être, à plus forte raison, à une non-catholique ou à une non-caucasoïde. Il en avait heureusement toujours été ainsi auparavant ; à vrai dire, il paraissait inconcevable qu’il en fût autrement.

Mais, en 2018, pour la première fois, on a désigné une immigrée, une certaine Mathilde Gamassou, de surcroît semi-congoïde, de père béninois et de mère polonaise… qui ne savait pas très bien au demeurant pourquoi diable on avait voulu faire du tort aux Anglais à l’époque. Provocation cosmopolite avérée.

En 2016, Macron s’était rendu à la fête de Jeanne à Orléans et avait déclaré: “Il ne faut pas laisser Jeanne d’Arc au Front national.” Ainsi, le choix de Gamassou ne devait rien au hasard. L’opération de subversion avait été montée par l’adjointe à la culture du maire d’Orléans, elle-même immigrée béninoise et adhérente du parti macronien. On avait voulu faire d’une immigrée, d’une non-blanche, le symbole de la France française… Effroyable imposture !

Philippe de Villiers se voulait le champion de Jeanne au XXIe siècle. Il avait signé (je ne dis pas “écrit”…) un livre sur elle, il avait fait racheter l’anneau de Jeanne par le Puy du fou… Il lui revenait donc, au premier chef, de dénoncer la scandaleuse mascarade de la Jeanne d’Arc congoïde. A l’inverse, il a applaudi des deux mains à ce choix contre-nature, révélant ainsi son inconséquence, sa médiocrité et sa duplicité. Le fou du Puy est l’archétype du candaule, c’est-à-dire de l’homme classé à droite qui se soumet par lâcheté au cosmopolitiquement correct. En un temps où la France et l’Occident font l’objet d’une invasion raciale, péril mortel auquel nous avons le devoir de faire face, Villiers a commis l’infamie de proclamer son antiracisme en interdisant de parler de race et en trouvant excellent que le plus beau personnage de l’histoire de France soit incarné par une immigrée congoïde.

L’année suivante, en 2019, l’agité du bocage a démontré à nouveau sa bassesse en léchant les babouches de Zemmour, qui avait été poursuivi pour injures envers les musulmans. Villiers s’est exclamé, sans craindre le ridicule : “Si Zemmour va en prison, je réclame l’honneur d’occuper la cellule voisine” (sic). Bien entendu, cet imposteur de Zemmour, immigré juif algérien qui n’avait pas une goutte de sang français et qui vendait du patriotisme comme il aurait vendu des bretelles, n’avait jamais couru le moindre risque d’être incarcéré et les petites condamnations à de petites amendes qu’il avait parfois obtenues lui avaient fait de la publicité en lui permettant de tromper encore mieux les braves Français qui avaient pris ce chouchou des media pour une victime. Villiers, n’étant pas assez sot ni assez naïf pour être dupe, a voulu faire publiquement acte de soumission à la coterie juive (CRIF).

On se souvient qu’en 2017 Villiers s’était employé à faire battre François Fillon pour faire élire Emmanuel Macron, fondé de pouvoirs de l’oligarchie cosmopolite. Villiers est un scélérat prêt à sacrifier l’intérêt national par opportunisme, un pharisien qui crie son amour de la patrie tout en agissant contre elle.

Pour être juste, j’ajouterai que la scélératesse de Philippe de Villiers n’ôte rien à son talent de metteur en scène et à la qualité de ses spectacles. La “cinéscénie” du Puy du Fou est une merveille qui fait honneur aux traditions nationales. On peut admirer l’artiste en méprisant le politicien.

P.-S. : on devrait juger les gens sur leur mine. Regardez la photo de Philippe de Villiers en majesté sur la couverture du “Figaro-Magazine” du 5 juin 2020 : il a le visage d’un traître. Il porte le masque du fourbe Scapin, ce valet de comédie. A l’occasion de la sortie de son nouveau livre, “Les Gaulois réfractaires demandent des comptes au Nouveau Monde”, il entonne à nouveau un péan à la gloire de la France, comme il sait si bien le faire. Mais dans quel but ? Notez que c’est au “Nouveau Monde” que Scapin-Villiers demande des comptes et non au personnage qu’il a contribué à porter à la tête de l’Etat en 2017, Emmanuel Macron.

Entre histrions, le courant passe. Villiers ne tarit pas d’éloges sur Macron, dont il se dit proche. Macron, selon Villiers, est, tenez-vous bien, “le premier visiteur politique qui ait compris la mystique portée par le Puy du fou, sa dimension spirituelle. Il y a donc chez lui une sensibilité potentielle à l’Ancien Monde que nous incarnons.” (sic) Ce sommet de flagornerie d’un valet à son maître ne peut que soulever le cœur des honnêtes gens, et l’on en voit bien la fonction, qui est de tromper les Français au bénéfice de l’hôte de l’Élysée. Dans sa dénonciation du “Nouveau Monde”, Villiers exonère Macron de ses méfaits en les mettant sur le compte de ses devanciers ou du système politique en général. C’est trop clair : Villiers entreprend de rabattre les électeurs de droite vers Macron en leur donnant bonne conscience de voter pour cet homme de gauche, pour ce fondé de pouvoirs de l’oligarchie cosmopolite. La trahison est ici à son zénith.

Quand on aime la France, on déteste Macron, ou du moins ce qu’il représente. Scapin-Villiers, qui ne déteste pas Macron, bien au contraire, ne saurait donc aimer la France, pas plus que celui dont il cire les bottes et dont il sert les intérêts. Il fait semblant. Villiers a le visage d’un traître ; il a l’âme d’un traître ; c’est un traître.

Un nationaliste français ne peut être ni judéophile ni sioniste

Dans un article intéressant, mais extrêmement contestable en raison de sa partialité judéo-centrique, article qui n’engage que lui-même, et en aucune façon le PNL, Grégoire Canlorbe s’efforce de nous montrer pourquoi “le nationalisme français devrait embrasser la judéophilie et le sionisme” (article en anglais publié sur son site le 3 avril 2019). Ce point de vue, aussi personnel que provocateur, ne saurait être retenu sérieusement, tant la formule est absurde.

1. En effet, un nationaliste défend sa propre nation, et non une nation étrangère. Un nationaliste français ne saurait donc “embrasser le sionisme”, c’est-à-dire le nationalisme israélien. Il ne pourrait le faire, à la rigueur, mais ce n’est sûrement pas l’opinion de Canlorbe, qu’en approuvant le projet sioniste de séparation des Juifs d’avec leur pays d’accueil, qui devrait les inciter à le quitter pour aller s’installer en Israël… En fait, pour un nationaliste français conséquent, un Français juif est un Français comme les autres, pourvu qu’il soit assimilé à la communauté nationale, Français juif et non Juif français, pourvu qu’il ne se considère pas comme membre d’une communauté particulière et qu’il rejette le Talmud, lequel tient les non-Juifs pour des bêtes (Canlorbe désinforme sur ce point), en même temps que la théorie raciste du peuple élu.

Juif ou non, il est permis à un Français d’avoir de la sympathie pour l’Etat d’Israël, c’est affaire d’opinion, mais la double allégeance est intolérable. Un Français ne doit jamais oublier qu’Israël est un Etat étranger.

Sans éprouver pour notre part une grande affection pour ce pays, nous avons quand même publié dans “La voix des Français” en janvier 2009 un article intitulé “L’exemple israélien” où, après avoir rappelé que les Juifs avaient volé la Palestine aux Arabes, nous avons salué notamment la manière dont les Israéliens luttaient contre le terrorisme, en concluant : “Le courage, l’énergie, la détermination et l’habileté dont font preuve les Juifs d’Israël face aux Arabes musulmans qui les entourent sont un exemple pour l’Europe chrétienne.” Au demeurant, la France peut s’inspirer de beaucoup de pays qui font une meilleure politique qu’elle (ce n’est pas difficile), comme la Pologne, la Hongrie, aujourd’hui l’Italie, sans oublier, à certains égards, la Russie ou les Etats-Unis. Nous n’avons aucune raison de nous focaliser sur Israël, petit Etat asiatique qui ne présente au fond pas grand intérêt.

Contrairement à ce qu’écrit Canlorbe, Israël n’appartient nullement à la civilisation occidentale, puisque c’est le judaïsme qui définit son ethnie et son identité, et que celui-ci est une religion orientale, isomorphe de l’islam. Culturellement, Israël appartient clairement à la civilisation orientale. La France a donc en réalité peu d’affinités avec ce pays. Il faut dire franchement que son sort ne nous soucie guère plus que celui de la Moldavie ou du Bhoutan… Quant aux lieux saints du christianisme, peu nous importe qu’ils soient sous la souveraineté israélienne ou sous une éventuelle souveraineté palestinienne.

2. Un nationaliste français ne saurait non plus être “judéophile”. Il ne peut être que francophile ! Cette amitié de principe s’étend à tous les vrais Français, y compris donc aux Français juifs, mais elle n’est en rien une “judéophilie” qui traduirait une dilection particulière pour les Juifs, comme si ceux-ci étaient d’une espèce supérieure ! Au contraire, les Juifs doivent faire un effort particulier pour s’assimiler à la communauté nationale, puisque le judaïsme actuel, qui est celui des pharisiens dont parle l’Evangile, est une religion orientale, nous l’avons dit, donc incompatible avec notre identité nationale.

Les arguties de Canlorbe sur l’Ancien Testament sont ridicules. Evidemment, la France chrétienne a vénéré les deux Testaments et il est donc arrivé à certains rois de France de s’identifier au roi David (bien à tort, à notre avis). Et alors ? Les mêmes rois de France mettaient les Juifs à l’écart de la société française, leur faisaient porter un signe distinctif (la rouelle), avant de finir par les expulser du royaume en 1394, en sorte qu’il n’y en avait quasiment plus en 1789 (quelques milliers en Alsace, annexée par Louis XIV bien après la loi d’expulsion, quelques centaines de marranes, Juifs faussement convertis, venus d’Espagne ou du Portugal, dans le Sud-Ouest, quelques centaines en Avignon, possession des papes jusqu’en 1791). Les Juifs, qui sont 600.000 en France aujourd’hui, sont donc des immigrés comme les autres.

Le fait que beaucoup d’entre eux aient occupé depuis la fin du XIXe siècle des positions éminentes dans la société, grâce à ce que Le Bon appelait leur “puissance d’association”, ne doit pas susciter l’admiration, mais plutôt l’inquiétude, car les coteries trop puissantes, comme celle qui s’est constituée autour du CRIF, sont un défi à la démocratie, tandis que la communautarisation des Juifs est contraire aux principes de la république et porte atteinte à l’unité de la nation.

Nous ne discuterons pas ici de la façon dont Canlorbe surestime grossièrement l’apport des Juifs à la civilisation. Mis à part le christianisme, religion fort peu sémitique malgré les apparences, comme Gustave Le Bon l’a souligné, les Juifs de l’Antiquité ne nous ont rien laissé. Et, jusqu’au XIXe siècle, les Juifs n’ont joué pour ainsi dire aucun rôle ni en France ni dans aucun pays au monde.

Les nationalistes français ne doivent être ni judéophiles ni judéophobes. Ils doivent être judéo-critiques et rejeter, en conséquence, la religion de la Choah, laquelle, instituée religion officielle de l’Etat cosmopolite, porte atteinte à la laïcité républicaine.

Henry de Lesquen

président du PNL

Témoignage historique de Monseigneur Viganò : l’Église catholique est sous la coupe d’une coterie homosexuelle

Pape François, cardinal McCarrick, Mgr Viganò

Nous donnons ici la traduction intégrale du témoignage historique publié par Mgr Viganò le 25 août 2018. Tout ce qu’y a affirmé celui-ci était vrai et incontestable. Jean-Marie Guénois, journaliste du Figaro chargé des questions religieuses, qui n’est ni un excité ni un extrémiste, l’a confirmé. Or, ce que rapporte Mgr Viganò est effroyable. L’Église catholique est aujourd’hui sous la coupe d’une coterie homosexuelle, qui a fait l’élection du pape François en 2013 et dont celui-ci est le complice et l’otage. Les conséquences de cette situation incroyable sont considérables, non seulement sur le plan religieux, mais aussi sur le plan politique (voir ci-dessous, citée par Mgr Viganò, la phrase du pape François qui assimile les homosexuels à la gauche.) Il n’est pas besoin d’être un ardent catholique pour comprendre l’importance de ce document.

Dans la société civile, chacun doit être libre de sa vie intime. L’inclination sexuelle ne devrait donc pas être un sujet politique. Il n’est même pas choquant que les individus qui partagent les mêmes goûts dans ce domaine ou dans un autre aient envie de se regrouper, comme le font les amateurs de pétanque… Il en va déjà autrement lorsque l’inclination sexuelle sert de base à la formation d’une coterie et que celle-ci mène une action politique de subversion de la morale traditionnelle et des institutions au nom de l’idéologie cosmopolitique.

Mais le scandale est encore bien plus grand dans la société religieuse : il paraît a priori inconcevable qu’une coterie homosexuelle puisse se former au sein de l’Église catholique, puisque celle-ci, héritière sur ce point du judaïsme de l’antiquité, condamne les actes homosexuels, qualifiés de péchés graves. Ce n’est pas l’inclination sexuelle des clercs qui est en cause, ceux-ci étant tenus, de par leur vocation, au célibat et à la chasteté, donc à la continence. Ce sont les actes homosexuels accomplis par des prêtres qui sont objet de scandale : ces actes sont en effet radicalement contraires à la foi et à la morale que ceux-ci sont censés professer. La constitution d’une coterie homosexuelle au sein de l’Église catholique porte le scandale à un degré inimaginable.

TÉMOIGNAGE
de
Monseigneur Carlo Maria Viganò,
archevêque titulaire d’Ulpiana,
nonce apostolique[1]

En ce moment tragique que l’Eglise traverse dans diverses parties du monde, États-Unis, Chili, Honduras, Australie, etc., la responsabilité des évêques est très grave. Je pense en particulier aux États-Unis d’Amérique, où je fus envoyé comme nonce apostolique[2] par le pape Benoît XVI le 19 octobre 2011, en évoquant la mémoire des premiers martyrs de l’Amérique du nord. Les évêques des États-Unis sont appelés, et moi avec eux, à suivre l’exemple de ces premiers martyrs qui apportèrent l’Evangile dans les terres d’Amérique, à être les témoins crédibles de l’amour incommensurable du Christ, qui est la Voie, la Vérité et la Vie.

Des évêques et des prêtres, abusant de leur autorité, ont commis des crimes horribles au détriment de leurs fidèles, mineurs, victimes innocentes, jeunes hommes désireux d’offrir leur vie à l’Eglise, ou n’ont pas empêché, en gardant le silence, que de tels crimes continuassent à être perpétrés.

Pour redonner la beauté de la sainteté au visage de l’Épouse du Christ, terriblement enlaidi par tant d’actes abominables, et si l’on veut vraiment libérer l’Église du marais fétide où elle s’enfonce, nous devons avoir le courage de briser la culture du secret et de confesser publiquement les vérités que nous avons tenues cachées. Il faut briser l’omertà, la loi du silence, par laquelle les évêques et les prêtres se sont protégés eux-mêmes au détriment de leurs fidèles, omertà susceptible de faire apparaître l’Église aux yeux du monde comme une secte, omertà qui n’est pas si différente de celle qui est en vigueur dans la mafia. « Tout ce que vous avez dit dans les ténèbres […] sera proclamé sur les toits » (Luc, 12, 3).

J’avais toujours cru et espéré que la hiérarchie de l’Église pût trouver en elle-même les ressources spirituelles et la force de faire émerger la vérité, de s’amender et de se rénover. Pour cette raison, bien que l’on me l’eût demandé plusieurs fois, j’avais toujours évité de faire des déclarations aux media, bien que c’eût été mon droit de le faire pour me défendre des calomnies publiées sur mon compte, y compris par de hauts prélats de la curie romaine[3]. Mais aujourd’hui que la corruption a atteint les sommets de la hiérarchie de l’Église, ma conscience m’impose de révéler ces vérités dont j’ai eu connaissance au sujet de la très triste affaire de l’archevêque émérite de Washington, Theodore McCarrick, au cours des missions qui me furent confiées par saint Jean-Paul II[4] en tant que délégué pour les représentations pontificales de 1998 à 2009 et par le pape Benoît XVI[5] comme nonce apostolique aux États-Unis du 19 octobre 2011 à fin mai 2016.

En tant que délégué pour les représentations pontificales au sein du secrétariat d’Etat, mes compétences propres n’étaient pas limitées aux nonciatures apostoliques, mais comprenait aussi le personnel de la curie romaine (nominations, promotions, procédures d’information sur les candidats à l’épiscopat, etc.) et l’examen des cas délicats, même ceux des cardinaux et les évêques, qui étaient confiés au délégué du cardinal secrétaire d’Etat[6] ou du substitut du secrétaire d’Etat.

Pour réfuter les insinuations énoncées dans quelques articles récents, je dirai tout de suite que les nonces apostoliques aux États-Unis, Gabriel Montalvo et Pietro Sambi, tous deux morts prématurément[7], ne manquèrent pas d’informer immédiatement le Saint-Siège dès qu’ils eurent connaissance des comportements gravement immoraux de l’archevêque McCarrick envers des séminaristes et des prêtres. En effet, la lettre du père Boniface Ramsey, O.P.[8], du 22 novembre 2000, d’après ce qu’en a écrit Mgr Pietro Sambi, fut selon lui rédigée à la demande du regretté Mgr Montalvo. Dans celle-ci, le père Ramsey, qui avait été professeur au séminaire diocésain de Newark de la fin des années 1980 jusqu’en 1996, affirme que le bruit courait au séminaire que l’archevêque « shared his bed with seminarians » [partageait son lit avec des séminaristes], allant jusqu’à en inviter cinq à la fois à passer la fin de semaine avec lui dans sa maison du bord de mer. Et il ajoute connaître un certain nombre de séminaristes, dont plusieurs ont ensuite été ordonnés prêtres pour l’archidiocèse de Newark, qui avaient été invités dans cette maison du bord de mer et qui avaient partagé le lit de l’archevêque.

Le bureau dont j’avais alors la charge ne fut informé d’aucune mesure prise par le Saint-Siège à la suite de cette dénonciation faite fin 2000 par le nonce Montalvo, quand le secrétaire d’Etat était le cardinal Angelo Sodano.

À son tour, le nonce Sambi transmit au cardinal secrétaire d’État, Tarcisio Bertone, un mémoire d’accusation contre McCarrick rédigé par Gregory Littleton, prêtre du diocèse de Charlotte, réduit à l’état laïc pour viol de mineurs, accompagné de deux documents du même Littleton, dans lesquels celui-ci racontait sa triste histoire de sévices sexuels infligés par celui qui était alors archevêque de Newark et par plusieurs autres prêtres et séminaristes. Le nonce ajoutait que Littleton avait déjà transmis son mémoire à une vingtaine de personnes, responsables judiciaires civils et ecclésiastiques, policiers, avocats, fin juin 2006, et qu’il était donc très probable que la nouvelle fût très bientôt rendue publique. Il demandait de ce fait une intervention rapide du Saint-Siège.

En rédigeant la note sur ces documents qui, comme délégué pour les représentations pontificales, me furent confiés le 6 décembre 2006, j’écrivis à mes supérieurs, le cardinal Tarcisio Bertone et le substitut Leonardo Sandri, que les faits attribués à McCarrick par Littleton étaient d’une gravité et d’une infamie telles qu’ils provoquaient chez le lecteur stupeur, dégoût, profonde douleur et amertume, et qu’ils constituaient les crimes de subornation, de sollicitation de séminaristes et prêtres à des actes dégradants, répétés et accomplis simultanément avec plusieurs personnes, d’humiliation d’un jeune séminariste qui tentait de résister aux séductions de l’archevêque en présence de deux autres prêtres, d’absolution du complice des actes dégradants, de célébration sacrilège de l’Eucharistie avec ces mêmes prêtres après avoir commis de tels actes.

Dans cette note que je remis le même 6 décembre 2006 à mon supérieur direct, le substitut Leonardo Sandri, je proposai à mes supérieurs les considérations et les lignes d’action suivantes :

– compte tenu qu’aux nombreux scandales de l’Église des États-Unis il semblait qu’il allait s’en ajouter un de particulière gravité qui concernait un cardinal ;

– et que, du point de vue du droit, s’agissant d’un cardinal, sur le fondement du canon 1405, §1, n. 2°, « ipsius Romani Pontificis dumtaxat ius est iudicandi [le droit de juger appartient exclusivement au pontife romain lui-même] » ;

– je proposai qu’une mesure exemplaire fût prise à l’encontre du cardinal, susceptible d’avoir une fonction curative, en vue à la fois de prévenir de futurs sévices au détriment de victimes innocentes et d’apaiser le très grave scandale pour les fidèles, qui, malgré tout, continuaient d’aimer et de croire en l’Église.

J’ajoutai qu’il eût été salutaire que pour une fois l’autorité ecclésiastique intervînt avant l’autorité civile et, si possible, avant que le scandale n’éclatât dans la presse ; cela pouvait rendre un peu de dignité à une Église si éprouvée et si humiliée par tant de comportements abominables de la part de certains pasteurs. Dans ce cas, l’autorité civile n’aurait plus eu à juger un cardinal, mais un pasteur envers lequel l’Église aurait déjà pris les mesures appropriées pour l’empêcher, abusant de son autorité de cardinal, de continuer à détruire des victimes innocentes.

Cette note du 6 décembre 2006 fut retenue par mes supérieurs et il ne me revint jamais une quelconque décision de leur part à son sujet.

Ensuite, autour des 21-23 avril 2008, fut publié par Internet sur le site richardsipe.com le Statement for Pope Benedict XVI about the pattern of sexual abuse crisis in the United States [Rapport au pape Benoît XVI sur la nature de la crise des sévices sexuels aux États-Unis], de Richard Sipe. Il fut transmis le 24 avril au préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal William Levada, au cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone, et il me fut transmis un mois après, le 24 mai 2008.

Le lendemain, je transmis mon rapport au nouveau substitut, Fernando Filoni, y compris mon rapport précédent du 6 décembre 2006. J’y faisais une synthèse du document de Richard Sipe, qui se terminait par cet appel respectueux et chaleureux au pape Benoît XVI : « I approach Your Holiness with due reverence, but with the same intensity that motivated Peter Damian to lay out before your predecessor, Pope Leo IX, a description of the condition of the clergy during this time. The problems he spoke of are similar and as great now in the United States as they were then in Rome. If Your Holiness requests, I will submit to you personally documentation of that about which I have spoken. [Je me présente devant votre Sainteté avec la révérence qui lui est due, mais avec la même énergie qui a poussé Pierre Damien[9] à faire à votre prédécesseur, le pape Léon IX[10], la description de l’état du clergé à cette époque. Les problèmes dont il parlait sont semblables et aussi grands aujourd’hui aux États-Unis qu’ils l’étaient alors à Rome. Si votre Sainteté le souhaite, je lui soumettrai personnellement la documentation sur ce que je lui ai exposé.] »

Je terminai mon rapport en répétant à mes supérieurs que je concluais qu’ils devaient intervenir en premier lieu en ôtant le chapeau de cardinal au cardinal McCarrick et qu’il fallait lui infliger les sanctions établies dans le code de droit canonique, lesquelles prévoyaient même la réduction à l’état laïc.

Mon second rapport ne revint jamais, lui non plus, au bureau du personnel, et grande fut ma déception à l’endroit de mes supérieurs du fait de l’absence inconcevable de toute mesure à l’encontre du cardinal et du manque persistant de toute communication à mon égard depuis mon premier rapport de décembre 2006.

Mais finalement j’ai su avec certitude, par le truchement du cardinal Giovanni Battista Re, alors préfet de la congrégation pour les évêques, que le Statement courageux et méritoire de Richard Sipe avait obtenu le résultat espéré. Le pape Benoît avait appliqué au cardinal McCarrick des sanctions similaires à celles qui lui ont été infligées aujourd’hui par le pape François : le cardinal devait quitter le séminaire où il habitait, il lui était interdit de célébrer en public, de participer à des réunions publiques, de donner des conférences, de voyager, et il avait l’obligation de se retirer dans une vie de prière et de pénitence.

Je ne sais pas quand le pape Benoît XVI a pris ces mesures à l’encontre de McCarrick, si c’est en 2009 ou 2010, car entre-temps j’avais été transféré à l’administration de l’État de la Cité du Vatican, de même qu’il ne m’a pas été donné de savoir qui était responsable de ce retard incroyable. Je ne crois pas du tout que ce fût le pape Benoît XVI, qui, comme cardinal, avait déjà dénoncé à maintes reprises la corruption répandue dans l’Église et qui, dans les premiers mois de son pontificat, s’était fermement opposé à l’admission dans les séminaires de jeunes gens à l’inclination homosexuelle invétérée. Je dirai que c’était dû à celui qui était alors le premier collaborateur du pape, le cardinal Tarcisio Bertone, notoirement favorable à la promotion d’homosexuels à des postes de responsabilité et habitué à filtrer les informations qu’il jugeait opportunes de transmettre au pape.

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que le pape Benoît XVI a infligé les sanctions canoniques susmentionnées à McCarrick et que celles-ci lui furent communiquées par le nonce apostolique aux États-Unis, Mgr Pietro Sambi. Mgr Jean-François Lantheaume, alors premier conseiller à la nonciature de Washington et chargé d’affaires ad interim après la mort inattendue du nonce Sambi à Baltimore[11], me rapporta à mon arrivée à Washington – ce dont il est prêt à témoigner – un entretien orageux de plus d’une heure entre le nonce Sambi et le cardinal McCarrick, qu’il avait convoqué à la nonciature : « La voix du nonce, me dit Mgr Lantheaume, s’entendait jusque dans le couloir ».

Ces dispositions de Benoît XVI me furent ensuite également communiquées par le nouveau préfet de la congrégation pour les évêques, le cardinal Marc Ouellet, en novembre 2011, au cours d’une réunion avant mon départ pour Washington, parmi les instructions de la congrégation au nouveau nonce.

À mon tour, je les répétai au cardinal McCarrick lors de ma première rencontre avec lui à la nonciature. Le cardinal, bredouillant de façon à peine compréhensible, admit avoir pu commettre l’erreur de dormir dans le même lit que des séminaristes dans sa maison du bord de la mer, mais il me le dit comme si cela était sans importance.

Les fidèles se demandent avec insistance comment ses nominations à Washington et comme cardinal ont été possibles et ils ont pleinement le droit de savoir qui était au courant, qui a couvert ses graves méfaits. Il est donc de mon devoir d’en rendre compte pour autant que cela s’y rapporte, à commencer par la curie romaine.

Le cardinal Angelo Sodano fut secrétaire d’Etat jusqu’en septembre 2006 : toutes les informations lui parvenaient. En novembre 2000, le nonce Montalvo lui envoya son rapport lui transmettant la lettre suscitée du père Boniface Ramsey où étaient dénoncés les graves sévices commis par McCarrick.

Il convient de noter que Sodano continua de couvrir jusqu’au bout le scandale du père Maciel[12], en déplaçant à cet effet le nonce de la ville de Mexico, Justo Mellor, qui se refusait à se rendre complice de sa manœuvre de couverture de Maciel, et qu’il nomma à la place Sandri, alors nonce au Vénézuéla, et plutôt bien disposé à collaborer. Sodano n’a pas hésité non plus à faire faire un communiqué à la salle de presse du Vatican dans lequel il était faussement affirmé que le pape Benoît avait décidé que le cas de Maciel devait désormais être tenu pour clos. Benoît réagit, en dépit de la vigoureuse résistance de Sodano, et Maciel fut jugé coupable et condamné irrévocablement.

La nomination de McCarrick à Washington et comme cardinal fut-elle l’œuvre de Sodano, alors que Jean-Paul II était déjà gravement malade ? Il ne nous est pas donné de le savoir. Il est cependant permis de le penser, mais je ne crois pas qu’il fut le seul responsable. McCarrick venait souvent à Rome et il s’était fait des amis partout, à tous les niveaux de la curie. Si Sodano protégea Maciel, comme cela paraît certain, on ne voit pas pourquoi il ne l’aurait pas fait pour McCarrick, qui, selon beaucoup, avait aussi les moyens financiers d’influencer la décision[13]. Le cardinal Giovanni Battista Re, alors préfet de la congrégation pour les évêques, s’était plutôt opposé à sa nomination à Washington. Il y a à la nonciature de Washington un billet écrit de sa main où le cardinal se dissocie de ladite nomination et affirme que McCarrick était le quatorzième de la liste pour le poste de Washington.

Le rapport du nonce Sambi, avec toutes ses allégations, fut adressé au cardinal Tarcisio Bertone, en tant que secrétaire d’Etat, et mes deux rapports suscités du 6 décembre 2006 et du 25 mai 2008 lui furent probablement transmis. Comme je l’ai déjà souligné, le cardinal n’avait pas de scrupule à présenter avec insistance des candidats à l’épiscopat qui étaient notoirement des homosexuels actifs – je citerai seulement le cas remarquable de Vincenzo di Mauro, nommé archevêque-évêque de Vigevano, qui fut révoqué pour avoir séduit ses séminaristes – ni à filtrer et à manipuler l’information qu’il faisait parvenir au pape Benoît.

Le cardinal Pietro Parolin, actuel secrétaire d’Etat, s’est lui aussi rendu complice d’avoir couvert les méfaits de McCarrick, lequel, depuis l’élection du pape François, s’est vanté ouvertement de ses voyages et missions dans divers continents. En avril 2014, le Washington Times rendit compte en première page d’un voyage de McCarrick en République centrafricaine, qui plus est au nom du département d’Etat. Comme nonce à Washington, j’écrivis donc au cardinal Parolin pour lui demander si les sanctions prononcées à l’encontre de McCarrick par le pape Benoît étaient encore en vigueur. Ça va sans dire[14] que ma lettre n’obtint pas la moindre réponse !

On peut dire la même chose du cardinal William Levada, ex-préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, du cardinal Marc Ouellet, préfet de la congrégation pour les évêques, de Lorenzo Baldisseri, ex-secrétaire de la même congrégation pour les évêques, de l’archevêque Ilson de Jesus Montanari, actuel secrétaire de la même congrégation. Ceux-ci, en raison de leurs fonctions, étaient au courant des sanctions prononcées par le pape Benoît à l’encontre de McCarrick.

Les cardinaux Leonardo Sandri, Fernado Filoni et Angelo Becciu, en tant que substituts du secrétariat d’Etat, ont eu connaissance en gros et en détail de la situation du cardinal McCarrick.

Les cardinaux Giovanni Lajolo et Dominique Mamberti, qui, comme secrétaires aux relations avec les Etats, ont participé plus d’une fois par semaine aux réunions collégiales avec le secrétaire d’Etat, ne pouvaient pas non plus ne pas savoir.

En ce qui concerne la curie romaine, pour le moment je m’en tiendrai là, encore que les noms des autres prélats du Vatican soient bien connus, encore qu’ils soient très proches du pape François, comme le cardinal Francesco Coccopalmerio et l’archevêque Vincenzo Paglia, qui appartiennent au courant philo-homosexuel favorable à la subversion de la doctrine catholique sur l’homosexualité, courant déjà dénoncé à la fin de 1986 par le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, dans la Lettre aux évêques de l’Eglise catholique sur le traitement pastoral des personnes homosexuelles. Au même courant, quoique avec une idéologie différente, appartiennent aussi les cardinaux Edwin Frederick O’Brien et Renato Rafaele Martino. D’autres encore, appartenant à ce courant, habitent aussi dans la Domus Sanctae Marthae [résidence Sainte-Marthe[15]].

J’en viens maintenant aux États-Unis. De toute évidence, le premier à avoir été informé des mesures prises par le pape Benoît était le successeur de McCarrick au siège de Washington, le cardinal Donald Wuerl, dont la situation est maintenant tout à fait compromise par les révélations récentes sur son comportement lorsqu’il était évêque de Pittsburgh[16].

Il est absolument impensable que Mgr Sambi, personne hautement responsable, loyale, directe et franche, en bon Romagnol qu’il était, ne le lui ait pas dit. En tout cas, j’ai moi-même abordé à plusieurs reprises le sujet avec le cardinal Wuerl, et je n’eus aucunement besoin d’entrer dans les détails, car il me fut immédiatement évident qu’il en avait pleinement connaissance. Je me souviens ainsi, en particulier, avoir dû attirer son attention parce que j’avais remarqué que dans une publication de l’archidiocèse, sur la quatrième de couverture en couleur, était annoncée une invitation à rencontrer le cardinal McCarrick destinée aux jeunes gens qui pensaient avoir vocation au sacerdoce. Je téléphonai immédiatement au cardinal Wuerl, qui me manifesta son étonnement, me disant qu’il ne savait rien de cette annonce et qu’il annulerait la réunion. Alors qu’il répète aujourd’hui ne rien avoir su des sévices commis par McCarrick et des mesures prises par Benoît XVI, comment expliquer sa réponse ?

Ses déclarations récentes, dans lesquelles il affirme n’avoir rien su, bien qu’au début elles se réfèrent sournoisement aux réparations obtenues par deux victimes, sont absolument ridicules. Le cardinal ment effrontément et de surcroît pousse au mensonge son propre chancelier, Mgr Antonicelli.

Du reste, le cardinal Wuerl avait déjà clairement menti en une autre occasion. A la suite d’un événement moralement inacceptable autorisé par l’autorité académique de la Georgetown University [université de Georgetown][17], j’avais appelé l’attention de son président, le docteur John DeGioia, en lui envoyant deux lettres successives. Avant de les transmettre au destinataire, par courtoisie, j’en avais adressé personnellement copie au cardinal avec une lettre d’accompagnement. Le cardinal me dit qu’il n’était pas au courant. Il se garda bien cependant d’accuser réception de mes deux lettres, contrairement à ce qu’il faisait ponctuellement d’habitude. J’ai appris ensuite que ledit événement à la Georgetown avait lieu depuis sept ans. Mais le cardinal ne le savait pas !

En outre, le cardinal Wuerl, bien au courant des sévices commis continuellement par le cardinal McCarrick et des sanctions prononcées par le pape Benoît, a transgressé l’ordre du pape en permettant à McCarrick de loger dans un séminaire à Washington D.C[18]. Il a mis ainsi en danger d’autres séminaristes.

Mgr Paul Bootkoski, évêque émérite de Metuchen [premier diocèse de Mgr McCarrick], et Mgr John Myers, archevêque émérite de Newark, ont couvert les sévices commis par McCarrick dans leurs diocèses respectifs et ont indemnisé deux de ses victimes. Ils ne peuvent pas le nier et doivent être interrogés pour qu’ils révèlent toutes les circonstances et les responsabilités à cet égard.

Le cardinal Kevin Farrell[19], récemment interrogé par les media, a lui aussi affirmé qu’il n’avait pas eu la moindre idée des sévices commis par McCarrick. Compte tenu des années passées par Farrell à Washington, à Dallas et maintenant à Rome, je crois que personne ne peut honnêtement le croire. Je ne sais pas s’il lui a jamais été demandé s’il était au courant des crimes de Maciel. S’il devait le nier, qui pourrait le croire, attendu qu’il a occupé des postes de responsabilité comme membre des Légionnaires du Christ ?

Du cardinal Sean O’Malley[20], je me bornerai à dire que ses dernières déclarations sur le cas de McCarrick sont déconcertantes ; elles ont en effet entièrement mis en cause sa sincérité et sa crédibilité.

***

Ma conscience m’oblige maintenant à révéler des faits que j’ai vécus à la première personne, s’agissant du pape François, qui ont une dimension dramatique et qu’en tant qu’évêque partageant la responsabilité collégiale de tous les évêques envers l’Église universelle il ne m’est pas permis de taire et que je me déclare ici prêt à confirmer sous serment en appelant Dieu comme témoin.

Dans les derniers mois de son pontificat, le pape Benoît XVI avait convoqué une réunion de tous les nonces apostoliques à Rome, comme l’avaient déjà fait à plusieurs reprises Paul VI et saint Jean-Paul II. La date fixée pour l’audience avec le pape était le vendredi 21 juin 2013. Le pape François maintint cet engagement pris par son prédécesseur. Naturellement, je vins moi aussi à Rome, de Washington. C’était ma première rencontre avec le pape nouvellement élu, seulement trois mois auparavant, après la renonciation de Benoît XVI[21].

Dans la matinée du jeudi 20 juin 2013, je me rendis à la Domus Sanctae Marthae pour rejoindre mes collègues qui y étaient logés. À peine entré dans la salle, je rencontrai le cardinal McCarrick, qui portait la soutane filetée. Je le saluai avec respect comme j’avais toujours fait. Il me dit immédiatement, d’un ton entre l’ambigu et le triomphant : « Le pape m’a reçu hier, demain je pars pour la Chine. »

Je ne savais rien à l’époque de sa longue amitié avec le cardinal Bergoglio ni de la part cruciale qu’il avait eue dans sa récente élection, comme McCarrick lui-même l’a révélé plus tard lors d’une conférence à la Villanova University [université de Villanova] et dans un entretien avec le Catholic National Reporter, et je n’avais jamais pensé au fait qu’il avait participé aux réunions préparatoires du récent conclave ni au rôle qu’il avait pu avoir comme électeur dans celui de 2005[22]. Je n’ai pas immédiatement compris la signification du message crypté qu’il m’avait adressé, mais celle-ci me devint évidente les jours suivants.

Le lendemain eut lieu l’audience avec le pape François. Après le discours, en partie lu et en partie improvisé, le pape voulut saluer un à un tous les nonces. Nous étions en file indienne et je me souviens que je me trouvais parmi les derniers. Quand ce fut mon tour, à peine avais-je eu le temps de lui dire : « Je suis le nonce des États-Unis », qu’il me dit sans préambule et sur un ton de reproche : « Les évêques des États-Unis ne devraient pas être idéologisés ! Ils doivent être des pasteurs ! » Naturellement, je n’étais pas en position de lui demander des explications sur le sens de ses paroles ni sur la manière agressive dont il m’avait apostrophé. J’avais en main un livre en portugais que le cardinal O’Malley m’avait remis pour le pape quelques jours avant en me disant : « Il va ainsi pouvoir réviser son portugais avant d’aller à Rio pour la journée mondiale de la jeunesse ». Je le lui remis aussitôt de manière à me libérer de cette situation extrêmement déconcertante et embarrassante.

A la fin de l’audience, le pape annonça : « Ceux d’entre vous qui seront encore à Rome dimanche prochain sont invités à concélébrer avec moi à la Domus Sanctae Marthae. » J’ai bien entendu décidé de rester pour éclaircir cette première chose que le pape avait voulu me dire.

Le dimanche 23 juin, avant la concélébration avec le pape, j’ai demandé à Mgr Ricca, qui, comme responsable de la résidence, nous avait aidés à mettre les habits, s’il pouvait demander au pape s’il pouvait me recevoir dans le courant de la semaine suivante. Comment pouvais-je rentrer à Washington sans avoir éclairci ce que le pape attendait de moi ? A la fin de la messe, tandis que le pape saluait les quelques laïcs présents, Mgr Fabián Pedacchio, son secrétaire argentin, vint vers moi pour me dire : « Le pape m’a dit de vous demander si vous étiez libre maintenant. » Je lui répondis bien sûr que j’étais à la disposition du pape et que je remerciai celui-ci de me recevoir immédiatement. Le pape me conduisit au premier étage de son appartement et me dit : « Nous avons 40 minutes avant l’angélus. »

J’ouvris la conversation en demandant au pape ce qu’il avait voulu dire par les mots qu’il m’avait adressés lorsque je l’avais salué le vendredi précédent. Et le pape, d’un ton très différent, amical, presque affectueux, me dit : « Oui, les évêques des États-Unis ne doivent pas être idéologisés, ils ne doivent pas être de droite comme l’archevêque de Philadelphie (le pape ne me cita pas le nom de l’archevêque[23]), ils doivent être des pasteurs ; et ils ne doivent pas être de gauche et, ajouta-t-il en levant les bras, quand je dis de gauche, je veux dire homosexuels. » Naturellement, la logique de la corrélation entre être de gauche et être homosexuel m’avait échappé, mais je n’ajoutai rien.

Immédiatement après, le pape me demanda, sur un ton insistant : « Le cardinal McCarrick, comment est-il ? » Je lui répondis franchement et, si vous voulez, avec une certaine ingénuité : « Saint-Père, je ne sais pas si vous connaissez le cardinal McCarrick, mais si vous demandez à la congrégation pour les évêques, il y a un gros dossier sur lui. Il a corrompu des générations de séminaristes et de prêtres et le pape Benoît XVI lui a imposé de se retirer dans une vie de prière et de pénitence. » En dépit de la gravité de mes propos, le pape ne fit pas le moindre commentaire et ne montra sur le visage aucune expression de surprise, comme si la chose lui était déjà connue depuis longtemps ; et il changea immédiatement de sujet. Mais alors, dans quel but le pape m’avait-il posé cette question : « Le cardinal McCarrick, comment est-il ? » Evidemment, il voulait savoir si j’étais ou non l’allié de McCarrick.

Une fois rentré à Washington, tout me devint plus clair, grâce encore à un nouveau fait qui se produisit peu de jours après ma rencontre avec le pape François. J’envoyai le premier conseiller, Mgr Jean-François Lantheaume, à la prise de possession du diocèse d’El Paso par le nouvel évêque, Mark Seitz, le 9 juillet 2013, tandis que j’allai le même jour à Dallas pour une rencontre internationale de bioéthique. A son retour, Mgr Lantheaume me rapporta qu’il avait rencontré à El Paso le cardinal McCarrick, lequel, le prenant à part, lui avait dit pratiquement les mêmes mots que ceux que le pape m’avait dits à Rome : « Les évêques des États-Unis ne doivent pas être idéologisés, ils ne doivent pas être de droite, ils doivent être des pasteurs. » Je suis resté abasourdi ! Il était donc clair que le mot de reproche que le pape François m’avait adressé ce 21 juin 2013 lui avait été mis sur la langue par le cardinal McCarrick la veille. La remarque du pape « pas comme l’archevêque de Philadelphie » conduisait elle aussi à McCarrick parce qu’il y avait eu entre les deux évêques une vive controverse au sujet de l’admission à la communion des hommes politiques favorables à l’avortement. McCarrick avait trafiqué dans sa communication aux évêques une lettre de celui qui était alors le cardinal Ratzinger, laquelle interdisait de leur donner la communion. De plus, j’étais au courant du fait que certains cardinaux comme Mahony, Levada et Wuerl, qui étaient étroitement liés à McCarrick, s’étaient opposés aux nominations les plus récentes effectuées par le pape Benoît pour des sièges importants comme Philadelphie, Baltimore, Denver et San Francisco.

Non content du piège qu’il m’avait tendu le 23 juin 2013 en m’interrogeant sur McCarrick, à peine quelques mois plus tard, à l’audience qu’il m’accorda le 10 octobre 2013, le pape François m’en tendit un second, cette fois à propos de son second protégé, le cardinal Donald Wuerl. Il me demanda : « Le cardinal Wuerl, comment est-il, bon ou mauvais ? » « Saint Père, lui répondis-je, je ne vous dirai pas s’il est bon ou mauvais, mais je vous rapporterai les faits. » Ce sont ceux que j’ai déjà soulignés ci-dessus, en ce qui concerne la négligence pastorale de Wuerl pour les déviations aberrantes à la Georgetown University et l’invitation faite par l’archidiocèse de Washington à des jeunes gens aspirant au sacerdoce à rencontrer McCarrick ! Cette seconde fois, le pape ne montra non plus aucune réaction.

Il devint ensuite évident qu’après l’élection du pape François, McCarrick, désormais dégagé de toute entrave, se sentait libre de voyager sans cesse, de donner des conférences et des entretiens[24] . Dans un jeu d’équipe avec le cardinal Maradiaga, il était devenu le kingmaker [faiseur de roi] pour les nominations à la curie et aux États-Unis et le conseiller le plus écouté au Vatican pour les relations avec le gouvernement Obama. Cela explique le remplacement du cardinal Burke par le cardinal Wuerl comme membre de la congrégation pour les évêques et la nomination immédiate de Cupich au sein de cette même congrégation à peine fut-il fait cardinal. Avec ces nominations, la nonciature de Washington était mise hors jeu pour la nomination des évêques. De surcroît, le pape nomma le Brésilien Ilson de Jesus Montanari – grand ami de son secrétaire privé argentin, Fabián Pedacchio – secrétaire de cette même congrégation pour les évêques et secrétaire du collège des cardinaux, promotion directe d’un simple collaborateur de ce dicastère comme archevêque-secrétaire. Du jamais vu pour un poste si important !

Les nominations de Blase Cupich à Chicago et de William Tobin à Newark ont été orchestrées par McCarrick, Maradiaga et Wuerl, unis par un pacte infâme où les turpitudes du premier servaient de couverture aux turpitudes des deux autres. Ni le nom de Cupich ni celui de Tobin ne figurait parmi ceux présentés par la nonciature pour Chicago et Newark.

L’arrogance ostentatoire et l’effronterie de Cupich pour nier ce qui est désormais évident pour tous ne peut échapper : à savoir que 80% des sévices connus ont été commis au détriment de jeunes adultes par des homosexuels qui avaient un rapport d’autorité avec leurs victimes.

Dans le discours qu’il fit à la presse lors de la prise de possession du siège de Chicago, où j’étais présent comme représentant du pape, Cupich dit, comme un trait d’esprit, qu’il ne fallait pas attendre du nouvel archevêque qu’il marchât sur les eaux. On pourrait s’en accommoder s’il pouvait garder les pieds sur terre, au lieu de tenter de subvertir la réalité, aveuglé par son idéologie pro-gay [pro-homosexuelle], comme il l’ a affirmé dans un entretien récent à la revue America. Se targuant de sa compétence particulière en la matière pour avoir été président du Committee on Protection of Children and Young People [Comité pour la protection des enfants et des jeunes gens] de la USCCB [United States Conference of Catholic Bishops, Conférence des évêques catholiques des États-Unis], il affirma que le problème principal dans la crise des sévices sexuels commis par des clercs n’était pas l’homosexualité, laquelle, selon lui, n’était qu’un moyen de détourner l’attention du véritable problème, qui était le cléricalisme. Pour étayer sa thèse, Cupich a fait « étrangement » référence aux résultats d’une recherche faite au sommet de la crise des sévices sexuels sur des mineurs au début des années 2000, tout en ignorant « innocemment » que les résultats de cette enquête furent totalement démentis par les rapports indépendants successifs du John Jay College of Crimininal Justice [Collège John Jay de justice pénale] de 2004 et de 2011, qui concluaient que dans les cas de sévices sexuels 81% des victimes étaient masculines. De fait, le père Hans Zollner, S.J., vice-recteur de l’université pontificale grégorienne, président du Centre for Child Protection [Centre pour la protection de l’enfance], membre de la commission pontificale pour la protection des mineurs, a déclaré récemment au journal La Stampa : « Dans la majorité des cas, il s’agit de sévices homosexuels ».

De même, la nomination postérieure de McElroy à San Diego fut pilotée d’en haut par un ordre péremptoire crypté que je reçus du cardinal Parolin en tant que nonce. « Réservez le siège de San Diego à McElroy. » McElroy était lui aussi bien au courant des sévices commis par McCarrick en raison de la lettre que lui avait envoyée Richard Sipe le 28 juillet 2016.

A ces personnages sont liés étroitement des individus appartenant notamment à l’aile dévoyée de la Compagnie de Jésus, malheureusement majoritaire aujourd’hui, qui était déjà un sujet de grave préoccupation pour Paul VI[25] et pour les pontifes suivants. Il suffit de penser au père Robert Drinan, S.J.[26], élu quatre fois à la chambre des représentants, soutien acharné de l’avortement, ou au père Vincent O’Keefe, S.J., un des principaux promoteurs du document The Land O’ Lakes Statement [Déclaration de Land O’ Lakes][27] de 1967, qui a gravement compromis l’identité catholique des universités et des établissements supérieurs des États-Unis. Il est à noter que là encore McCarrick, alors président de l’université catholique de Porto-Rico, a participé à cette entreprise infâme, si délétère pour la formation de la conscience de la jeunesse américaine, étroitement associé qu’il était à cette aile dévoyée des jésuites.

Le père James Martin, S.J., dont les personnages susmentionnés font l’éloge, en particulier Cupich, Tobin, Farrell et McElroy, nommé conseiller du dicastère pour la communication, activiste notoire qui promeut le programme LGBT[28], choisi pour corrompre les jeunes qui doivent se recueillir prochainement à Dublin pour la rencontre mondiale des familles, n’est qu’un triste exemple récent de cette aile dévoyée de la Compagnie de Jésus.

Le pape François a demandé à plusieurs reprises une transparence totale dans l’Église et que les évêques et les fidèles agissent avec parresia [franchise]. Les fidèles du monde entier lui demandent également d’en faire preuve de manière exemplaire. Qu’il dise depuis quand il est au courant des crimes commis par McCarrick, qui abusait de son autorité sur les séminaristes et les prêtres !

En tout cas, le pape l’a su de moi le 23 juin 2013 et il a continué à le protéger, n’a pas tenu compte des sanctions que le pape Benoît lui avait infligées et en a fait, avec Maradiaga, son fidèle conseiller.

Ce dernier se sent si assuré de la protection du pape qu’il peut mépriser comme des « ragots » les appels sincères de dizaines de ses séminaristes, qui ont trouvé le courage  de lui écrire après qu’un des leurs eut tenté de se suicider en raison de sévices sexuels commis dans le séminaire.

Désormais, les fidèles ont bien compris la stratégie de Maradiaga : insulter les victimes pour se sauver lui-même, mentir à outrance pour couvrir un abîme d’abus de pouvoir, de mauvaise gestion dans l’administration des biens de l’Eglise, de désastres financiers aux dépens même de ses amis intimes, comme dans le cas de l’ambassadeur du Honduras Alejandro Valladares, qui fut doyen du corps diplomatique auprès du Saint-Siège.

Dans le cas de l’ancien évêque auxiliaire Juan José Pineda, à la suite de l’article paru dans l’hebdomadaire L’Express en février dernier, Maradiaga a déclaré au journal Avvenire : « C’était à mon évêque auxiliaire Pineda de demander rectification, en vue de “nettoyer” sa réputation après toutes les calomnies dont il avait été l’objet. » Aujourd’hui, tout ce que l’on a rendu public sur Pineda, c’est que sa démission avait été acceptée, faisant ainsi litière de son éventuelle responsabilité, comme de celle de Maradiaga[29].

Au nom de la transparence tant proclamée par le pape, il faut publier le rapport que l’inspecteur, l’évêque argentin Alcides Casaretto, a transmis depuis plus d’un an directement au pape et seulement à lui.

Enfin, la récente nomination de l’archevêque Edgar Peña Parra comme substitut a un lien avec le Honduras, c’est-à-dire avec Maradiaga. De fait, Peña Parra a été en service de 2003 à 2007 à la nonciature de Tegucigalpa en qualité de conseiller. Comme délégué pour les représentations pontificales, j’avais reçu des informations préoccupantes à son sujet.

Un scandale énorme comme celui du Chili est prêt à se répéter au Honduras. Le pape défend à outrance son homme de confiance, le cardinal Rodriguez Maradiaga, comme il l’a fait au Chili pour l’évêque Juan de la Cruz Barros – qu’il avait lui-même nommé évêque d’Osorno contre l’avis des évêques chiliens. Dans un premier temps, il a insulté les victimes des sévices, puis, quand il y a été forcé par le tollé des media, la révolte des victimes et des fidèles chiliens, il a reconnu son erreur et présenté des excuses, tout en expliquant avoir été mal informé, créant une situation désastreuse pour l’Église du Chili, mais continuant à protéger les deux cardinaux Errázuriz et Ezzati.

Dans la triste histoire de McCarrick aussi, le comportement du pape François n’est pas différent. Il savait au moins depuis le 23 juin 2013 que McCarrick était un prédateur en série. Tout en sachant qu’il s’agissait d’un homme corrompu, il l’a protégé jusqu’au bout, faisant siens ses conseils, que l’on imagine difficilement animés de saines intentions et d’amour pour l’Église. Et c’est seulement quand il y a été contraint par la plainte d’une victime mineure, et toujours en fonction de l’approbation des media, qu’il a pris des mesures contre celui-ci afin de sauver son image médiatique.

Il y a aujourd’hui aux États-Unis un chœur qui enfle, composé surtout de fidèles laïcs, mais auxquels se sont joints récemment des évêques et des prêtres, qui demande à tous ceux qui ont couvert par leur silence le comportement criminel de McCarrick – ou qui l’ont utilisé pour faire carrière et promouvoir leurs projets, leurs ambitions et leur pouvoir dans l’Église – de se démettre.

Toutefois, cela ne suffira pas à assainir la situation issue des très graves comportements immoraux du clergé, des évêques et des prêtres. Il faut proclamer un temps de conversion et de pénitence. La vertu de chasteté doit être restaurée dans le clergé et dans les séminaires. Il faut lutter contre la corruption qui résulte de l’emploi incorrect des ressources de l’Église et des offrandes des fidèles. La gravité du comportement homosexuel doit être dénoncée. Il faut éradiquer les réseaux d’homosexuels existant dans l’Église, comme l’a écrit récemment Janet Smith, professeur de théologie morale au Sacred Heart Major Seminary [grand séminaire du Sacré-Cœur] de Détroit. « Le problème des sévices sexuels du clergé, écrivait-elle, ne peut pas se résoudre simplement par la démission de certains évêques et encore moins par de nouvelles directives bureaucratiques. Le cœur du problème réside dans les réseaux homosexuels du clergé, qui doivent être éradiqués. » Ces réseaux d’homosexuels, désormais répandus dans de nombreux diocèses, séminaires, ordres religieux, etc., agissent sous le couvert du secret et du mensonge avec la puissance des tentacules d’une pieuvre, écrasent les victimes innocentes, les vocations sacerdotales, et étranglent toute l’Église.

J’implore tous, en particulier les évêques, de briser le silence pour vaincre cette culture de l’omertà généralisée, de dénoncer aux media et aux autorités civiles les cas de sévices dont ils ont connaissance.

Ecoutons le message le plus fort que nous a laissé en héritage saint Jean-Paul II : n’ayez pas peur ! N’ayez pas peur !

Le pape Benoît, dans l’homélie de l’Epiphanie de 2018, nous a rappelé que le dessein de salut du Père s’était pleinement révélé et réalisé dans le mystère de la mort et de la résurrection du Christ, mais qu’il fallait accepter l’histoire humaine, qui reste toujours l’histoire de la fidélité de la part de Dieu et malheureusement aussi de l’infidélité de la part de nous les hommes. L’Église, dépositaire de la bénédiction de la Nouvelle Alliance, signée dans le sang de l’Agneau, est sainte, mais composée de pécheurs, comme l’écrivait saint Ambroise : l’Église est « immaculata ex maculatis » [sans souillure, faite avec des êtres souillés], elle est sainte et sans tache tout en étant composée dans son parcours terrestre d’hommes souillés par le péché.

Je veux rappeler cette vérité sans faille de la sainteté de l’Église à tous ceux qui ont été si profondément scandalisés par le comportement abominable et sacrilège de l’ancien archevêque de Washington, Theodore McCarrick, par la conduite grave, déconcertante et pécheresse du pape François et par le silence de tant de pasteurs, qu’ils sont tentés de quitter l’Église défigurée par tant d’ignominies.

Le pape François, le dimanche 12 août 2018, prononça ces mots lors de l’angélus : « Chacun est coupable du bien qu’il pouvait faire et qu’il n’a pas fait… Si nous ne nous opposons pas au mal, nous l’alimentons de façon tacite. Il est nécessaire d’intervenir là où le mal se diffuse parce que le mal se diffuse là où il manque des chrétiens audacieux qui s’y opposent par le bien. » Si cela doit être considéré à juste titre comme une responsabilité morale sérieuse pour chaque fidèle, combien plus cela l’est-il pour le pasteur suprême de l’Église qui, dans le cas de McCarrick, non seulement ne s’est pas opposé au mal, mais s’est associé à celui qu’il savait être profondément corrompu, a suivi les conseils de celui qu’il savait être un pervers, multipliant ainsi de manière exponentielle par son autorité suprême le mal commis par McCarrick ! Et combien d’autres mauvais pasteurs François continue-t-il de soutenir dans leur action de destruction de l’Église !

François est en train d’abdiquer le mandat que le Christ a donné à Pierre de confirmer ses frères. Au contraire, par son action, il les a divisés, il les induit en erreur et encourage les loups à continuer de déchirer les brebis du troupeau du Christ.

En ce moment extrêmement dramatique pour l’Église universelle, il convient que le pape François reconnaisse ses erreurs et, conformément au principe revendiqué de tolérance zéro, soit le premier à donner le bon exemple aux cardinaux et aux évêques qui ont couvert les sévices de McCarrick et se démette en même temps qu’eux tous.[30]

Malgré le désarroi et la tristesse due à l’énormité de ce qui est arrivé, nous ne perdons pas l’espérance ! Nous savons bien que la grande majorité de nos pasteurs vivent avec fidélité et dévouement leur vocation sacerdotale.

C’est dans les moments de grande tribulation que la grâce du Seigneur se révèle surabondante et met sa miséricorde sans limites à la disposition de tous. Mais elle n’est accordée qu’à ceux qui se repentent vraiment et ont le propos sincère de s’amender. Le moment est venu pour l’Église de confesser ses péchés, de se convertir et de faire pénitence.

Prions tous pour l’Église et pour le pape, rappelons-nous combien de fois il nous a demandé de prier pour lui !
Renouvelons tous notre foi dans l’Église notre mère : « Je crois en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique ! »
Le Christ n’abandonnera jamais son Église ! Il l’a engendrée dans Son Sang et la ranime continuellement par Son Esprit !
Marie, Mère de l’Église, priez pour nous !
Vierge Marie Reine, Mère du Roi de gloire, priez pour nous !

Rome, le 22 août 2018
en la fête de la Bienheureuse Vierge Marie Reine

[1] Traduction intégrale du texte original en italien daté du 22 août 2018, publié le 25 août. La présente traduction complète et corrige la traduction partielle, et parfois euphémistique, publiée par L’Homme nouveau le 26 août 2018 (ces “morceaux choisis” représentaient la moitié du texte). Toutes les notes, ainsi que les passages entre crochets, ont été ajoutées à la traduction. Celle-ci est aussi fidèle que possible, mais nous nous sommes permis de mettre en gras certains passages de ce texte historique qui nous ont paru essentiels, bien qu’ils ne le fussent pas dans l’original.

Archevêque titulaire d’Ulpiana depuis 1992, Mgr Viganò est donc archevêque in partibus, c’est-à-dire sans fonction territoriale, puisque le diocèse de la ville antique d’Ulpiana, située dans le Kossovo actuel, n’existe plus.

[2] Le nonce apostolique, ou absolument le nonce, est l’ambassadeur de l’Etat du Vatican auprès d’un Etat étranger.

[3] La curie romaine, ou absolument la curie, désigne l’ensemble des administrations pontificales sises à Rome qui assurent le gouvernement de l’Eglise catholique sous l’autorité du pape.

[4] Jean-Paul II fut pape de 1978 à 2005.

[5]  Le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, fut élu pape en 2005 et pris le nom de Benoît XVI. Il renonça à sa charge en 2013.

[6] Le secrétaire d’Etat est le plus haut responsable de la curie romaine et le principal collaborateur du pape dans le gouvernement de l’Eglise.

[7] Faut-il s’interroger sur les circonstances de leur mort ? Mgr Viganò ne le précise pas.

[8] O.P. pour Ordo Prædicatorum, Ordre des prêcheurs : désigne un dominicain.

[9] Saint Pierre Damien (1007-1072), docteur de l’Eglise, auteur du Livre de Gomorrhe (1051), où il demandait que les prêtres homosexuels fussent chassés de l’Église. Selon Jean-Louis Harouel, une “camarilla homosexuelle régnait sur certaines parties importantes de l’Eglise de France aux XIe et XIIe siècles” (Droite-gauche, ce n’est pas fini, Desclée de Brouwer, 2017, page 107).

[10] Saint Léon IX, pape de 1048 à 1054.

[11] Voir note 7 ci-dessus.

[12] Le père Marcial Maciel Degollado (1920-2008), prêtre mexicain, fondateur des Légionnaires du Christ, avait une vie incroyablement scandaleuse : alcoolisme, drogue, pédophilie, subornation de séminaristes, liaison avec une femme dont il eut un enfant, double vie avec fausse identité, gestion malhonnête de biens mal acquis, et il avait si peu la foi qu’il refusa l’extrême onction sur son lit de mort. Il était proche du pape Jean-Paul II, qui l’a toujours protégé, et ce n’est qu’en 2006, sous le pontificat de Benoît XVI, qu’il dut se retirer de la vie publique, tout en échappant à un procès canonique.

[13] Mgr Viganò laisse ici entendre que certains membres de la curie étaient corrompus et que McCarrick aurait pu leur donner des pots-de-vin.

[14] En français dans le texte.

[15] C’est à la résidence Sainte-Marthe, située au Vatican, que sont logés les visiteurs du Saint-Siège. Le pape François a délaissé les appartement pontificaux pour s’y installer.

[16] En août 2018, le cardinal Donald Wuerl a été accusé par un grand jury de Pennsylvanie d’avoir couvert des centaines d’actes pédophiles commis par des prêtres de son diocèse alors qu’il était évêque de Pittsburgh, entre 1988 et 2006.

[17] L’université de Georgetown est une université catholique créée par les jésuites et située à Washington.

[18] D.C. pour District of Columbia, district de Columbia. Washington D.C. est la capitale fédérale des États-Unis d’Amérique. On précise “D.C.” pour éviter la confusion avec l’Etat de Washington.

[19] “Le cardinal Kevin Farrell est aujourd’hui à la tête du dicastère romain pour les familles, les laïcs et la vie. C’est lui qui a invité le jésuite James Martin, militant homosexuel, à témoigner lors de la rencontre mondiale des familles à Dublin en cette fin de semaine [25 et 26 août 2018]. Mgr Farrell a été l’un des évêques auxiliaires de Mgr McCarrick à Washington de 2001 à 2006…” (note de L’Homme nouveau). [Un dicastère est une subdivision de la curie romaine.] Voir page 13.

[20] Il fait partie du conseil des cardinaux créé par le pape François, le “C9″, qui constitue sa “garde rapprochée” et qui comprend aujourd’hui (30 septembre 2018) neuf membres : Giuseppe Bertello, Francisco Javier Errázuriz Ossa, Oswald Gracias, Reinhard Marx, Laurent Monsengwo Pasinya, Sean O’Malley, George Pell, Óscar Andrés Rodríguez Maradiaga, Pietro Parolin. Le cardinal Pell est accusé par la justice australienne d’avoir commis des actes pédophiles et d’avoir protégé des prêtres pédophiles. Les cardinaux Errázuriz, O’Malley, Maradiaga et Parolin sont cités ici par Mgr Viganò.

[21] Le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio, archevêque de Buenos-Aires, a été élu pape le 13 mars 2013 et a pris le nom de François.

[22] Benoît XVI a été élu pape le 19 avril 2005.

[23] Il s’agit de Charles Chaput, archevêque de Philadelphie depuis 2011.

[24] “Voir un article du National Catholic Reporter du 21 juin 2014 expliquant qu’à 84 ans le cardinal globetrotter [grand voyageur] Mc Carrick travaille plus dur que jamais…” (note de L’Homme nouveau).

[25] Paul VI fut pape de 1963 à 1978.

[26] S.J., pour Societas Jesu, Compagnie de Jésus : désigne un jésuite.

[27] Village de l’Etat du Wisconsin aux États-Unis.

[28] Lesbiennes, gays (homosexuels masculins), bisexuels et transgenres.

[29] Communiqué du Vatican le 20 juillet 2018. Mgr Juan José Pineda Fasquelle, évêque auxiliaire de Tegucigalpa (Honduras), proche collaborateur du cardinal Óscar Andrés Rodríguez Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa, a été accusé d’avoir tenté de suborner des séminaristes.

[30] Dans une lettre publiée en anglais sur le site LifeSiteNews le 27 septembre 2018 et postdatée du 29 septembre, Mgr Viganò confirme ses accusations, un mois après son témoignage, en déplorant que le pape n’ait pas voulu y répondre, mais qu’il ait pris le parti de le calomnier, et en rappelant les fautes déjà commises par le futur pape François alors qu’il était archevêque de Buenos-Aires :

De plus, la protection accordée à McCarrick par le pape ne fut manifestement pas une erreur isolée. De nombreux autres cas exposés récemment dans la presse montrent que le pape François avait défendu des clercs homosexuels qui avaient commis de graves sévices sexuels sur des mineurs ou des adultes. Cela concerne notamment son rôle dans l’affaire du père Julio Grassi de Buenos-Aires, la réintégration du père Mauro Inzoli après que le pape Benoît l’eut révoqué du ministère (jusqu’à ce que ce prêtre allât en prison, à la suite de quoi le pape François le réduisit à l’état laïc) et l’arrêt de l’enquête sur les allégations de sévices sexuels portées contre le cardinal Cormac Murphy O’Connor.

 

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